‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 96 sur 234 · LIVRE VII. PART. II. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. II. CHAP. III

les désordres secrets, l’hypocrisie et le scandale; ils se refusent à reconnaître que le mariage, le lit sans tache, est déclaré honorable par les Écritures, qu’il y est recommandé par l'exemple de prêtres nombreux, et que toutes les présomptions qui peuvent se tirer de la sagesse de Dieu, parlent en sa faveur. Loin donc, loin le célibat des prêtres, et ces plans de l’ambition que l’on élève en rompant les liens du sacerdoce avec la société. Loin la superstition de croire que l’ordination confère à elle seule la sainteté. Soudain, cessent à la fois la vente d’indulgences, faite par de faibles mortels, l'excommunication, par la bouche du prêtre, sans délibération de l’assemblée, et le recours à Rome et non à Jésus-Christ. Sur Christ seul repose la véritable Église ; elle s’appuie sur ses paroles, elle vit de ses promesses; et bien que mise à l’étroit par des guides trompeurs et traitée avec mépris par d’orgueilleux sectaires , elle n’en sera pas moins un jour, par la grâce divine, triomphante du monde et de la mort.

Mais, dira-t-on peut-être, s’il est une Église visible, il lui faut un chef visible. — Je le crois, et je reconnais ce chef dans ce gouvernement chrétien que nous possédons, et qui est établi de Dieu pour faire régner la justice en veillant au bien commun. Je lui laisse la surveillance de l’Église. Je ne vois nulle part chez les Anciens qu’il y ait eu deux pouvoirs, un temporel et un spirituel ; ils ne l’eussent pas souffert. Ne crains donc pas, instituteur chrétien, de te dessaisir d’une autorité que tu possédais injustement. Comporte-toi en frère avec tes frères, et ils te rendront affection et honneur. Donneleur l’exemple des vertus du citoyen, de l’obéissance au magistrat. Qu’à leur tour les magistrats soient avisés de gouverner chrétiennement, de ne point dépasser la li-

initcde leurs pouvoirs, et de ne faire peser sur le peuple que les charges nécessaires. Qu’ils soient en exemple à la nation. S’ils agissaient différemment et qu’ils s’écartassent des voies de la piété et de la droiture, c’est alors que l’homme de Dieu devrait paraître , et que , grave en son discours, il frapperait, même en public, sans retenue et sans crainte. C’est ainsi que l’Ëtat et l’Église, avertis par des sentinelles vigilantes, régis par de sages gouvernans, placés sous la haute garde de Dieu et de Jésus-Christ, se prêteront un mutuel appui. Ils fleuriront en paix. Notre patrie, repoussant les pensions et les faveurs maudites des étrangers, reprendra des mœurs simples et pures. La bénédiction reposera sur elle. Elle prospérera. Et cependant nous travaillerons à nous rendre dignes d’une patrie meilleure, de la maison de Dieu, et de la glorieuse assemblée de tous les hommes pieux, fidèles et persévérans : de Socrate, d’Aristide, de Camille, des Caton et des Scipion, aussi bien que d’Âbraham , de Moïse , de Jean et de Paul.

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