‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 144 sur 173 · LIVRE III. CHAP. H · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP. H

rent que ce changement rentrait dans la compétence de l'Empereur.

Les conseillers représentaient la bourgeoisie divisée eu quartiers ^^^. Lors du remplacement annuel , si un représentant ^tait mort ou inutile ^^^, le conseil présentait à l'éTcque deux candidats du même .quartier.

Le droit de conduite^ celui de battre monnaie et les successions non réclamées des étrangers ^^^ demeu-rèrent à Févêque; dés l'origine^ ces droits avaient appartenu aux seigneurs. En revanche^ le péage d'importation sur les vins fut partagé entre l'évéque et la bourgeoisie, parce qu'ils s'étaient entendus pour Téta-» blir.. La douane y qui anciennement avait été sous la protection de l'Empire, comme toute la route commerciale, fut donnée par l'Empereur aux bourgeois •^^ Ceux-ci restèrent naturellement chargés du soin des veuves, des orphelins et des pâturages communs ^*^. D'un autre côté , les arbitres laissèrent à l'évéque la défense du pays et des châteaux ) mais ils lui interdirent la foculté d'établir un gouverneur dans Âspermcmt^^^ à l'insu ou sans le consentement des chanoines et des sujets de l'évêché ^^* : ceux-<;i ayant

^^^ Je les considère comme un grand conseil; on les distingue de la commune; peut-être ressemblaient-ils aux tribus.

^** Ëxprefiion de la charte.

''^ Si aucun héritier ne se présentait dans Tespace d'un an, gix semaines et trois jours. C'était un droit d'aubaine forl supportable.

*** Près de là existait autrefois le château de Flantaeira (Plana-terra) ; l'ancienne curie, la Gîvida » était sur l'emplacement du palais épiscopal , selon Tschudi {Hauptschlûssel),

<^^ C'est ainsi que je traduis le mot Patrye, 11 en est d'ailleurs question immédiatement après le dispositif qui permet à l'évéque de faire paître son cheval dans certaines prairies.

^** Rucbaspermont près de Malans, ou le château près de Trimmis.

'^^ « Gemeinen Gotteshauses. » Le chapitre étant spécialement nom-

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racheté ce château au profit de l'évêché y il leur appartenait de veiller à ce qu'on n'en abusât point , et qu'on ne le laissât point se dégrader.

Ces difficultés ainsi aplanies y et les troubles futurs remis ^ suivant l'ancien usage , à la décision des vassaux de l'évéclié, l'architecte et le conseil convoquèrent la bourgeoisie^ la haranguèrent , et ordonnèrent, au nom du serment prêté, de restituer à l'évêque, aux siens et à Cuno de Randek ®^* tout ce qu'on leur avait enlevé dans le château ; tout transgresseur devait être puni dans son corps et dans ses biens comme parjure et sans honneur. Ce fut avec cette justice et cette impartialité que les arbitres terminèrent les troubles de la ville de Coire.

Voyant qu'il ne pouvait compter sur l'appui des Zuricois que pour des causes justes ^ l'évêque conclut à leur insu une alliance avec l'Autriche *^^ afin de se faire un appui contre le peuple.

Le danger de cette alliance , l'esprit inquiet de l'évêque, l'incertitude des droits, la dureté et Finsolence de quelques baillis, déterminèrent des montagnards courageux et intelligens à se liguer pour le maintien de leurs droits naturels , dès que les circonstances seraient favorables. Cette pensée naquit à la fois dans l'esprit de plusieurs hommes ; l'histoire ignore le nom

méy je lie pais entendre par ces mots que les communes des snjets de Tévéché et leurs députés.

•" Qui était à son service. Autrefois celte maison était principalement 1 iée avec l'Autriche ; probablement qu'alors déjà la maison d'Autriche ne comptait du moins pas l'évéqne an nombre de ses adversaires.

**** La ville de Coire en envoya une copie à Zurich j Proioc, munie, de Zurich. L»t. 1425 ; peu de mois avant, Zurich accorda du secours i l'Empereur pour une expédition contre le pays de TAdîge î Ibid. ven Vérène.

de celui qui ^ le premier^ Texprima confideûtiellement dans un cercle de loyaux amis ^^'^ : la république des Grisons, résultat de cet acte, est son unique monu* ment.

A dix lieues environ de la ville de Coire ', dans une agréable vallée, au pied d'un mont escarpé, non loin du beau site de l'ancien Sonwîx ^^^, dans les hautes ju^ ridictions de l'abbaye de Disentis , est un village appelé Trons; toute la contrée, depuis Ilanz, n'oCBre que rwhers, torrens, solitaires pâturages, épaisses forêts. Il y avait une forêt semblable prés de Trous. Là, dans le silence de la nuit , les hommes les plus hardis et les meilleurs se réunirent des villages environnans. Le pouvoir injuste était défiant; ses soupçons, impitoyables. Ces amis rassemblés sentirent cpi'il était indigne d'honunes de cœur de supporter les caprices barbares de vils despotes. Cependant ni l'intérêt ni la gloire n'é* talent le mobile de leurs projets : le succès n'a enrichi aucun d^eux ; leurs noms ne sont écrits nulle part ^^^ ; leurs os n'ont jamais reposé sous un monument. Le prineâpe de leur vie active, c'était la conscience de l'humanité, l'amour inné de la liberté, de l'égalité et de la sûreté, et sans doute aussi ce dévoûment ma-* gnanime et tendre au bonheur de leurs proches , de leurs compatriotes et de leurs amis, sans lequel l'a-* mour de la liberté ne d^tinguerait pas suffisamment l^omme de la brute. L'homme, doué d'une àme, désire

^^ On dit qae ce fat nn habitait de la Haute Ligne. Guter, M s m Summus viens, » le prettiier lien de cette contrÔe qui fat habité. *<' M est même douteux si Jean, le premier Ji:^e , {H>rtait le nom de €UtmbrU ou de Lombreing. Les Lombreins étaient riches; Henri , rnii d'eux, acheta en 1429 du aeigneur de Sax ses iK)sses8ion8 de Scbl&vils, pour 1030 florins. ^

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