‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 143 sur 173 · LIVRE llf. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE llf. CHAP. II

mouvemens furent aussi calmés sans dommages ultérieurs, grâce à l'intervention amiable de quatre députés de Zurich , de Gaudenz-Planta , ammann de TEngadine^®^, du chevalier André de Salis de Brégell et de sept autres notables vassaux de l'évêché ®^®.

Leur sentence donne une idée précise de la constitution d'alors et de sa forme primitive.

Origpinairement , l'évêque tenait le souverain pouvoir , non du chapitre , mais de l'investiture des Empereurs ^^^; toutefois, restreint par l'andenne liberté^ ce pouvoir consistait essentiellement dans la présidence ou dans la nomination des magistrats. Ces mêmes chefs de l'Empire, auxquels l'évêque était redevable de sa souveraineté, accordèrent divers, privilèges à la ville qui prenait de l'accroissement. Comme partout , une foule de droits étaient indéterminés, parce que la constitution primitive n'avait jamais été rédigée par écrit, et qu'avec le temps bien des choses s'étaient améliorées ou détériorées peu à peu et pour ainsi dire d'elles-mêmes.

&>' C'est de lui que descendeot les Planta de Samaden.

^^® Celte histoire est racontée d'une manière exacte, mais incomplète, par Ott/er, p. 157 6; Sprecher, Pall. L III, ad a. 1422 ; Bueelinag Rhœt, h, a. M. Ulysse de Salis , de Marschlins , m'a communiqué complaisam* ment une très - ancienne copie de la untence. Elle est datée du mercredi après Notre-Dame d'automne , Coire 1A22. Ont apposé leurs sceaux : les députés de Zurich Jean Schwend , Henri Biberlin , Conrad Taescbler et Jean Trinkler ; Gaudenz Plant (Planta) de l'Ëngadine; pour leur personne Jean Luci, notaires Gemctz, André Barriôl (Borlôli) et André Tertzscfaserer (chez d'autres Tanréari) , Nutli de Marmels, Simon de Marmels, celui-ci en même temps pour Gaudenz; Grosoa (Krôssna) de Stallat, Ëgli Stampf (Stampa), André de Salis (Salesch-Soî;; les deux derniers pour le Brégell, les deux Marmels pour la commune d'Oberbalbstein.

'^* Gomme successeurs des « présides Rb«tiae. »

A cette époque il y avait des magistrats de Tévêque , et d'autres élus par les bourgeois.

Un gouverneur , juge des causes capitales , était à la nomination de Tévêque; mais Tusage voulait qu'il fut agréé pa;* la bourgeoisie ^®^ , et que le conseil municipal lui adjoignit ^®^ des assesseurs ®^*. L'ammann et le vidomne, destinés dans l'origine à surveiller la police^ les rentes et l'exécution des lois, dépendaient de l'évéque qui nommait aussi le chancelier ^^; peut-être <;onsidérait«on les ecclésiastiques comme les Éieilleurs j[uges du saToir.

L'institution de l'architecte rem^mfe probablement à l'époque où les bourgeois ne connais^ient d'autres affiûres communales que les ordonnances concernant les constructions^ l'inspection des forêts çt des pâturages , et les moyens de défense ®^. Mais lorsqu'ils voulurent avoir des bourgmestres , conformément aux institutions républicaines ^^ , les arbitres décidè-

••' Il doit Tinstituer de leur su et de leur coasentement. Prononcé,

••• S'il sun'ient des causes trop graves pour être jugées d'après le droit commun , on peut demander conseil k des étrangers, mais de façon que raffaire soit décidée le lendemain on le snrlendnnain ; à la pins prochaine audience, le gouverneur juge,- sa baguette en main.

••* Jurisconsultes.

••' Quelques-uns avaient peut-être désiré participer à cette élection , parce que le chancelier exerçait alors encore une plus grande influence sur les affaires du pays.

^^^ Le mot allemand WerkmeUter avait à cette époque une signification plus étendue et désignait l'inspiecteur des constmctbas » des bois et des armes.

*<>7 Dans les villes gouvernées par dies princes on histitnait ordinairement des bourgmestres, quand on cherchait à les foire pr^pérer à l'aide de la liberté. Il en fut de même à Zurich et à Schaifhouse au réveil de Tesprit de liberté.

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