LIVRE m. chàp. h. d2t
mêmes avaient besoin d'une révision périodique ; les abbés n'en devaient être que les exécuteurs.
Les suites de la violation du sauf-conduit dans la personne de Jean Huss , acte injustifiable qui accuse les hommes ou les lois dé ce siècle ^^ troublaient aussi la Suisse. Les Bohémiens considéraient cet événement comme une manifestation outrageuse de la vieille haine des Allemands pour leur nation ; ils regardaient l'oppression de la doctrine de Jean Huss comme une lutte de l'antechrist contre Dieu , et la défense lancée contre elle par le roi Sigismond comme une contrainte faite à la conscience d'un peuple libre. Leur exaltation s'accrut par la comparaison de la morale biblique avec la corruption du clergé, à laquelle le concile de Constance n'apporta point de remède , et même, selon eux, favorisée chez les laïques par une coupable indulgence. Bientôt ils justifièrent les excès de leur rage par l'in-terprétation abusive de certains passages de l'Apocalypse dont l'admission dans Le canon des Livres sacrés avait donné lieu, pendant les premiers siècles, par diverses '^ raisons graves ^ , à de longs ^ débats. Ziska>
* Les lois condamnaient, sans aucun doute, les béréliques au feu; pour violer le sauf-conduit H fallut un décret qui fît voir comment on déduisait cet acte des lois existantes , bien que jusqu'alors on ne Feût pas regardé comme licite.
^ Ce livre fut attaqué si fréquemment et si long-temps , parce qu'on y voyait une prédiction de la fin de l'Empire , et qu'on le regardait comme dangereux tant que le christianisme eut contre lui le pouvoir suprême.
' J'en ai exposé une partie, il y a plusieurs années, en rendant compte dans la Bibliothèque universelle allemande d'une Dé fente de l'Apocalypse par feu le chancelier Reun; mais dès-lors j'ai fait plusieurs observations nouvelles.
* Les 'Œuvres d^Abauzit, publiées par Monltou, renferment une histoire éloquente et ingénieuse des doutes élevés dans TÉglise. primitivje