‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 114 sur 173 · LIVRE III. CHAP» II · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP» II

Milan. Philippe Visconti , afin de rassurer Sigismond, lui promit de grands secours. Mais du moment que les Confédérés eurent quitté le roi , TindifFérence générale lui apprit combien peu un monarque sans puissance doit compter sur Tàscendant de son mérite. Quoiqu'il dût ensuite attendre long-temps à Sienne^ dans un état d'abandon ^ Tissue de ses négociations avec le pape, il eut assez de présence d'esprit et de magnanimité pour ne pas vouloir acheter la couronne impériale en sacrifiant le concile de Bàle^^^. En deçà des Alpes /le pays de Schwyz fut instruit le premier du jour du couronnement^^*. Tous les Confédérés se hâtèrent d'envoyer à Rome des ambassadeui's pour féliciter Sigismond. Le jour même ou il fut proclamé empereur, il conféra la dignité de chevalier à Rodolphe Stûssi^ bourgmestre de Zurich, à Godefroi Escher, père d'une grande famille illustrée par ses services ***, et à Hemmann d'OfFenbourg , citoyen bâlois riche et considéré '*^. Il

marcheront avec lui ; oo ne confiera la chose qa*à Berne et à Soleure ; on la taira' aux autres jusqu'à la Diète. • Comme le roi n'avait ni Targent ni Fenvie nécessaires pour secourir Tinfidèle Visconti, lui-môme ne demanda pas que les 800 hommes, s'ils venaient à passer les Alpes, allassent plus loin.

^** Tout comme il déclara d'un autre côté à 6&le, qu'il aimerait mienx mourir que de consentir au renouvellement d'un schisme. La plus grande gloire de sa vie fut d'avoir mis fin au premier. Supplément aux Chroniques du frère André, de Ratisbonne, 1433.

*** Un député de ce pays se trouvait alors auprès de lui. On voit déjà Zurich et Schv^z, Réding et StÛssi ambitionner en rivaux les bonnes grâces de l'Empereur.

**^ L'Empereur enrichit alors ses armoiries d'un lynx, par lequel sa famille se distingue encore aujourd'hui des autres Escher, qui ont conservé les anciennes armés» un verre. Godefroi Escher fit un pèlerinage nu tombeau de J.-C.

4U y^y^ ci-dessopn. 136, Il acquit aussi en 1418, de la mtMon de

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honora les députés des Suisses aux yeux du pape et de Rome entière par toutes les marques de la confiance et de l'estime ^^*.

Lorsque y suivant l'ancien usage, revêtu de la dignité impériale , il renouvela les fiefs et les franchises ^^^^ il ne se montra pas moins bienveillant envers le pays d'Uri , quoique le landaminann Henri Jauch , assassiné non loin de Rome, ne fut plus là pour sot liciter sa faveur *'^ Il affranchit les Bernois par une charte spéciale de toute responsabilité envers le duc Frédéric et sa famille ou ses héritiers au sujet de TArgovie ***^. Il accorda aux Soleurois le droit de recevoir de leur avoyer les fiefs impériaux qui faisaient partie

Falkenstein, les deax forteresses de Schauenbonrg; il sera souvent question de lui.

*'^ Il conduisit le bourgmestre de Zurich par la main dan» un lieu d'où ils pouvaient élre vus de tout le monde, et s'entretint avec lui seul durant deux heures. Tschudi. Il en agit ainsi devant les communes d'Italie, par égard pour les Confédérés. Voy. dans Neri diGino Capponi, comment Florence leur envoya une ambassade en 1423. Muratari, XVIH

*^' Nous avons réuni ici, à cause de la liaison naturelle des choses, divers documens postérieurs à son retour. Les ch, pour Zurich et GlarU sont mentionnées par Tschudi, Renouvellement de fiefs en faveur de Berne, par le comte Conrad de Weinsberg, chambellan héréditaire d'Empire, plénipotentiaire de l'Empereur; Bâie, Jean-Bapt 1433. ConfimuUian impériale des franchises de Berne, surtout à l'égard des tribunaux auliqaes. BâIe, St. Martin, même année. De même concernant les franchises acquises de Wenceslas, et la justice criminelle. « Ib. eod. die et anno. > Confirmation des franchises de Zofmgue, citée dans la Sentence de Berne, autorisant Zofingue à exécuter le valet de Guillaume de Grûnenberg ; h. a. Confirmation des franchises de Bienne, surtout, de celles qu'avaient accordées les rois Rodolphe, Albert et Henri VII ; d'abord à Constance, Annonciat. 1417; ensuite à Bâle, 10 janvier 1434.

"• TschudL

**' Ni pour les tributs, lesjustices, les servitudes, les hypothèques, ni pour antre chose. Ch. Valentin, 1434. ^

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de leur territoire et ceax qui relevaient des anciens comtes de Buçbegg^*?. Il confirma aux Bàlois^^^ l'autorisation d'établir^ pour la défense de leur liberté ^^% pour celle des seigneuries hypothécaires ^^^ et des routes commerciales^ un droit.de consommation^ des péages ^^^ et d's^utres impots. Il ex^npta de toute contribution kurs domaines sis en pays étranger ^^^. Il avait déjà montré à d'autres villes des dispositions favorables en augmentant leurs revenus y alors que y pour récompen* ser les services des Fribourgeois ^^* et des Lucernois ^^^y il leur concéda le droit de battre monnaie et qu'il exempta^ pour le prix de deux mille florins^ la ville de Saint-Gall du tribut qu'elle payait à l'Empire ^^^.

**' Extrait de la Ch, Bâle, aprbs Jadica, 1434, dans IIaffner,i, II, 89*

*" Ch, Rom. Laurent, 1433, avec une bulle d'or; âdins TschudL

**• Peur fortifier leurs murailles et leurs foss^, afio de mieux servir F Empire.

*** NommémenlrLieslal , Wallenbourç et Honberg.

^^ Les uns pour le vin et le blé, les autres pour les ponts et les chaussées. -*

12* De subsides , de tributs ou d'impôts. La ch. es de Simon et Jude« 1431. IbiiL Peut-être le dernier point ne cpncerne-t-il que les contributions arbitraires et extraordinaires dont on avait frappé des propriétés bâloises de cette espèce; autrement les seigneurs voisins auraient indu» bitablement défendu de Tendre des terres à des. bourgeois de Bàle*

*^* Ch. pour Tavoyer, le bourgmestre, le conseil et les bourgeois, à l'occasion des services particuliers qu'ils rendirent an roi lorsqu'il revint de Lombardie; Nuremberg, 1422 ; confirmée par le pape, Rome, eod. : « Quanta nos nnper, dum ad vestrum oppidum declinaremus, honorificentia recepislâ< »

**^ CL Pfonbeim^ 141 8, En considération de la loyauté, de la raison et de la modestie qu'il a trouvées chez eux. Il ordonna que la monnaie serait d'un bon titre et d'une emi)reinte bien marquée ; que pour l'argent , le témoin et l'alliage, elle équivaudrait à cellç des antres villes^ dans la proportion de sa valeur et du nombre des grains.

*^* IhUtmey$r, d'après les documens, a. 1417.

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Parfaitement juste ^ sans favoriser^ par intérêt personnel, l'autorité illimitée que Sehwyz réclamait sur Einsidlen ^^^y et sans laisser, par piété, à l'abbaye une indépendance inaccoutumée, il prouonça entre Tabbé Burkhard de Krenkingen et le landammann Ital Réding, de façon que les Schwyzois, substitués aux ducs, restèrent avoués dq couvent et baillis des habitans de la contrée forestière ^^^ mais n'eurent pas le droit de restreindre les antiques franchises de l'abbaye ^^®. Il ne se contenta pas de renouveler, selon l'usage*^®, en faveur d'Égloff Blarer de Wartensée, abbé de Saint-Gall, la charte de son fief ^^^, mais il mit un terme au désordre occasioné par des procès relatifs aux milices impériales de l'abbaye ^^^, éi érigeant une cour féodale où les confrères de l'écu ^^^ et d'autres étaient jugés par leurs pairs. Précédemment déjà, relativement à la justice criminelle de Wyl qu'exerçaient encore, suivant l'ancienne pratique, les bourgeois et

**'' Supplique de L'dbbé, portant qu^il est peut-élrc inscrit dans le registre royal , que ceux de Sehwyz , en qualité d'avoués ,* exercent de l'autorité sur l'abbaye. Ch, du roi, statuant que Tabbaye avec ses tribunaux, la haute et ia basse justice demeure sons la dépendance immé* diate de l'Empire; Feldkirch, ii,000 vierges, 1451; voir Tschudi.

'2' Us possèdent « advocationem monasteriî Inleriorem et pr«fecturam exteriorem. »

^^ Sentence impériale. Bile, Ste. Lucie^ 14S5. Ibid,

^** CA. de confirmation aussi pour la chasse et la pêche à Âppenzell , V^yl, e^. Bile, Nicol. là 38.

*** Ch. sur cet objet, Ueberlingen, Andr. 1480. L'abbé servira l'Empire comme un prince d'Empire doit servir son suzerain, ie roi des Romains, futur empereur.

'*^ Le monastère tient dé l'Empire beaucoup de milices excellentes et loyales. Ch, »ur la cour féodale, Bàle, Concept 1488.

<M Chacun sait que la chevalerie s'appelait chez nos pères 6onfrérie de l'écu. La eh, leur donne le titre d^ gentilshommes « nés de l'écu* •

uvRR m. cHAj». n, 345

les voisins ^^^, il avait permis à ce même abbé d'adjoindre douze juges au bailli impériaU^^.En général^ à cette époque se fit la première transition de Tancienne justice pénale au système plus moderne. A Mulhouse aussi elle fut confiée au bourgmestre et au conseil '^^ ; ce même Sigismond concéda le droit de vie et de mort^ à titre de fief^^'', au conseil de Saint-GalP^. Dans la plupart des villes toutefois^ comme la liberté le

veut ^^% la justice continua d'être exercée en public.

*'* « Avec d'antres gens du dehors. » Probablemeol de Fancien territoire de la juridiction.

^*^ Ck Ueberlingén, Ste. Locie 1480, sur4es personnes calomniées. La majorité des douze décide. Il en était de méme^dans d'antres villes voisines.

*'* Ils rachetèrent en 1422 le droit qae le roi Ruprecht leur avait déjà hypothéqué en 1407, et que Sigismond hypothéqua en 1417 i>our 2000 florins à Uemmann d'Offenbour^. J. G, Fàsslin, Géogr. III, 556.

' '*' Lesdocumens àiéspaiHalfmeyer, a. 14S0, disent que le jugement des causes capitales n'appartient plus à la commune entière, mais an conseil.

*** Le conseil préposa ensuite à ce soin le troisième bourgmestre. Ibid.

i** Parce que dans les salles closes , l'esprit particulier de chaque tribunal et les diverses intentions et passions des meneurs (leading men) se déploient avec moins de retenue qu*on ne peut le tolérer là où la vie de chacun doit être sous la sauve»garde de la loi et non de la volonté d^autrui. Les jogemeos qu'on a pu taxer de dareté ou d'injustice ont été rares ; mais à une époque où l'on passe avec une rapidité accél^ée d'une ancienne opinion à des opinions nouvelles , tout gouvernement doit songer aux intérêts des générations à venir. La publicité non -seulement de la sentence < souvent rédigée en termes inintelligibles , lue à voix basse et rapidement devant quelques milliers de personnes, puis exécutée l'instant d'après, mais la publicité de la procédure entière , commençant d'assez bonne heure pour que l'opinion publique paisse être consultée, voilà celle que des hommes libres ont Ui droit de réclamer, et qui est encore plus importante que la publicité du code pénal. S'il se commettait un crime que ses rapports avec les États étrangers ne permissent pas de traiter publiquement, cas extraordinairement rare, il est facile âe statuer ooe peine de manière à réprimer le mal sans que les juges se. chargent

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