‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 102 sur 173 · LIVRE m. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE m. CHAP. I

Le duc Yîscotttî trembla. Si son vassal Lothaire Rusea^ seigneur de Locarno et de Lugano ^^ , avait eu la force d'arrêter les Suisses^ ils n'auraient pas pénétré jusqu'aux rives de la Trésa^ pillant impunément ses propres domaines. Le secours que lui envoya la Savoie fut arrêté par les Valaisans^^^.

Peu après que^ dans le val d'Ossola ^ les habitans de Conches eurent si bien mérité de leur nouvelle alliance par leur bravoure, tous les dixains apprirent « que le ' » roi Sigismond , qui leur avait inutilement recora- «) mandé la réintégration du seigneur de Rarogne, en » avait chargé la ville de Berne ; que les Bernois , après » quelques lettres non moins infructueuses , résolus à )) recourir à d'autres moyens , avaient arrêté à Fruti- » gen des marchandises qui devaient entrer par la » Gemmi dans le Valais. » Quand on a'est trop avancé pour rebrousser sans péril , il faut poursuivre son chemin. Ainsi firent les Yalaisans. Le grand dixain de Brigue , le plus voisin des frontières d'Italie, et qui renferme le passage du Simplon, fertile contrée pastorale ' habitée par un peuple guerrier; Brigue, le chef-lieu-, Naters, bourg non moins considérable^^, et peu de jours après ^®" le dixain de Viége qui coupe le Valais dans toute sa largeur, et dont les nombreuses communes ilorissent de toute antiquité, jurèrent y à J'égal de Conches, une alliance éternelle avec Uri, Unterwalden et Lucerne. Lés Valaisans avec leurs forces réu-

>^^ Il lui donna cette seienearie en 1616, en échange de ses droits sur Como. Ttehudi, s^9 Gaichenon, HUu de Saiu Âmé Vm, ad a. 1416. **^ Traité d'alliance, dimanche avant T/^ssomption, milieu d*août 1417; F soeUé du sceau commun des dixains.

*<^ Traité daliianu, meccreâi avant la mémo fête, eod. a.. *

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nies ^^^ , assiégèrent Séon^ résolus à exterminer Rarogne. Dans le même temps ils manifestèrent un courage capable de tout oser : ils montèrent par Louèche^ le long des parois de la Gemmi^ en suivant des sentiers alors à peine praticables pour des voyageurs, pénétrèrent à main armée dans le territoire des Bernois, et emportèrent de Frutigen les marchandises arrêtées.

Cependant les Suisses tenaient à Luceme une diète orageuse. Les Bernois demandèrent, « qui voudrait les » empêcher d'employer la force contre ceux qui mé- » Connaissaient toute justice? » Les Waldstetten de-* mandèrent à leur tour avec amertume : « Si Ton pré- » tendait faire valoir maintenant la combourgeoisie de » Rarogne contre leurs alliés? Que Berne n'en avait » pas voulu entendre parler lorsqu'ils s'étaient adresi> ses à elle pour avoir satisfaction de ce seigneur ; » qu'ils étaient trois cantons alliés de cœur et de cou- » rage avec la moitié du Valais. » Les autres cantons, espérant calmer les esprits dans des jours plus tranquilles, s'empressèrent d'arrêter les hostilités; ils engagèrent Uri, Unterwalden , et Fribourg, agissant au nom de Berne, à intervenir comme médiateurs dans le camp devant Séon^ Les Yalaisans persistèrent à exiger la reddition du château, mais promirent d*en laisser sortir libteinent les habitans* On vit donc sortir, non sans peur, l'épouse de Rarogtie avec l'évèque Guillaume , avec ses enfans , seé domestiques , et les plus précieux restes de son ancienne opulence , tandis que le peuple des campagnes, armé de torches, pénétrait dans le château, enlevait bien des objets et mettait le feu partout. Elle , dans sa tendre jeunesse entourée

**^ « Gum tota eornm armigera potestato. » CA. d« celte élKHiue | il faut sans doute restreiadre cette expreMion d'après n. S6S.

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