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toujours importante , mais alors surtout , parce que sans elle il était presque impossible de défendre les vallées d'Ossola. Sigismondy roi des Allemands , h<eu^6ux chaque fois qu'on' reconnaissait son autorité eh Italie^ confirma ce marché ; les ptécédens possesseurs sivaient reçu l'investiture du roi Ruprecht, Tuh de seS' aïeux. Qumque le duc de Milan ne cessât pas de faire des me^ naces de guerre^ il estima néanmoins prudent ou équi-table d'offrir aux Confédérés le remboursement du prix d'achat *^*. Uri et Unterwalden, forts de letii» bohtie cause y dé(;laréreilt au duc « que Ivâ et ettx étaient » membres de l'Empire , que Bèllinzone , côittme ilV » l'avouait lui*méme, en était un fief; qu'en consé- » cpjence il eût à soumettre ses prétentions au tôt » Devant un pareil' juge , les souverains de l'Italie auraient perdu plus que quelques parties de leurs États ^*. Le duc garda donc le silence; il attendit qi*e la garnison s'endormît dans la sécurité, et fit cependant aux bourgeois les plus influens des promesses telles que l'ennemi n'en pouvait faire. Il prit patience durant dix*huit mois ; la garnison^ chose rare, jouit des douceurs du pays sans oublier son devoir. Ge ne fut donc pas à Timproviste ^^ que parut Agncdo dellâ' Pergola, depuis peu commandant des troupes mila-^ naises ^*^, fort par ses soldats mercenaires, mais encore^
^» Ici tinit fannée 1A19. TschudL
^ Cette déclaration eut Heu en t^SQ. Ibid.
*'^^ On croyait autrefois que la chose eut lieu à rimproviste ; nais dès la semaine des Rameaux 1432 , Url et le Htut-UBterwalden écrivîrenl aux Cantons que « Milan voûtait s'emparer de BelKnxone, » et fenentôf on reçut ausai dn vai d'Ossola la nouveMe • qu'il sTaVAinçalt avec de grandes forces. » Protoc, munie, éâ ZÊtùh»
«• BigHa, m. '
plus par la trahison qui lui livra la ville et la forteresse. Il permit aux Confédérés de se retirer librement et avec les honneurs de la guerre. Immédiatement après^ il arriva la même chose dans le val d'Ossola ^^''. Les Milanais s'avancèrent jusqu'au pied du Saint-Gothard ; ils recurent le serment de la Léventine entière. Tout ce que Philippe Yisconti se permit était justifié surtout par les nombreux exemples des princes de son temps. Les Suisses durent s'en attribuer l'issue à eux-mêmes, parce qu'au lieu de marcher à la première réquisition d'Uri et du Haut-Unterwalden, ils avaient différé jus* qu'à ce que tout fût perdu. A la nouvelle de cet événement, ces deux cantons ne doutèrent point que leç Confédérés irrités ne prissent leurs bannières afin de châtier la perfidie italienne ; ils passèrent donc le Saint-Gothard et descendirent sans crainte la Léventine ^^^. Tandis qu'ils étaient campés près de Giornico, ils reçurent la réponse suivante à leur réquisition : « La plupart des » cantons sont disposés à marcher, bien entendu jus- >i qu'au Flatifer (passage situé au milieu de la Léven- >i tine ) ; Bellinzone n'est point mentionné dans les al- » liances perpétuelles. Mais on ne se mettra en marche » que lorsqu'Uri et le Haut - Unterwalden pourront M approvisionner le$ troupes à un prix équitable. » Des cantons qui produisent du blé ou le voient affluer dans leurs marchés tinrent ce langage à ceux qui l'achetaient chez eux ou dans la contrée qu'ils venaient de perdre ^^^. Uri et le Haut-Unterwalden, informés que
^' « Oppida loc'tf» mœnibas, popnlb manîtiasiiiia. » Id, Gela était ▼rat alors.
>^* Biglia n*est pas exact à cet égard; il n'était pas besoin de nouveaux péages pour irriter les Confédérés.
^^ Le ProioCé mmUc. de Zurich confirme ici TêehudL Ceux d*Uri ajaut
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rennemi n'avait pas encore rassemblé toutes ses tronpes, mais que le grand étendard de Milan s'avançait sous les ordres du meilleur condottiere de ce temps ^^, reçurent aTeceffit>i celte preuve de la froideur des CoafiSdérés ; la col^^e leur laissa néanmoins assez ée sangfroid pour comprendre la nécessité de leur retraite. Ils revinrent donc sur leurs pas justement indignés. Ils exhalèrent leur ressentiment dans la diète qui , après plusieurs antres^ se réimit enfin le 24 juin à Lucerne. « Nous aussi y ehers Confédérés , dirent-ils^', nous le M savons, nos pères dans un état de fortune beaucoi^ » plus modeste n*ont pas fait mention de la seigneurie » de BelUnzone dans leurs alMances. Mais ce qui est n nouveau pour nous, e est que des amis calculent si >} exactement entr'eux que chacun ne témoigne aux » autres ^e Taffection qu'il lui doit rigoureusement ; » cela, BOUS ne l'avons point appris de nos pères. Nous n croyons plutôt qu'ils auraient vu dans l'entreprise n actuelfe un intérêt général. En effet, Bellinzone, la j» Levantine, les vallées d'Ossola impunément conqui-
leçD eette réponse la semaine de Piques* les connétables et les tribos proposèrent encore Yers SL George « de ne pas trop se mêler de cette expédition, attendo qneBellînione n'était pas dans la circonscription de la Gonfédéialm, • s» La conduite des Cantans dans cette droonstance ressemble à celle da Directoire français, qai , i^hanl qoe la Soisse n'avait pas de subsistances et ne pooYait en acbeler qa'en Fkanoe , en refusa long-temps la pennnsîon , en même temps qnll nous envoyait 80,000 ooBibatlaBS. D. L. n.
*>* Maukimgti les distingne bonorablemenl à la fin do L I*' de son
^* « Scio ego qon scripta sont, si pilam proferantor, mnltos fore qoi viûligent > (Uoo, de MUil, duc. Je rappellerai par cette raison que les hSÊs et les idées de ce discours sont kistoriqmtment vrais, mab qoe les duoniqneim ne Font point conserré dans cette forme.
366 HlSfpUlE DE LA SUISSE.
» ses } vos soldats et les nçtres chassés sans résistance ; » les â|iisses qafermés derrière leur Sainjt-Gothard ; la » Coafédéi:atiQn entière Jinsultée san$ vengeance^ tout » cela^ 6 Çonf^^rés^ hpoorepeu votre nom et le nôtr^ n aux feux du peuple italien. Autant celui-ci est lâche » en présence de gens de cœur^ autant il hrave avee ;) une intolérable insolence ceux qu'il n'a pm be^oÎQ » de craindre» Comment ne nous trait^ra-t-il pas , et X) vous-mêmes et vos marchands ? Son audace ,et votre n patience sont évidentes aux ye^x du mc^^ide : ne vous • ^busez pas> notre gloire est le seul fondement de h jQotre bonheur ; ccîlui qui montre de la <^ainte ne i) vit jamais en sûreté. Bellinzoue n'est pas dans des li-r » mites de la Confédération; mais il n'en est pas moins i) naturel et nécessaire que ces contrées demeurent )> suisses. Il convient que notre tdominatioi^ s'étende » jusqu'aux confins de nos AJpes et des plaines de la i) Lombardie; ces forts passages occupés par un en-r j> nemi nqus exposeraient à 4e ecHitinuels dangers^. Les .i> seigneurs et les villes de la Souafae^ souvent hostiles, )) défendent la sortie des grains ; le blé ne croit point » dans nos montagnes^ et chez vous il croit eu trop pe- » tite quantité; le pays au midi du Saint-Gothard est » €;xcellent et ouvre les marchés d'Italie. Il est inutile » d'&Q dire davantage; considérez l'antique loyauté^ n et songe:^ à vous-mêmes. » Ce fut ainsi qu'ils s'énoncèrent ; les Confédérés sentirent la justesse de ces paroles. Sur-le-champ la ville de Lucerne exprima son adhésion absolue en termes si énergiques qu'Uri se leva tout ému pour la remercier, tAidis que tes autres,
* Il faudra se le rappeler à Tépoque de la gr^de ^ébâck. I^es revers deér montagnes du 0té de Ultalie doivent nous qpparteDÎr. p. L. H*
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couverts de coofusion , Içs écoutérejit presqu'avec colère ^^^. Urî a perpétué par un monumeqt ce géc|éreu;x: élaa de $es Confédérés de Lucerne : qxk voit en deux endroits consacrés ^^^ les écussons de Lucerne et d'UTi enlacés par une chaîne. Les Bernois seuls restèrent étrangers à Texpédition ^^^ ; tous les autres CcNoifédé^ rés^ la ville de Saint-Gall^ le pays d'Appeau^ 9 armèrent leur élite. Avant tous, l'avoyer de Lucerpe^ U^ rich Walkçr ^^^ , le banneret , homme courageux , un bon nombre de conseillers et de boui^;eois avec leurs n)ilicQs de la campagne remontèrent dans sept barques le lac des Waldstetten. Ils rencontrèrent la troupe de ^oug sous le bapneret Pierre KoUn^ accompagné de ses deux fils , ^i^ules de la vertp paternelle. Du fond du golfe d'Alpnach voguaient les braves du Haut-llurterwalden. A Stanzstad s'embarqua le ' Bas*Un tergal- . den. Au milieu de tant de cpntingens considérable^ le 3eçours de Gersau ne demeura ^poipt inapei:^^^^. Bien-
* Ce quils firent à bonne et loyale intention fut regardé par qaelqnesTuns. OQmme.vn. effet de l'orgueil. • BdetUn.
'M Dfpts Uégti^e prii»c|{V|le de Laoeiine. Dteh. ^kiHifug, prétwt^Jk%m dans la chapelle de St. -Jacques, près d'Altorf , ao canton d'Uri. Balthasar, dans Texcellent livre ci-dessus cité, où se trouve le passage de Schilling.
2S4 Ij^ Bernois n'avaient jamais pris part à:ees eiipéditieiia daas ks bailliages italiens; mais Laaffer, V, 51, croit que deux causes encore les détournèrent de celle-ci : 1"* dans la guerre de Rarogae Uri et Unterwalden n'avaient point obtempéré à leur sommation ; 2^ il n'y avait poifit d'avantage à espérer pour eux-mêmes. Du reste on poujrrait aussi dire que pour le cas d'une tentative que les Autrichiens auraient pu faire sur ces entrefaites, Berne avai^été laissé pour veiller à la sûreté du pays.
^^ Henri Walker et Nicolas Kupferschmid furent les architectes de la ville, pour la coostraction du pont appelé Spreubracke, en i&OS. SUtmpfm
^^^ On voit par la eh, n. i 76 quç Wçfgis prit p«rt à c^te expédiii^*
tôt mirent à la voile près de Brunnen 400 archers, avânt-^garde des Zuricois; la bannière de la ville suivait. Débarqués à Flûelen ^^ , ils trouvèrent Uri en armes sous la bannière cantonale. Us s'enfoncèrent dans la vallée. Au pied du Saînt-Gotfaard, ils formèrent des archers leur première ligne; le gros de l'armée, 3,000 hommes divisés en quatre colonnes, marchait après; tous ceux qui arrivèrent encore par des sentiers alpestres on par eau composèrent l'arrièregarde. Du côté du duc Philippe-Marie Yisconti , qai resta suivant sa coutume dans ton palais , on vit approcher en partie par le lac Majeur dans un grand nombre de barques , en partie par Lugano et le mont Cenere, Félite des troupes milanaises, en tout 6,000 chevaux ^^ et 48,000 hommes d'infanterie sous le commandement en chef du comte François Bussone di Carmagnuola, auquel était adjoint Âgnolo délia Pergpla ^^^. Carmagnuola , fils d^un pauvre paysan du marquisat de Saluées, était si ren<mimé pour son héroïsme et ses talens militaires que le duc Tunit à sa famille, qu'il était détesté des courtisans, et que l'Italie entière le regardait comme Tunique soutien de l'État de Milan ^^*. Pergola aussi était un des meilleurs ca-
Ma» d'après n. 157 on ne sait pas bien sons qaelTe bannière Gersaa marcha en i6SS.
^^'^ Sans qn*on poisse tonjoars prenelrc les cbronîqirc? an pied de îa lettre, les avchers ne les joignirent peirt-élre que lorsque les qaatre bannières auxquelles ce fait d'armes est attribué se furent emparées delà Lévonline.
**• Macchiiw, Ari€ Mh gmerrm, 1. H. Le n0mbxe de ÎS^Oftù est fourni par TêchudL
*^ La Patims^ HhmU le nomme • Angeles Posterfs. w
>*^ Biglia raconte, au ). III, comment le doc fit sa oonnaissance i h prise de Mon sa. Gmithenon, Hni. de Smwt, A. è^t^r ^ prouve suffi-
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pitaines de cette époque ^^^ Toutes les troupes étant enfin rassemblées à Beiiinzone, le premier soin de Carmagnuola fut de dissimuler ses fwees; elles demeurèrent dans la ville parfaitement ^i repos ^^^.
Les Confédérés descendirent du Saint-Gotbard et le long de la Léventine sans obstacle ; les Schwyzois , en tête de Tarriére-garde, n'étaient séparés des 3,000 que par la distance d'une marche. La résolution animait tous les Suisses , mais Tesprit qui autrefois leur donnait toujours la victoire, Tesprit de nos alliances manquait à cette armée. Depuis qu'en Ârgovie Un avait voulu se montrer plus just^ que les autres et que, dans la guerre de Rarogne, Schwyz avait marché contre ses alliés de Couches, la confiance naturelle n'était plus la même. Lucerne aussi inspirait quelque défiance à Schwyz; cette ville cherchait à lui enlever l^affection des autres Waldstetten. Il résulta de là que le corps d'armée accusa amèrement rarrière«*garde d*unp lenteur préméditée ^ et que Schwyz , loin d'accélérer sa marche , passa la nuit à Poleggio , à l'issue de la Léventine^ sous prétexte d'attendre Glaris. Les autres, désireux peut-être de vaincre sans Schwyz ^ traversèrent le district de Riviéra en poussant des cris de guerre répercutés par les montagnes ^^^, et avec tant de hâte,
samment Ce qui témoigne contre loi c'est sa coopération à Texécation de la duchesse Béatrix, filie et héritière de Facino Cane, à qui Philippe avait de grandes obligalîons. PVindek, 57. II est vrai que Cane avait fait sentir sans ménagemenl au dnc sa prépondérance, et qu'il tenait systématiquement Carmagnuola sous une oppression humiliante.
>*i « Secondo queste arme, » à la vérité « vilissime. > Moachiao.
2*^ « Tantum silentium tenebant, ut coofœderati putaront eos timoi^ oppidum deseruisse ! » NaueUriu ap. Hottingtr, Meth. 271.
*** • Clamores e vallibus faorribiles. i BigUa,