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de la splendeur paternelle à Razûùs^ long^temps la compagne du plus grand baron de ces contrées élevéeç^ descendit en hâte le Valais ^ traversa le Pays-de-Vaud, et se rendit à Berne , suivie d'un triste cortège. La ville de Sion parut abjurer le respect pour Tàncienne autorité de Rarogne ; Sierre aussi , dont le dixain ren-* ferme la vallée d'Ânniviers ^ crut avoir moins d'obligations envers la grandeur déchue qu'envers l'indé-^ pendance publique. L'une et l'autre^ eii tout. cinq dixains sur sept ^*^, s'unirent aux Waldstetten par un traité de combourgeoisie ^^^é Le concile confia l'administration de l'évéché vacant à l'archevêque de Golocza^ André Gualdo de Pétra. Il en était temps : à Brigue^ non-seulement la conunune avait perçu les revenus de k mense épiscopale , mais elle avait assigné sur eux le traitement des juges châtelains ^^^. Quelque prix qu'ib attachassent à l'alliance des Waldstetten , les Yalaisans n'en employèrent pas moins tous les moyens d*augmenter leur force intérieure. Ils gardèrent les passages^ corrigèrent les lois , afin que toutes les classes, assurées de Vimpartialité légale ^^^^ servissent le pays avec plus de zélé ^ ou même y fussent obligées , s'il s'en trouvait qui ne songeassent qu'à leur propre sûreté ^'^. Tant que la paix au sujet de l'Argovie ne fut pas
*^ Ceux de Lonëcbé et de Rarogne exeeptés.
M* fruité de eombomrgeùiiie et d'allianee des boaig^is, de la commune et des habitans de Sion, de Gradetsch et de Sierre et de leurs dépendan* ces sar les deux rives du Rhône, arrêté dans une assemblée générale et publique du Valais situé en-dessoas de Louëche; 12 octobre 1417. . **^ Ordonnance dei eommanee du dizain de Brignêf d JanTÎer 1416.
*** « Les riches ne sont pas tenus envers les pauvres à plus que les pauvres envers les riches. » Ibid.
*<7 g Celui qui refase Toflice de chfttelain est chassé comme parjure. • Ibid.
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décidément arrêtée , Berne déploya en faveur du sire de Rarogne la plus grande énergie en paroles. On débattit vainement dans plusieurs diètes « si les Yalai-* » sans auraient dû porter à Berne les griefs pour les- » quels ils avaient expulsé Rarogne , ou si ce seigneur » aurait dû faire les Waldstetten juges des griefs pour » lesquels Berne menaçait le Valais. » Ses partisans trouvaient « que lorsque la fureur populaire l'emporte » sur les lois y un seigneur est en droit de chercher » protection chez des étrangers. » D'autres pensaient a que les Valaisans n'avaient point à répondre des me- » sures prises contre le sire de Rarogne, leur conci- » toyen ^ relativement aux affaires du pays , dans un » temps où les Bernois eux-mêmes le reniaient comme » leur combourgeois. » Wischard de Rarogne se rendit dans rOberland bernois, et gagna les patres de ces montagnes par tous les artifices que le malheur lui enseigna. Les habitans du Gessenay, du Sibenthal et de Frutigen compatirent à ses maux; il trouva ce qu'il n'avait pas rencontré dans sa prospérité, des amis, en petit nombre sans doute,, mais prêts à soutenir pour lui une guerre contre tout le Valais. Entraînés par leurs cœurs > ils s'avancèrent jusqu'au fond delà Lenk, où non-séulement la nature vivante se meurt , mais où l'aspect du soleil 'est rare. Un ordre de Berne les arrêta : le gouvernement craignait la ruine de ces braves, et travaillait dans l'intérêt de l'infortuné baron , plus lentement, mais d'une manière plus sûre. Celui-ci traversa le Gessenay, appartenant au comte de Gruyère, passa les hauteurs- escarpées du Sanetsch, et pilla par surprise les pâturages des Valaisans.
Depuis que le duc d'Autriche avait renoncé à ses prétentions, aucune affaire n'occupa la Confédération
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suisse autant ni aussi universellement que celle-ci ; on craignit qu'elle n'excitât une guerre entre les Cantons. Les efforts des quatre cantons impartiaux furent aussi grands qu'inutiles. Edifin ils convoquèrent une diète dans rOberbasli ; Wischard de Rarogne et ses ennemis mêmes y comparurent. Les Bernois et les Waldstetten s'entre- combattirent. Les premiers^ certains que la guerre allait éclater, avaient amené avec eux des dé*putés de toutes les villes et des pays de leur dépendance^ afin de convaincre le peuple de la justice de leur cause. Ils proposèrent un arbitrage. Les Yalaisans s'opposèrent opiniâtrement à la réintégration de Rarogne d'après les formes reçues. Les bourgmestres Hçnri Meyss et Jacques Glentner de Zurich déclarèrent sans succès a qu'en dépit de toutes les sommations » leur canton ne prêterait pas main forte à la partie » qui refuserait l'arbitrage ^^. » Après cela les Bernois requirent les Confédérés ^^^ de marcher au secours du sire de Rarogne, leur combourgeois. Us invitèrent aussi les cantons alliés du Valais â une conférence dans le Kienholz^ village voisin de la partie supérieure du lac de Brienz % et posèrent cette question de droit public :
*•• Précédemment ils avaient pris yen St. Jacques cette décision : m An sujet du différend entre Berne et Rareté d*nn côté, Luceme, Uri » et Unterwalden de Tantre, on déclarera, siSchwyz, Zoug et Glarîs sont » du même avis, que Zurich secourra la partie qui se soumettra à Tarbi- ■ trage. » Mais dans cette diète, les députés n'avaient été autorisés qu'à refuser tout secours t à la partie réfractaire; > ils ne pouvaient pas en promettre à Tautre.
*** Uri, Schwjz et Unterwalden, les seuls que Berne pouvait requérir immédiatement ^
* Dans le xv* ou tu* siècle, le grand village de Kienholz, où s'assemblaient ordinairement les députés de Berne et des trois cantons primitifs, aux termes de leur traité, fut en partie couvert par un éboulement, en partie entraîné dans le lac par suite d'une irruption du torrent de Scbv^an-
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c( Si Falliance perpétuelle, de beaucoup antérieure au » traité de combourgeoisie, n'obligeait pas ces cantons » eux-mêmes à marcher avec Berne? » Ceux-ci^ en même temps occupés à détourner tous les autres cantons de l'expédition, soutinrent énergiquement h que » l'état libre du Valais n'avait à rendre compte à au- » cune puissance sur la terre des décisions prises par » la Landsgcmeinde contre un citoyen du pays. »
Zurich résolut de parcourii les villes et les campagnes pour dire aux communes ce que leurs magistrats avaient refusé d'écouter dans l'intérêt général ^®. Rarogne eût acquis plus de gloire ^''^ en pardonnant à sa patrie. Celui-là n'est pas un bon citoyen à qui un mo* ment fait oublier ce qu'un pays fut durant des siècles pour ses aieux. Chez les Suisses ces troubles et de bien plus considérables encore n'eussent pas ébranlé les ligues, si les pays étrangers n'avaient pu conclure des traités d'alliance ^^ qu'avec la totalité de la Confédé-
derlamm. Des'cabanes Isolées s'élevèrent pea-è-pen do miliea des décombres; elles se sont transformées en an petit village. Voy. Erdktmde der S^nwéker» EidêgenosêeMchaft {Qéograpkie de la Confédération âmUse)i von Gerold M^er von Knonau, I' B<^ S. 2S9, ouvrage savant et d'une rare élégance de stjrle ; le premier volume seulement a para en 1838 ; la toite est attendue avec impatience* G. M.
s^« Jrrêii du CoMeil, après SU GalL
*^^ Et de succès : Tirritation populaire se calme avec le temps, si on ne Fexcite pas à force de résistance. Rarogne n'était pas un Réding. (Nous écrivons ceci en 1788, en souvenir du vénérable landammann Joseph Nazar Réding^, qui nous parla en 1774 des injustices dont il avait été victime, avec la magnanimité d'un citoyen qui sait pardonner à sa patrie. )
*^' L'application de q^ qui précède paraîtra difficile 1^ bien des per« sonnes; d'autres craindront de sacrifier qiielque chose des droits -de souveraineté de leurs cantons. Qui ne sait rien sacrifier finit par tout perdre; qui craint la peine n'est pas né pour les affaires d'État. Chacun est souver^A chez soi; la Confédération seule est souveraine contre lès
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ratiop ^''^. Le sire de Rarogne vint ensuite dans TOberland» A Frutigen, dans le Sibenthaiet le Gessenay^ il s'associa tous les jeunes gens ardens et amis des armes. Un soir ils se rendirent du bourg de Gessenay dans la plaine resserrée entre lès montagnes du Châtelet. Lorsque les premières lueurs de l'aurore rougirent les Alpes, ils montèrent près des grandes cascades le roide senties du Sanetsch^ descendirent de ces rochers stériles dans le Valais au doux climat^ et parur^it devant Sioii à rheure où chaque bourgeois était à dîner. Secûttéés par la stupeur de la surprise^ ib battirent sans peine les hommes isolés qui accouraie&t par diverses rues vers la place d'armes. Ils tirèrent de$ maisons les plus importantes un grand butin. Peu d'heures après^ on ne voyait plus qu'un petit nombre de» rues de la ville^ au-delà du torrent de la Sionne; le reste était enveloppé par les flammes et la fumée. Pendant trois jours
éirangen. La question n'est pas de savoir sL dam certaines circonstances romîssion d'un tel article u*a pas été fortuitement utile, mais quel avaa^ tage essentiel et toujours assuré il offrirait. On aurait pu obtenir les avantages accidentels avec plus de dignité et sans péril, û les alliances que tons ne jugeaient pas utile de contracter po«ir leur compte eussent eu besoin de l'autorisation de tous. Trois fois au mpins lu ConfédératioB a été conduite au bord d'un ^bime par des alliances partielles; » par les liaisons de Zurich avec l'Autriche, par les liaisons des cantons catholiques avec les puissances du même culte, par l'alliance des cantons catholiques avec la France, en i7i5* Les princes allemands ont aussi perdu leur indépendance pour n'avoir jamais pu se résoudre I niettre en commun une portion de leurs droits dç souveraineté : celle-ci s'est évanouie comme un vain songe. Les paysans du Harz, du Schwarzwald, du Spessart, du Riesengebflrge et des Alpes peuvent seuls rétablir rind^pendance genaanique. D. L. H.
>'^ Alors il ne faudrait pas voter à la minorité ordinaire, autrement la prépondérance appartiendrait aux petits cantons; mais la ligue aussi avait en certains cas une manière particulière de confier les suffrages» Mfpprk dfê hou, IX, a.
ils pctt'tèrent le ravage dans toute la contrée^ puis retournèrent presque sans perte dans leur pays^ à la nouvelle de l'arrivée des dixains supérieurs. Cette rapide expédition^ sortie d'un passage en dehors de leur territoire^ ne fut ni empêchée ni commandée par les Bernois.
Ils écrivirent dans le sens que voici ^'* à Unterwal^den et Uri : « Les bannières de la ville de Berne sont » prêtes à marcher pour une guerre loyale. Les Bernois » en veulent aux Valaisans- d'avoir dépouillé^ sans » Fentendre, le sire de Rarogne^ leur combourgeois, » des biens héréditaires que ses pères avaient possédés » depuis l'origine de la constitution du Valais^ action » injuste dans toutes les républiques du globe. Eux, » anciens confédérés, somment Uri et Unterwalden de » marcher contre le Valais, au nom dç Thonneur, au » nom des engagemens et des sermens de Talliance » éternelle. » Les magistrats, connaissant l'empire que le saint nom de ralliance éternelle exerçait sur les communes, imaginèrent en faveur de leur passion une prompte ruse. Berne n'avait pas de pacte immédiat avec Lucerne. Ils se firent donc adresser par les Lu-* cemois une sérieuse réquisition contre Rarogne, et déclarèrent « que l'alliance perpétuelle qu'ils avaient » formée vingt et un ans plus tôt avec Lucerne, les >) empêchait pour cette fois d'obtempérer à la réqui- » sition de Berne. » Berne arma , forte par elle-même, certaine qu'en cas de besoin le duc Amé enverrait du secours, et qull ne se montrait si retenu à cet égard qu'en considération des confédérés qui le haïssaient au sujet d'Ossola ^''^.
. *^* Le texte littéral est dans Tuhudu *^^ Ao mois d'octobre 1419, Zurich et peut-être Schwyc refusèrent de