‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 13 sur 173 · LIVRE n. GflAF. vn, 2« P · texte numérisé non relu

LIVRE n. GflAF. vn, 2« P

sentiel à une antique et célèbre église '^^. A force de vigilance et de courage Tévéque conserva une indépendance que la Savoie même fut obligée de respecter^*** Maisi la mort du pape schématique Clément YII^ au<trement appelé le comté Robert de Genève^ le dernier de $(m ancienne famille ^^^, contre les aïeux duquel Genève avait invoqué le secours de ta lâavoie, rendit cette maison de plus en plus puissante. Le comté passa d'abord en héritage à Humbert de Villars, seigneur de RossîUon et d'Annonay> fils de Marie, nièce du dernier comte. Mais le comte Humbert, contre lequel Tévèque osa défendre par la force chacun de ses droits ^*®, étant mort jeune et stans enfans, Eudes de Villars, son oncle, s'empara de la succession, qui revenait à plu» juste titre à la princesse d'Orange, fille de Jeanne, laquelle avait été soeur de Marie **'à Le comte de Savoie,

*^* « Dos ecclesise Genevensis pro majoq parte habetur et sastinetar snb nmbra jurisdiclionis tetUporalis. • Comine n. 141.

^^^ CA. de 1391 et 98 par lesquelles ie comte de Savoie déclare qœ le sé]our*de son conseiller et lieutenant à Genève ne doit porter préjudice ni à la juridiction épiscopale ni aux libertés* de la ville; dans la nonve^e édit de 6pon se trouvent au moins une douzaine de ces lettres de revers de ISavf^e, des années 1390 — 1513.

*^ Amé» qui mourut en 1367, laissa trois fils (Âymon était mort en 13^6) : Amé survécut une aoiiée seulement; Pierre mourut en 1393» C'est lui sans doute qui fut le comte de Ziroo qui accompagna en Italie, en 1382, le roi • titulaire Louis d'Anjou {Gaxata^ Chrbn, Regiense, MuraU XVDI). I^e pape fit administrer le comté en son nom ; avec lui finit la branche masculine, en 139 4* F lia dans BaUtze, Uê pape» d^Avignorf; Guiehenon, GénéaL des eomte$ Ik Gen, dans CHist, de La maison defwfoie. c -

M* L'évêque Guillaume de Lornaj déclara Ternier fief dévqlu à Tévéebé , parce que Humbert Tavait aliéné contre sa volonté. Spon,

M'- Amé, qui, mort en 1368, laissa Marie et Jeanne, Sont la premi&j;^ mit «a monde Humbert de Villars , qui mourut sans hérltfers ; 1« seconde, épouse du sire Raymond de Baux, prince d'Orange, eut de lui

seigneur du fief^*®, détermina sans peine Eudes à lui vendre **^ tout le comté de Genevois avec ses prétentions ^^^ pour 45,000 francs et quelques fiefs ^^*; Cependant Amë ne refusa p& de recevoir de l'évêque de Genève, Ternier et tous ceux des fiefs pour lesquels les anciens comtes de Genevois avaient rendu hommage à l'église ^^^. Eh cela il observa ce qu'exigent de tout sei-

Marîe, qui apporta naturellement les droits maternels ainsi que la j^rîncipaulé d'Orange à Jean de Châlons-Arlay, son époux. Dunod, Hist, de la P. C. t. II, p. SlOrf Dans un traité avec le comte de Savoie» sur d^autres obj«ts, 1406, le sire de Ghàlons réserva à sa maison la prétendon sur ce Comté. Les rois de Prusse ^héritiers 4e Ghâlpns, ont. encore dans leurs armoiries ces armes genevoises» Arnoidi, Hist, des possessionê de Nassau-Orange, (Geschiehte der Nassau çratiischen Lœnderf)t, II, 237.

*** Du cOmté ; il en investit Eudes ( qui prétexta la dernière volonté de Hnmbert) « sub cer^is conventionîbus. » CA. n. 1â9. D'autres droits territoriaux étaient un ûef de Tévéché de Genève. CA. n. 1^2.

^^' Acte d'achat du comté de Genève, Paris, « in domo nuncupata de Neella, in magna galeria bassa prope jardinum dopus, » 1401; confirmé par untferment prêté sur la sainte croix , tenue par Jean , prince de France.

'^^ a Omnia et singula , tam castra quam alia, exeuntia de jure, domanîo et proprietate comîtatus G. ; omnem actionem realem et personalem, mixtam, utilem et dîrectam , reique persecùtoriam. • CA. n. 149. > . •

*^^ Eudes réserve les droits du comté de Genevois dans le Greysîvaudan, le Viennois et le Dauphiné ; le comte de Savoie lui inféode la vilte, le château, le mandement et* le territoire « Caslri novi in Verremosio. (Château neuf en Yal-Romey) , cum mero et mixto imperio, hominibus^ vassallis, homâgiis» etc. » H lui donne enfin « omnem actîonem recapiti (de rachat^ » surLonnes. CA. 149. , «

*^' L'évêque Guillaume de Lormv rend Ternier, quoique « echeutum, commissum et apertnm • au sire Gérard de Ternier; celui-ci le cède au comte qui lui en donné l'investiture au moyen d'un couteau (« cultelli« » ) £nsuite l'évêque en investit le comte de la même manière , se réservant l'hommage, le 'fief, « dominium directum alterumque qnodn})et ; » il remet au conj^te de Savoie « omnem commissionem et echeutam ac omnem jus-actionem et rationem^. » CA. 1*' octobre 1405, ap. Spon, . •

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^enr puissant ^ dans ses rapports avet un seigneur plus faible^ sa dignité, l'équité, et même la saine poli-*tique.

Nyon, Morges, Vevey^*^, Aigle ^^*, Romont, Rue^*^, Moudon, Orbe^^^, Lesclées^^'' et Yverdun, villes et ehâtellenies régies par les anciennes coutumes du Pay»de-Vaud ^^^, obéissaient paisiblement au comte de Sa-^ voie : dans ses guerres, elles lui fournissaient beaucoup plus de troupes qu'elles n'y étaient obligées *^^. Elles le faisaient volontiers, parce que le comte Amé VHI> juste et bienveillant, n'exigeait rien* au'^elà de sesdroits^ Les gens de guerre étaient choisis par le bailli et par les magistrats de chaque commune ^^^. On rendait la justice dans toutes les villes d'après leurs lois particulières ^^^ ; des fonctionnaires qu'elles nommaient elles-

<** CA. iTAmi Vtî, « cîvibus , habilatoribus, incolis ac tot« comniu* nitati vills et castellaniœ Vifiaci; Lausann», fS septembris 1891. » '

*^^ Bonne de Bourbon, comtesse de Savoie, régenté et tutrice «fAiné Vni, tonfirme lesfranekiseê d^Aiglt; Ghambéry, 28 Juillet 1892.

^^^ « Rot»; » Gh. d'Ame VU poor toutes ces villes et cbàtellenies (Aigle et Orben'y sont pas nommés). Laos. 28 septembre 1891*

^^^ A cause de l'hommage de Philippe. Voy. n. 6&.

**7 . Gletamm. • CA. n. 156.

168 « Patriœ noslrae Vandi consnetudinibus observais. » îhid. Gélte formule doit se trouver dans toutes les ordonnances.

'^* Ch. n. 153, 155 j des « caValcata » contre le Valais.

^^ Ch, n. 158 t Six«probi homînes » choisissent avec Jean- de Blonay, bailli du Pays-de^Vaud et du Ghablais, les hommes propres au métier des armes. Au même principe se rattaché, d'après la ch. m 154, le privilège d'Aigle de ne faire marcher sa milice (pl'aprës toute la cavalerie et finianterie savoyardes, parce que, dans les expéditions^contre le Valais ▼oisin , les biens de ses habitans avaient souvent eu à souffrir de la part des gens de guerre.

**^ Léiire de franchUe de la ville et de la ekàtelUnie de Morat} Morat, dernier jour de Tan 1899 : Ij^s juges d'appel de Moudon doivent juger les causes des Moratois d'après le droit impérial qui régit leur ville. IV. 3

mêmes percevaient les contributions ^ dont la somme était fixée ^®^. Ainsi qu'Ame respectait volontairement le droit féodal inofFensif de l'évêque de Lausanne ^^^ et s'efforçait uniquement d'obtenir que ce siège fût occupé par un prélat non hostile à sa domination ^^^y de même on respectait sa suzeraineté partout ^^^ et son droit de propriété dans les domaines qui lui étaient échus par suite de la mort d'Otton de Grandson et de l'extinction des comtes de Neuchàtel ^^®. Les anciennes contestations territoriales avec la Haute - Bourgogne furent terminées par un traité ^^''^j les armes se tour-

*^^ Ainsi à Aigle ) ch, n. 156. Les syndics, conseillers, sarvîtçurs ( «famyiAres • ) el percepleurs y furent ans en présence du cfaâtelam àe Villeneuve-de-Chillon.

*'> Amé VIII rend personnellement hommage en 1 S 98 à Guillaume de Mentbonay avec attouchement de mains et baiser. Ch, Zuriauben dans Zapf.

^*^ Guillaume ayant été assassiné par son valet de chambffe, comme non» l'avons vu, le pape schismatique Benoit, conformément su vœu du duc de Savoie, nomma évéque, pendant son séjour à Monaco, Guillaume d» GhaUant, abbé de Saint-Michel da«is la Cluse, dont le frère était cardinal et chancelier deSavoie^ 15 août 1^06. Gesta Beoedicti dum peragrt' ret littora; Murai, t III, P« ii^ p» 777«

"5 Voy. n. 167*

*^^ La seigneurie de Goppet, provenant de ^héritage de Grandson, fut vendue par Amé pour 16,000 petits florins d'or au comte Rodolphe de Gruyère, que nous avons vu (n. 58) hériter Aubonne, ville voiâne^ et au chevalier Jean de la Baume. Le droit à Gerlier fut défendu c&titse les prétentions de Thierstein et de Fribourg-Neach&tel par le traité conclu près du Pont de Tilisne, le tout en 1405. (Sinner, Voyage, U I)^en i406# le sire de Chàlons en reçut Hnv^titure du cmnte de Savoie L'avouer!^ du monastère vdUin de Sunt-Jean était passée aux mains 4es Bernois avec I^idau.

"' En 1391; GaUhenon, Sav, Vie d'Ame Vil, h. a. En jMiile de ce (i-aî*é# le prieur de Romainmotiers, dont les terres sont contiguês à la frontière, et en plusieurs endroits enchevêtrées dans celles du pays voisin, reconnaît qu'il a reçu dix-huit villages en fief de la Savoie. Ch, 1405. Neuch&tel s*at-

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