LIVRE VU. PART. U. CHAP. III
vœux , les jeùués , les pèlerinages , les initiations aux confréries et les mortifications des moines. Âfiranchi par la parole de Dieu , pourquoi l’enfant de Dieu rentrerait-il dans une condition servile ? pourquoi repren* drait-il le joug d’une contrainte extérieure? Non ; qu’il conserve sa liberté; qu'il se garde seulement de la faire servir à la transgression de la loi ; qu’elle ne serve [|o’à rendre sa piété plus filiale et plus pure; et que déj^ sur la terre, il y puise dans la sincérité de sa foi les avant-goûts de la joie des cieux. Qu 'enfin, libre des terreurs d’un purgatoire, imaginé par l'avarice des prêtres , il élève ses yeux vers les demeures éternelles, en s’appuyant sur la compassion de Dieu et sur les mérites du Sauveur.
Cette simple confession est celle en laquelle sont unis les membres de l’Église. Mais cette Église, il la faut caractériser. Elle est, avant tout, l’épouse ^ns tache de Christ, catholique, en ce qu’elle est la sainte société de tous les amis de Dieu, unis par son esprit. en une même foi et une même espérance. Dieu seul la discerne. L’Église, dans un sens plus étendu, est ce peuple des paroisses qui , dès l’ancienneté des temps, s’assemble dans un but de dévotion et d’amour fraternel , qui a pour cérémonies le baptême et la cène, seuls symboles institués par le Sauveur, et qui prête l’oreille à la parole de Dieu , prêchée au troupeau par quelquesuns, tandis que tous conservent le droit de juger leur prédication. Les guides des paroisses n’en sont donc pas les seigneurs et les juges, mais les serviteurs et les employés. On doit les rejeter s’ils prêchent leur propre parole et non celle de Christ , car Christ seul est lé chef de l’Église à jamais, selon sa promesse d’être avec elle
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jusqu’à 1» Gu des âges. Que personne donc n'usurpe la place du seigneur !
Et qu’on ne vienne pas dire : « Le pauvre peuple ne saurait comprendre la sainte parole !» Il a qui la lui explique. Ce n’est ni pape, ni dignitaires, ni conciles, ni docteurs, ni pères; c’est Dieu même ; Dieu, qui donne la sagesse à qui la lui demande avec simplicité , à qui fait sa volonté. C’est aussi pourquoi l’Évangile ne doit être fermé à aucun homme, et aucun laïque n’en doit être privé sous aucun prétexte.
Mais quoi, va-t-on dire, à vous entendre, mieux vaudrait simplicité que sagesse ! — Trompeurs ou trompés ! La sagesse exige-t-elle que l’on soit nécessairement l’un ou l’autre ? Non ; elle consiste dans la vraie simplicité et dans le soin de garder son cœur du mal ; Christ a eu des disciples parmi les habiles comme parmi les ignorants, mais ceux-là ne sont devenus chrétiens qu’en prenant la croix, en renonçant à l’orgueil de la science, et en évitant de soumettre la parole de Dieu à leurs intérêts passagers. L’union du savoir à la simplicité du cœur est précieuse sans aucun doute ; car par la science on pénétre plus avant dans l’esprit de l’Évangile. Aussi, les Églises réservent-elles à des hommes instruits la tâche de l’enseignement et ne reconnaissent-elles pas comme prêtre celui qui se revêt lui-même du sacerdoce. J’ajoute que, plus ce ministère de l’Évangile demande de dons, plus il exige de soins, de dévouement et de vigilance, plus les hommes doivent se garder de le surcharger d’insoutenables fardeaux. Pourquoi la condition du célibat, tandis qu’il est si peu d'hommes à qui Dieu donne d’être-chastes? Pourquoi faire violence à la nature? Âh! malheur à ceux qui, par de coupables lois, propagent l’impureté.
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