LIVRE UI. CHA7« lu
bourgeois de Sursée, dont la juridiction ^^^ et la justice criminelle ^^"^ se bornaient au circuit de paix de leur petite ville, conservèrent, comme d'autres, leurs franr chises 9 mais sous la souveraineté de Lucerne. Sans ce concours de circonstances, Sursée fût devenu peutêtre bailliage commun ^^^.
L'autorité qu'exerçaient en commun, au-delà du, Saint-Gothard , Uri et le Haut-Unterwalden dans la Léventine et à Bellinzone, les sept Cantons et le Valais dans les vallées d'Ossola , occasiona le désastre le plus remarquable que la Coafédération eût éprouvé depuis son origine \
Les frères Jean , Donat et Gaspard, barons de Sax, comtes ^'® de Misox , landammanns du Haut-Unterwal-
**« Par la lettre n. 206, Lucerfie leur confirme la circonscription de la paix , où iU possèdent tout excepté le jugement des causes capitale?.
^*^ CA. 1417, par laquelle te roi accorde au conseil de âurs»ée la Justîce criminelle entre les mains de Tavojer de cette ville. CA. du roi, 14^1 : « L'avoyeret le conseil s'adjoindront des assesseurs (une « Aggiunta «), et ne commenceront pas à jnger lorsque les denx tiers dn jour seront éooalés. ail existe encore des cb. de 1415, 1417 et 1433, par lesquelles le roi a confirmé lest Uberiét de Sursée; il leur permet aussi en 1431 la perception du 20* denier, « afin qu'ils restent d'autant plus attachés à l'Empire. »
^*' Plusieurs points sont encore obscurs; du reste Fjuceme parait avoir acquis Sursée comme Zurich et Schwyz acquirent plus tard divfrses seigneuries dont ils prirent possession au nom de l'Empire ; ils en obtinrent d'autres du roi Sigismond Ou bien vers 1425 les Confédérés abandonnèrent exclusivement auxLucernois Sursée, qu'en 1415 (ch. I, n* 188 }^ce roi avait permis de gouverner en commun.
* L'histoire. des événemensqni vont suivre a été racontée d'une ma^ nière conforme au r^cit de Muller, mais avec plus de détails aux pages 37 — 8S du 1. 1*' desCamp€^e$ des Suisses dans le Milanais {Die mailœndischen' Ftldz&ge à» Sehweiier) , par M. Ildephonse FucJis, curé d*Engelbourg, près Saint-Oall. Saint-Gall, 1810, 2 vol. in-8. G. M.
2i' Le roi Sigismond les avait élevés à cette dignité. T$chudi, 1419-
den et d'Uri , étaient, en cette dernière qualité, seigneurs de Bellinzone. Philippe-Marie Visconti, duc de Milan , ou ses conseillers ne négligeaient aucune occasion de faire valoir leurs prétentions sur Bellinzone, passage qui est une des portes de Tltalie *^®. Ils obtinrent d'abord que le seigneur Antoine, de la branche cadette de la maison Rusca, cédât au duc ses droits héréditaires sur BeHinzone j peu après , Jean de Sax, dont les aïeux avaient acquis cette seigneurie de la famille Rusca par un mariage ^^^, promit sa fille et son héritière au comte Lottario Rusca, sous la condition que celui-ci recevrait de Milan l'investiture de Bellinzone, mais qu'en échange le duc paierait une somme d'argent à l'épouse de Lottario. Jean fit ce traité, non point à l'insu de ses frères ^^^, mais assurément contne le gré des Cantons leurs alliés. Ceux-ci, avertis, requirent Lucerne et Scbwyz , devancèrent les Milanais et obtinrent par la médiation des députés suisses qu'on leur abandonnât la forte et fertile contrée, depuis l'issue de la Léventine jusqu'au mont Cenere, outre Bellinzone, pour deux mille quatre cents florins. Ils devinrent seigneurs, soit de l'entrée de Misox qui conduit dans la Haute-Rhétie, soit des domaines du comte Lottario qui ouvrent accès dans l'État de Milan ; contrée
^** Ce qu'il y a de pins vraisemblable , c'est que Bellinzone étut une baronie immédiate de TEmpire, et que les Rusca , engagés par les armes ou par certains avantages, permirent aux Visconti de l'inféoder; il est possible que dans la suite ceux-ci n'aient pas tenu leurs engâgemens.
^^ Cette circonstance , ainsi que l'opinion exprimée dans la note précédente sur la nature de celte seigneurie , est conQrmée par la démarche à laquelle le sire Jean de Sax se croit autorisé ici.
^^ Nos chroniques le disent ainsi , mais il n'est guère fn^obuble qu'une telle négociation ait été connue des Waldstetten plus tôt que de ces dens barons qui étaient eux-mêmes à Bellinzone.