LIVRE VU. PART. II. CHAP. III
émané des hommes C’est dans un langage ferme et sérieux, mais qui jamais ne s’écarte du respect, qu’il lit valoir auprès de l’évêque de Constance le droit que les Écritures donnent au prêtre de pouvoir se marier **. Plus tard encore il repoussa les attaques de l’évêque avec les armes d’une ironie douce, et exempte de causticité*^, supposant que de mauvais conseils avaient seuls pu tromper les généreux sentimens et la pénétration de son supérieur spirituel. Il ne changea de ton et de langage qu’après avoir remporté, dans les deux conférences religieuses tenues à Zurich, une / victoire décisive. Ce triomphe une fois obtenu, il ne connut plus ni pourpre ni tiare, et traita sans ménagement tout ce qui s’opposait à la vérité telle qu’il l’avait établie*^. Il trahit ainsi les faiblesses de l’bomme à l’instant même où il venait de déployer toute l’énergie du héros.
Zwingli jouissait d’une popularité qui lui fut d’un grand secours dans l’exercice de son ministère. Fils d’un paysan, et comme tel préservé des prétentions de l’esprit de caste, il s’associait de cœur aux plaisirs du
• Du choix des viandes, •
“ frin.lV, iOi.
“ Dans l'Archéleles. fVirt, IV, 288. *
• Non , ce n’est pas moi qui ai enlevé à l’évôque de Constance les hommes pieux de Zurich; c’est Christ qui l’a fait. Car sitôt que Christ s’est montré & eux, ils ont fui loin de l’homme qui n’en voulait qu’à leur laine, à leur lait et à leur chair, et les laissait boiter sans s’inquiéter de rien. Ne discernant pas la voix du berger, ils se sont tournés vers le
gardien et le pasteur de leurs Ames « On a beau dire après cela, que
dés les temps de Charlemagne les Zuricois ont appartenu à l’évéque ; on ne réussira qu’à prouver qu’avant ce temps ils pouvaient parvenir au salut en se passant de lui, » Nouvelle réponse de Zwingli à Faber, du là mai I52().
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pauvre comme à ceux du riche, et s’asseyait à la table de l’un etde r.Tutre, non en ami de la bonne chère ^ mais en homme qui cherchait l’occasion de converser Tout homme droit de cœur, fût-il le dernier du peuple, se trouvait à son aise avec lui. La bienfaisance de Zwingli était sans ostentation. Il fut un père pour les hommes que poursuivait un faux zèle et qu’attaquait la haine des prêtres Prompt à discerner les germes des talens, il leur prêtait un généreux appui Il vit bientôt se former autour de sa personne un cercle d’amis éclairés et résolus, qui l’aidèrent dans l’œuvre de la Réforme. Tout vint se grouper autour de lui , à l’exception des hommes qu’il avait blessés dans leur intérêts, troublés dans leur égoïsme, ou livrés à une honte méritée. 11 avait un grand empire sur les gens des campagnes Son influence allait croissant dans les divers Cantons. De prés, de loin, on lui faisait des communications, on lui donnait des encouragemens, on lui adressait des conseils et on lui en demandait. Il devint ainsi, sans l'avoir cherché, l’astre conducteur de ceux qui voulaient sincèrement une
*’ FussU, IV, 36. Myconius.
*• lyirz, IV, 326. Vies de PelUcan , de Sébastien Wagnep ( par Kirehhnfer) , de V^emer Slciner ( par le même) , de Jean Ualler ( Sc/icurer ) , etc.
Voyei l’écrit qu’il adressa b Gérold Meyer, qui fut ensuite son gendre, « qno pacto ingenni adolescentes formandi sint •
5“ « Ce même nommé Zwingli s’empare des paysans, les promène. Us guide et les conduit chez lui; il leur parle de Dieu, et leur fourre le diable, avec scs écrits, dans la poche et dans le cœur. Il leur fait voir qu’on ne doit b grosses gens ni à gens d’église dime , ni poule, ni oie. Il fait si bien que voilà Messieurs de Zurich obligés à rechercher la compagnie dts paysans, à leur verser à boire, à les promener dans la ville, et à leur montrer tout égard , en perdant eux-mémes tout droit au respect. « Salai. La suite montrera si ces reproches étaient for'^^s.
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