LIVRE m. CHAP. I
» restituer aux Waldstetten à tout jamais. D'un autre » côté ils confinent au Grimsel et tiennent de leurs » ancêtres -que c'est plutôt par là , de l'Oberland , que » desi ennemis sont venus dans le Valais. Les Wald- )) stetten ne les défendront-ils pas contre Berné? » Unterwalden et Uri ^ à qui le val d'Ossola offrait le plus d'avantages^ à cause de la Léventine, et qui estimaient l'humiliation de Rarogne utile et bien méritée y Lucerne aussi , qu'ils entraînèrent , n'hésitèrent point à former avec Conches une alliance de perpétuelle combourgeoisie. Cette mesure était prudente et juste : prudente , en ce que personne n'était mieux en état de leur aider à reprendre et à conserver les vallées d'Ossola que ces voisins qu'ils en déclaraient co-seigneurs; ils pouvaient même y faire irruptioii de différens cotés^ ayant stipulé, à cet effet ^*^, la liberté de passage. L'alliance était juste, vu qu'elle n'avait pas été conclue^ comme autrefois celle de Brienz/ avec les sujets d'un bourgeois de Berne, mais avec des hommes Ubres^ dans le but que tout différend entre Berne et le Valais pût être terminé sans effusion de sang, à l'aide du droit fédéral. Par là le pays dé Conches fut rattaché à la Suisse dans la mesure que le bien public deman^ dait : ses habitans ne peuvent prendre d'engagemens valables contraires à. ce traité ^^^; ils ne peuvent former aucune alliance nouvelle sans l'autorisation des Confédérés , qui , dans leur pacte , se sont liés par la même clause les uns envers les autres. Dans toutes les contrées quelque peu ouvertes du coté du val d'Ossola ,
**^ Ils lie peuvent traverser le Valais poar marcher contre d'aatres ennemis, qa*avec une permission spéciale.
*** En sorte qne la Savoie et d'autres ne gagneraient rien & les y amener par force ou par rase. ' ^
ils doivent secours aux Waldstetfen ; mais les Suisses
ne les requièrent point de marcher dans les pays d'où
les séparent les glaces éternelles du Grimsel et de la
Furcâ ^*^. La vaAée de Couches est, comme les Wald-
stetten, une contrée pastorale très-élevée, riche eh gras
pâturages et en troupeaux , forte par sa population:
les Confédérés , pourvu qu'ils eussent eux-mêmes du
pain y lui permirent d'acheter chez eux d'autres den*
réeSy dont l'importation est plus facile; en échange^
comme le Valais recevait en plus grande abondance du
sel de la Haute-Bourgogne ^^^, les habitans de Conches
promirent d'en permettre l'achat avant tout aux Coq*
fédérés. Tous les habitans de Conches âgés de quatorze
ans et plus jurèrent d'observer à perpétuité ces clau*
ses ^^% sans préjudice de la constitution du Valais^ dont
ils forment à peu près le dixain le plus important ^K
Aussitôt le serment prêté et avant que la diarte en
eût été rédigée, animées d'enthousiasme, les bannières
d'Unterwalden et d'Uri, la milice de Lucerne, et^
comme entraînées ^^^, les troupes de Zurich et de
**^ Onlw éxÂi les requérirpoor rien de ce qui dépassé les edgaganav stipulés kL
*** n nVsét pâl dît formellement que le sel provenait de la Hante- Itoorgogne, wsâê cela est vraisemblable* Les relations féodales entre S«înt*Maarice et Salins ponvaient avoir donné Hett à des tHiités sar cet objet.
*** n est encore stipulé dans le traité de comboargeoisîe • qn*bn jo«
• gérait le meurtre au lieu où il aurait été commis, et les blessures devant
• le Juge de rt^fensenr ; de plus, qu'on pourrait renouveler cette alliance
• tons les dn ans. •
*^* En i75S encore, Goncbes rivalisait avec Sion pour la prééminence. Le», Art
*** Zurich ne résolut qu'en 1417, vers le Jour de Ste. Dorothée, dfen* ▼oyer cent hommes. Proioc mmiie» Sdiwjrs marcha probsl)lement en mène temps, do moins son contingent n'était pat enoore prêt k Se
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Schwyz^ passërenl le Saint-Gothard; Conches traversa FÂUbrounn. De concert, la Savoie et Milan, avec une confiance jusqu'alors méritée ^ avaient remis la garde dés vallées d'Ossola au comte Carmagnuola. Mais déjà le parti suisse prenait le dessus à Vogogna ^^'^é Domo fat conquis; Matarello, ruiné; Carmagnuola, chassé; la bannière ducale de Savoie , rapportée en triomphe par un Unterwaldien dans Téglise de sa paroisse; levai d*Ossola^ soumis pour la troisième fois à la domination suisse. De même que Zurich ^^^, d'autres cantons se seraient contentés de Findemnisation pour les frais de la guerre ^*® ; mais Unterwalden et Urî insisté^ rent fortement sur la prise de possession : ils regardaient l'abandon de la conquête comme une tache à leur honneur et comme de dangereuse conséquence pour la Léventine et pour Bellinzone '^^ placés sous leur pj^otection. Bien que ces guerres fussent dispendieuses ^^^ à cause des approvisionnemens^^^, nuisibles
décembre. Ibid. Têchtéi, ad i4i7, est parfaitement d'accord avec cea données.
**^ Lettre de Zurich à t^ammann et atuo habitenê d^Uri, dn 8 mal i&i€« Zbrich est disposé à accepter Tamitié offerte par le peaple de Vogogna et par ceax qui soutiennent la même cause.
*** Voilà pourquoi Zurich insistait fortement pour que dans les arbitrages la minorité se soumit à la majorité. M. $47; Prat&e. mmnie., i4t6» jour de St Maurice.
*^* Pratoc. munie, de Zurich, iAi6, Ste. Verène i « tnienx vaut faira • un arrangement avec la Savoie; si nous pouvipDS obtenir de S à S«009 » florins, cela serait préférable. •
*^* C'est pour cela que le seigneur de Sax MasoK les secourut dans cette guerre. Têehudi.
*'i Par cette raison les Zuricob, 1417, Doroth», stipulèrent le partage du butin par portions égales.
*^^ Ils cherchèrent encore, vers St. Hilafare 1417» à s'excuser en allé* guant que, ne s'étant pas approi^isionnés, ils manquaient de chevanx de trait et de vivres.
au commerce ^^^ et sans intérêt pour Zurich et Schwyz, qui ne voulaient aucune part à la domination commune ^^^y ces deux cantons étaient bien éloignés néanmoins ^^^ dç se séparer en cela de leurs confédérés. Ce sentiment est infiniment louable : un pareil sacrifice de ses vues personnelles rend une confédération forte pour marcher à son but ; une loyale concorde change le niai en bien; le bien devient mal quand elle manque ^^^. Dans cette expédition^ la dernière résistance, du val d'Ossola, dont les forces s'étaient concentrées à l'entrée du passage du Simplon ^ prés de Dovedro , fut brisée . par les bannières réunies de Zurich et de Schwyz ^^'^.
*** ObsenratiODS de Schinz, OiiU du commerce de Zurich,
>s* Ou Schwyi ne voulat plas partager le gouvernement lorsque le . pays fut reconquis, ou Tschudi se serait trompé en comptant Schwyi parmi les cantons co-gouvcrnans apr&s la première conquête. Il est certain qu'en 1417, vers St. Ililaire, Zurich proposa « de céder à Schwyz la huitième partie de la vallée d'Ossola. » La première alternative parait la ' plus probable; car on voit par le traité d'alliance avec Concheê, qa'avant la dernière conquête, six cantons gouvernaient ensemble le pays, et, pour • sûr, Zurich et Beme n'en étaient pas. Nous apprenons du reste par une décision du Conseil, 1417, St. Hilaire, que Zurich résolut alors de prendre part au gouvernement; comme Berne s^abstint entièrement, si l'on ne comptait pas Schwyz, on n'arriverait pas au nombre de huit États. (On se souvient que le Valais était compris dans ce nombre. )
*^* Lorsqu'on 1416, St. Nicolas, lesZuricois arrêtèrent d'envoyer cent hommes, ils déclarèrent aux Confédérés « qu'ils demandaient d'être exemptés à l'avenir de semblables expéditions; » mais ils se réservèrent entr^enx « de délibérer ultérieurement s'ils ne marcheraient pas néan- » moins avec les Confédérés, décision dont ils garderaient le secret soos » la foi du serment, » afin de ne pas encourager les autres à se jeter dans des guerres inutiles. Rare mérite, d'avoir des sentimens plus fédéraux qu'on ne veut faire paraître.
*^* Observation trop souvent répétée dans l'intérêt de Part historique, ' Jamais assez dans l'intérêt de la patrie.
•" Bullinger, d'après une chronique zbricolse.