‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 120 sur 173 · LIVRE III. GHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE III. GHAP. II

auxquels les ducs avaient hypothéqué le droit de conduite^ eif dans leur voisinage^ une partie du bailliage libre de Knonau, conservèrent l'un par la bienveillance des cantons co-souverains ^®^, et l'autre par la faveur des Zuricois ^^^. Les Gessler mémes^ dont la haine pour les Suisses vivait dans les traditions populaires et s'était souvent montrée sur les champs de bataille^ furent accueillis amicalement par les Confédérés ^®^; à la seule condition qu'ils restassent en paix ^ on leur laissa la possession de toutes les justices qu^ils tenaient de l'Autriche ^^^. Quand George Russinger, abbé de Mouri, vit le nouveau gouvernement si bien affermi et si juste, il n'hésita plus à transmettre aux Confédérés l'avoue^ rie héréditaire que l'Empire avait reçue de Habs-

^*^ C/i. iÂ37, dans Tschudî : « L'avoyer, Fancien et le nouveau conseil et tonte la commune de Bremgartcn, •

**' Transaction de 1429 au sujet du KcUerarat * dans les remarques sur Tëckadi tirées de Rahn. Ck, de la même année par laquotte Jacques Glentner, bourgmestre de Zurich , au nom de TËmpiré, inféode aux ha^ bilans de Breiqgarten le bailliage de iVylU (qu'ils payèrent 7<50 fl«r. ), et par laquelle ceux-ci abandonnent à Zurich la haute juridiction de ce lieu.

"^ Profoc, munie, de Zturieh, Barthol., 1421 : « Noos voulons être amis du chevalier Herrmann Gessler.

'*^ Procédure devant Cavoyer de Bretngarien sur le chemin public de l'Empire, 1420 , Tichadu Gaillaume Gessler et Marguerite d*£llorbach, sa mlTC, conservent à Hermatschwyl, Atthûsem et ailleurs l'usage de leurs droits , à titre de fief personnel , mais qui pourra néanmoins passer aux enfans du chevalier, à moins qu'il ne fasse la guerre aux Confédérés. 11 y est fait mention de la manière dont ces domaines vinrent dans les mains des Confédérés, « & la recommandation du roi. » Dans la convention de 1421 , n. 191, les Badois parient des vexations des anciens seigneurs.

* BtilUage argoviea ftitutf entre, k Mig&eurie tnricolse de Khobau et leeonléde Be4t. Leu, Sopplem. 11% 34a, 343. G. M.

bourg ^^. Peu de temps auparavant^ Zurich avait jugé un diflFérend entre l'ancien couvent de Var et ses vassaux, avec tant d'impartialité d'après la coutume d'Einsidlen^ dont Var est une dépendance ^^ y qu'en pareille matière *^ Mouri n'avait aucune injustice d redouter. Tout comme Zurich, sans se faire long-' temps prier, abandonna Dietikon au gouvernement Commun , bien que ce lieu eût passé de la domination de l'Autriche sous celle de Zurich ^^, de même Lucerne se soumit à la sentence des Bernois quand ils prononcèrent que Vilmergen, Reichensée et Meyenberg devaient être régis en commun *^ ; car à l'époque où les Confédérés hésitaient encore à rompre avec l'Autriche, il avait été décidé, dans la diète de Békenried, à la majorité ^^^ des cantons présens *^^, qu'on institue-

**' Leu, art Mouri, mentionne celle ch, à Tan 143f.

t97 Prononcé coneernani le$ échutes, entre l'abbesse et la congrégation de Vàr , contre Weyningen , etc. , i&27, 20 mai. Tsehadi, Le cas fut décidé d'après l'nsage de sept monastères alliés, dont était Einsidlen.

**' Tout comme Var ne réclame pas t'écbnte de ceux qui sont sortis de sa jnridiction (n. 197), ainsi il est d'nsage qne lorsque quetqa'an des gens de Sainf-Martin ( à Mouri) s'établit à Fabrwangen , il ne doit plus ses services au couvent, mais au sire de Hallwyl. Enquêté à ce sojct par-devant le bailli et les maires du tribut, en faveur de pieux et solide gentilhomme. Guill. Gessler, 1413.

i9> Prononeé de Berne entre U$ 5 cantons et Lueeme, 1425, Saint-Jacques. T»chu4L Dietikon faisait autrefois partie des anciens domaines béréditaires de Habsbourg. Voy. C/i. 1259, ib,

200 Cependant Lueeme ne fut point tenu de rembourser ce qu'il avait perçu jusqu'alors^

^* Ainsi Lueeme pouvait assurer avec vérité que ses députés, sans instractions sur cet objet , n'avaient point voté daps ce sens; néanmoins l'opinion contraire se trouve mieux fondée.

^^^ Cette convention ne regardait pas Berne , du moins quant à U amquéte entreprise avant la décision des autres cantons, et acbevée^ans eux. '^

rait un semblable gouvernement au cas qu'ils dussem prendre les armes.

La ville de Sursée , dont Luceime avait pri» posse»-' sioa sou^ la âuserainelé de l'Empire^ ayant tardé à re^ connaître le nouveau gouvernement ^^^ siauffirât alors un notable dommage. Lies duc»^ éoit comme avouésy soit eomme comtes de Learbourg ^^ , exerçaient 1» principale autorité sur la vaste contnée qui environne Bér<nmiùnster dans le bailliage de Saint-Mîehel. Une si grande partie de ces terres avait été hypothéquée à Sursée^ qu'il ne lui manquait guéve, poin* jouir d'une? autorité conqoléle^ que la juridiction crimineHe ; or,. Lucerne était disposé à là lui inféoder^ à condition que Sursée reconnût sa suzeraineté ^^K Cette ville hésita ; à la fin f les Lucernois rachetèrent le basHiage de Saint-' Michel ^®®. Ils possédaient déjà l'autorité des ducs sur

^^* Ijà cil. n. 110. du chapitre précédent, ne m*e8t connue q/ie [^c

des extraits.

^^'^ Ces deax titres, tout comme les possessions légitimes et hs possessions illégitimes de TAutriche, pourraient être éclaircis par le ib\e stii* dieux d'un homme k qui la congrégation de Béronmûnsler permettrait l'usage de la « capsa obsoleta » de ses archives, et qui par ce moyen pourrait répandre une lumi&re inattendue sur Tbistoire ancienne die cette contrée , à la grande gloire d*un prévôt et d'un chapitoe animés do ce genre de patriotisme.

2®^ Sursée en fit la demande k Lucerne ; Lucerne répondit au députée '« Si vous êtes autorisé à déclarer que Sursée nous appartient, nous le » sommes à. vous inféoder la justice criminelle. » Le député : « Nous n*y

• sommes pas autorisés. » Lucerne : « Nous ne pouvons accordef Finféo-

• dation qu*aux nôtres. » Le député : « Nous n*en tiendrons pas moins » ce que nous vous avons promis. • Lucerne : « Tant que vous «t nous » avons des intérêts opposés, nous ne pouvons i ien vous inféoder. » Fieux manMcriU Ce dialogue peut avoir eu lieu loraqrteLucemeassiêgeail Sursée^ en tout cas avant 1&17; voy. n. 217.

.?•» iMtre de Lateme ans honorables , sages et nos bonv araiff Itmt particuUecs, Tavoyer^ le conseil et les bourgeois de Sursée, 1420-

Tabbayé ^^''. Le prévôt est obligé d'observer les lois ^®* ; il ne peut rien aliéner sans le chapitre ^^^-^^ pas même exploiter à sa guise les forêts ^^^ ; il ne peut ni habiter hors de Béronmûnsler^ ni élire un bàitli du dehors ^^S ni enfin permettre au peuple le service étranger ou d'autres alliances ^^^. Le prévôt et le chapitre sont nommés par les Lucemois suivant l'usage établi sous les ducs^'^. Lucerne eut d'autant plus de facilité à s'entendre sur toutes choses ^^* avec le prévôt d'alors, le sire Thûring d'Arboui^, que celui'^ était déjà son combourgeois* Ânastasie d'Arbourg, sa nièce, épouse de Hemmann de Russek, qui avait prêté serment à Lucerne pour Wyken , devait hériter de lui l'ai^ue seigneurie de Bûren, possédée par la maison d'Arbourg; or, Bûren dépend du comté lucernois de Willisau^'^. Les

'^^ Leu, Art. Mftnster, p. 401, cite une lettr^ de confirtnalion du roi délais,

'®* CA. d'asiermêhtation du prévôt Nicola» de Gundotfingen , ik^^» H s'engage à faire écrire dans un livre les lois et les droits.

309 On de sceller des aliénations à l'insu da chapitre.

'^^ Nommément les forêts d'Erlosen et de Neadorf.

'*' « Ministrnm circa judîcia. • Il doit dépendre de Téglise.

^^ A l'égard de celles-ci, il ne peut accorder seul aucune faveur.

*" Voj. le dernier chap. du 1. II. Il est vrai qu'on avait excepté jusqu'à un certain point quelques offices , en remplacement desquels on en a conféré d'autres aax personnes qui les remplissaient autrefois.

3^* Traité entre Lucerne et Béronmànster pour 20 ans, 1420 : la juridiction du bourg demeurera au prévôt ; le bailli lucernois percevra le tiers des amendes criminelles ; suit une liste de 18 localités où il perçoit la moitié des amendes, etc.

'^^ Convention de Thùring d*Arbourg avec Lucerne : il consenera les droits possédés par son père dans les mêmes justices ; toutefois liucerne y percevra le mauvais denier, comme dans la ville et dans ses autr^ bailliages; 1420.

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