‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 94 sur 234 · LIVRE Vil. PART. U. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. PART. U. CHAP. III

reforme, ainsi que de ceux qui appelaient une révolution dans des vues intéressées. L’œuvre de sa vie fut de servir de guide à cette multitude confuse, et de travailler à l’éclairer. Sa confiance en ceux qui l’approcliaient se mesurait au degré auquel il discernait chez eux l’amour de la vérité. Il respectait cet amour même chez ses ennemis, et se soumit plus d’une fois à leurs leçons Son premier soin fut de faire tout servir à l’édifice de sa foi ; puis , toujours semblable à luimême, de porter cette foi dans les entretiens de la vie ordinaire aussi bien que dans la chaire et dans ses écrits. C’est ici le lieu de dire quelle était sa conviction

Il croyait qu’il est un Dieu , le souverain bien , la source de toute félicité ; que le renoncement à soi , la sanctification de la vie et le dévouement filial nous rapprochent de cette source de toute lumière et de toute grâce; que quelqu’ élevé que Dieu soit, et bien que l’homme ne soit rien devant sa majesté, il peut néanmoins nous être donné de le connaître. Ce don , c’est Dieu qui le fait à ses élus. Et ces élus, qui sont-ils On

” • Qu’il me déchire, n’imporlc ; s’il m’éclaire, il m’appartient, il est de mes amis, il travaille li mon bonlienr, il m’élève au-dessus de la terre.» Etftr. deZiv., U, 570.

Qu’on ne s’attende pas à trouver ici une exposition de foi systématique et détaillée, dont la place est dans un livre de théologie, mais simplement une clef de la conduite de Zwingli. Ses doctrines sont rangées sous trois chefs, religion, église, pairie. Elles sont reproduites fidèlement, et autant qu’il a pu sc faire dans ses propres expressions. V'oyez-en le développement dans l’écrit de Zwingli intitulé « Uslegen undGrund der Artikeln; »ou dans l’Esprit de Zw., par Usteri et Voegelin. 11 appartient an lecteur attentif d’examiner si les enseignemens de Zwingl I étaient bien ceux des Écritures saintes , et s’il ne les a point à quelques égards modifiées selon son cœur. (Trarf. )

les discerne à leur soif de tout ce qui est vérité , de tout ce qui est amour, de tout ce qui est éternel. Frétons donc attention. Écoutons Dieu, qui ne se laisse sans témoignage auprès d'aucun homme. Il nous parle dans la merveille et dans l’harmonie de la nature; il nous parle par l’expérience de la vie ; il le fait par les écrits des sages; car Platon, Pylhagore et Sénèque ont, eux aussi, bu aux sources de la vérité. Mais ce sont principalement les saintes Écritures qui, de révélation en révélation , nous conduisent à la parfaite manifestation de Dieu , laquelle est en Christ. Christ, réclamant une vertu parfaite, et en donnant l’exemple, est devenu la lumière offerte à tous les yeux. Christ, le Fils de Dieu , donné au monde , est par son sacrifice devenu la vie du monde. La publication de cet inestimable bienfait est la bonne nouvelle, l’Évangile, qui amène les hommes dans le chemin de la connaissance de Dieu. Ce Dieu, tendre père, court, les bras ouverts, au-devant de son enfant; quel besoin a celui-ci d’implorer sa grâce par l’intercession des trépassés? qu’a-t-il besoin de chercher ce qu’il pourra apporter au Très- Haut? Dieu ne nous demande que la foi, qu’une foi sincère. C’est la foi qui de l’admiration conduit à la connaissance, de la connaissance à l’humilité, à l’amour et à l’espérance. Ainsi s’évanouissent, comme les ombres au lever du jour, les vigiles, les messes, les chants payés et les prières faites à la tâche ; quel est leur prix, si la charité ne les inspire pas? Ainsi se révèle encore la vanité de ces litanies en langues étrangères, et de tout ce bruit dont on remplit les temples, sans que le cœur en soit réchauffé. Ainsi tombent et le culte des images de bois ou de pierre , et les commandemens d’hommes, et les prétendues œuvres méritoires, les

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