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» lenr terrîtoire et de leurs gens^ se conseiller, se dé- » .fendre les armes à la main, s'accorder les uns aux » autres le libre achat, veiller à la sûreté des routes » et maintenir la paix. Nul ne devra, pour quelque » cause que ce soit, porter atteinte à la liberté d'un » autre ni saisir ses biens ; mais chacun se contentera I) de la .sentence du tribunal auquel ressortit le dé- » fendeur^^^. Ils promettent et jurent de laisser tous D les seigneurs ecclésiastiques et laïques, tous les gen^ » tilshommes et les roturiers, les riches comme le^ » pauvres, en possession de leurs biens ^^^^ selon le » droit et la coutume* Tous jurent qu'à la mort d'un » abbé de Disentis ils ne gêneront point le choit dé^ » conventuels, et n'empiéteront jamais sur les affaiires >» qui leur sont personnelles, sur leurs revenus, leurs » libertés et leurs droits, mais, au contraire, les prôii tégeront dans la possession de toutes ces choses. Si » des blessures , des coups ou d'autres causes occa-* » sionënt des dissennons ou la guerre^ et sL l'irri^ » tation des partis empêche les juges ordinaires dé » faire respecter leurs jugemens, l'abbé et le couvent » de Disentis nomment trois ^arbitres , lés ^ires de » Razûns trois, les comtes de Sax tout autant, leè )) habitans du Rheinwald deux, ceux d'au-dessus » de la forêt de. Flims le même nombre ; ces hommes » d'honneur et fidèles au serment jugeront selon
^^ On réserve ici le droit mnnîcipa] des habitans dUans tel qu'ils le possèdent de toute antîqnité; toutefois si d^s dîMes s'assemblent chei eux, ils ne d(»vent attaquer juridiquement ou retenir en étage 9mr cune personne appartenant à leur confédération,
<*^ « Serfs, biens, justices, servitudes avec tous leurs droits, jouîs^ sauces, revenus, jp^priétés et bonnes coutumes, comme anciennement.»
» leur conscience. Si Tafiaire leur parait trq>. grave, » ils sont autorisés à s'adjoindre un^ deux ou trois » arbitres. Ils tenteront avant tout les voies d'aoocmi- » modement; s'ils échouent^ ils prononceront, sous » le poids du serment, une sentence définitive; tous » jurent de contraindre le réfractaire. S'il survient » des affaires sérieuses, les Confédérés tiendront en » personne ou par leurs plénipotentiaires des diètes n à Trons. Afin que ceux qui sont encore enfans et Il les générations à naître se rappellent plus vivement » cette alliance, elle sera renouvelée de dix ans en » dix ans. Elle subsistera aussi long-lemps que les » vallées et les montagnes , et durera inviolable, in- » dissoluble, solide et ferme, à jamais. Nul ne peut j» être admis dans la Confédération, sans le consen- » tement de tous les Confédérés. L'abbé et la comr » mune de la Maison -Dieu réservent leurs amis et » les Waldstetten voisines, Uri, Scbwyz et Unterwal- » den ; les sires de Razûns et le comte de Sax réser- )è vent leurs obligations plus anciennes envers Milan. #i Apposent leurs sceaux l'abbé Pierre, les trois frères }) barons de Razûns pour leurs descendans et leurs >> liéntiers, pour leurs serfs, les habitans et tout le A peuple de leurs domaines et de leurs juridictions; » de même le comte Jean de Sax ; non autrement >) Hugues de Werdenberg, pour son peuple de l'O- » berland ; Tammann et les hommes libres d'au-dessus » de la forêt de Fiims ; l'ammann et la commune du » Rheinwald, et, à la prière de l'ammann et de la M commune de Schams, le pieux gentilhomme Chris- » tophe de Rinkenberg. »
Cette confédération de la population romane et de
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la populatioD allemande ^^^ de la Haute-Rhétie porte^ à cause de se$ montagnes^ le nom de Ligue supérieurey ensuite elle donna au peuple entier des trois ligues le nom de Grisons^ parce que^ dans les temps les plus anciens^ les Hautes-Alpes étaient désignées par l'épitbéte de ffrises^^^, ou parce que ce peuple, comme celui d'autres contrées de la Suisse^ avait adopté pour ses vètemens le gris comme couleur nationale *; ou bien ce nom rappelait-il la haute antiquité ** de la race rhé^ tienne primitive, qui avait fondé la ligue? Nous avons vu les Rhétiens unis par de fort anciennes alliances^ de même que les Waldstetten le furent long-temps avant Guillaume Tell ; mais comme chez nous la jour^ née de Morgarten , ainsi chez ce peuple la solennité ^ la durée et l'effet de la confédération de Trons ont mis en ouU& les alliances antérieures.
Vers le même temps, peut-être quelques mois plus tôt ^^^ , des sujets de Tévêché et de la seigneurie de Razûns, qui habitaient sur les deux rives du Rhin, Tomiliasca, le Heinzenberg et la plaine^ formèrent à perpétuité ime. alliance semblable pour se soutenir mutuellement sur leur territoire contre tout injuste pouvoir, fût-il exercé par Tévêque ou par les barons. Eux aussi n'étaient pas moins éloignés d'enlever aux seigneurs leurs droits héréditaires que d'en souffrir
*'< Têckadi compte dans la ligne grise supérieure seize juridictions romanes et deux allemandes. Du rap|»*ochement des langues vient que la. plupart des localités de la Rhétie ont deux noms plus ou moins différens; Waltersbonrg s'appelle aussi Worce; Schlôwis^ Luvene; Feld- Bpeig» Pagonium; Ruflen, Rûgoretoi le mont Perlinger, Bemina,
'** C'est ainsi qu'il faut expliquer «Alpes Graiœ^ Gampi Canini, t
* lie gris fait partie des couleori cantonales. G. M.
** La vieillesse griu, G. H.
«** Acte d'alliance ik%h, Msc
1 abus. Les ligues rhé tiennes^ aussi bien que cellfis de la Suisse^ n'ont troublé personne dans la possession des prérogatives même les plus étranges. Ainsi agit un peuple qui veut la justice; il en est autrement des hypocrites égoïstes qui se couvrent du masque de la liberté pour fonder plus à Taise leur pouvoir despotique ^^^. Les Rhétiens stipulèrent que dans les affaires qui ne concernaient pas la cour féodale ou TofficiaUté, chacun recopuaitrait la juridiction ordinaire de son seigneur : ils jurèrent de défimdre son autorité les armes à la main contre tout rebelle, lis sentirent si vivement la nécessité de leur union qu'ils ne permirent à personne de rester dans le pays y s'il ne prêtait pas le serment^ et que ce serment liait encore pendant quinze jours ceux qui allaient s'établir ailleurs. Us ne se soustrayaient point aux obligations militaires envers leurs srigneurs; mais comme sous les armes les jeunes gens éloignés, de leurs pères se font faeilemaat des querelles, ils convinrent que celles-ci n'altéreraient point leur amitié confédérale. Us accordèrent à l'évêque et aux barons le libre mais inoffensif passage. L'irritation confire une injuste tyrannie et la conscience de la pureté de leurs intentions produisirent une telle unanimité parmi le peuple, que les seigneurs du haut et du bas Juvalta , le sire de Schauenstein sur le Heinzenberg et les sires d'Ehrenfels entrèrent dans la ligue avec
**^ Denys» Tarqnhi ; mms ce spot là de faibles tentatives au prix des .étêneoiens qui se sont accomplis depuis la première éditioQ de ce livreu s^Si l'antear entend parler ici de ce qui s'est passé en Suisse» il a tort. Les révolutionnaires qui avaient de légitimes motifs pour faire rendre un compte sévère aux ci-devant gonvemans, se contentèrent de leur ôter le pouvoir dont ils avaient abusé; ils les protégèrent contre les in* suites» et commirent même la grande faute d'en employer plmleors, faute que la Suisse a bien payée depuis ISOO. U. L. H.
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leurs châteaux 9 et que Tévêcjue et les frères de Eazûas n'eurent d*autre parti à prendre qtie de sceller le traité et de déclarer qu'il avait été fait de leur consentement ^^^^
Le même désir d'une administration équitable animait les habitans des contrées alpestres les plus sau-^ vages au-delà du Rbio, ceux de la grande commune d'Obervaz, des métairies disséminées d'Avers^ du village de Stalla , situé bien au-dessus de la régiçn où croit le bois, de Fûrstenau à l'embouchure de TAlbula^ et de la vallée agreste de Bergun. Ces campagnards^ auxquels» la nature refuse tout excepté des corps robustes, habi* tijiés aux fatigues de la vie et ignorant ses charmes, que maint peuple échange contre les droits de Thumamté , envoyèrent leurs anciens à uae diète des Grisons, a^ semblée à Ilanz, demandèrent et obtinrent leur admission dans l'alliance perpétuelle ^^''.
Il est naturel qu'au rnSSeu de ces mouvemens Févè^ ché de Coire et ses sujets , sans qui depuis long-temps il ne se faisait rien d'important, se soient garanti mutuellement leurs droits et leurs franchises ^^^.
Le comte Frédéric de Tokenbourg , seigneur des
dix juridictions qui forment la troisième ligue de la
république grisonne, était en grande dissension avec
les ducs d'Autriche, les barons de Razûns et le comte
Jienri de Werdenberg ; il voulut se faire un appui du
*^ Les procès aenmC Jagé9 pat dôme juges i raiMaftce sera renouvelée toos les donse ans.
* Il j a un grand pays que ses habitudes empêcheront toujours d'èstUner la liberté, qui n'est pas faite pour luL D. L» H.
«7 Sprecher, PaUas l VI, ab init ad a« t42&.
*** La chn n'exi&te plus ou est inconnue. E$qms9 hi^priquê dm paj* de* irai* Ligues {GrundftM dur Q$9ch. gem^ 9 Bûndiem-ldauU)*
460 HISTOIRB DB LA 8UISSB.
peuple et conclut une alliance défensive pour vingt ans avec le landammann Conrad Planta de Cernez et avec la commune de TEngadine ^^. Telle fut l'occasion qui forma entre les dix juridictions et les vassaux de Tévêché ®*^ une alliance qui n'a jamais été rompue jusqu'à ce jour.
Depuis ce moment ils vécurent en paix^ pendant sept ou huit ans, avec tous leurs voisins®*^ j Disentis , Razûns et Sax jouirent de la même tranquillité; Hugues de Werdenberg mourut dans une vieillesse avancée®*^; mais le prévôt du chapitre de Coire et son frère ^ le comte Henri de Werdenberg-Sargans , continuèrent d'être en différend avec leurs vassaux de Schams et avec l'évêque. Le roi Sigismond fit sa paix avec ce prélat , lorsque, se rendant à son expédition d'Italie, il vint à
•" Spreeher, L c. ad a. 1428,
'** Eh effet , on trouve parmi les contractans , d'un côté, Saigans, Maienfdd, Prietigau, Davos» Schalfik, Belfort et Strasberg, dépendances du comte ; de l'antre, FEngadîne au-dessus du Poote-Martino et de Tama , et, au-dessus de Pontalto , la Haute*£ngadine, FDrstenbourg, les sujets de la Maison*Dieu dans le Vintsgau et le MûnsterthaU La ch<,, que je n'ai pas encore pu voir, est citée danS Y Esquisse hist (n. 598) à la date de Zutz, i4S9.
*** Ce fut en 1431 que le duc Frédéric et toute sa maison acquirent à perpétuité l'avouerie héréditaire du couvent dans le Tuferlhal , aujourd'hui Mûnsterlhal , au-delà de Buffalor (Baffelhom). Le couvent paiera pour sa protection deux «aum (charges?) de fromages par an et cédera la finance de la chasse à l'administration forestière du Tjrol. En 1427 Frédéric fit faire un râU de ses serfs; on y trouve 28 familles de la vallée sus- mentionnée et 209 de l'Engadine entre le Ponte-Martiuo et Pontalto. Chartes dans BargUehner.
**' Avant 14S1» suivant la ch. que je vais citer. On ne lui connaît point de fils, non plus qu'à Rodolphe, le capitaine des Appenzelloîs. Je n'ai point tronv| jusqu'à présent de descendant de leur frère, le comte Eberhard , en possession de leur Juridiction dans ces pays.
LIVRÉ III. CHAP* II. ^ 46f
Fefiikirch ^^^. Ces seigneurs reçurent et reconnurent tenir en fief de l'évêché de Goire le comté de Schams, y compris le Rheinwald , la métairie de Tomils , le château de Bœrenbourg^ celui d'Or tenstein^ eC^ en at« tendant la liquidation des droits^ la haute justice d'Oberyaz et de Tomiliasca.
Mais l'essentiel manquait^ l'obéissance du peuple, qui se souvenait et de la tyrannie des châtelains et de l'abandon ou le comte avait laissé les habitans de Schams. Le roi somma donc Févéque y Disentis, Token^ bourg, Razûns et Sax, la partie cc»nmune ^^^ de l'Ober^ land , tous les cantons et les villes de la Suisse ^^, Guillaume de Montfort ^*^ et Jean de HeWen ^*'', de réduire les habitans de Schams à une soumission illimi-^ tée. Cet ordre, comme tant d'autres mesures d'exécution, deiBC^ura sans effet, parce que ceux qui en furent chargés manquaient, les uns de force, les autres de bonne volonté pour l'accomplir. Les seigneurs , ne percevant point d'impôts, n'avaient qu'un petit nom-* bre de soldats mercenaires, et leurs sujets s'étaient alliés avec les habitans de Schams ; nul doute que la
'^^ Âecommodemeni , Feldkirch , mercredi avant Saint-^François, i48t« dans Tschudi, Une amende de 5,000 flor. du Rhin est statuée contre celui qui le violera.
*** S'agit-il de la ligue ou des hommes libres de Laai et du Flimserwald?
<*' Au nombre de dix ; les huit cantons connus, Solenre et Sursée.
^* Ce seigneur était-il héritier de certains biens allodiau^ dans ces montagnes du chef lie sa femme Gonégonde, fille du comte Donat de Tdkenbonrg ?
'*' Celui-ci était fils de la comtesse Anne de Werdenberg-Heillgen* beig,^ fille d'Albert, lequel était peut-être cousin de Hugues (ci dessus, p. S4 et 65) ou même son frère; par là Jean de Bsmea serait devenu l'héritier de Hugues.
cause de ces derniers ne parût juste aux yeux de la plupart des Suisses*
Ils n'eurent pas d'ennemi plus actif que Tévèque, autrefois leur ami; peut-être voulait-il prouver aux icomtes la sincérité de sa réconciliation , ou commençait-' il à craindre pour lui-même l'esprit de liberté. Les habitans de Scbams refusant l'hommage au comte, Févêque les moiaça de l'excommunication ^^ , mais en vain* Quinze jours après on exclut leurs femmes et leurs gens de la participaticm aux dioses saintes, et vainement encore : leur sens droit repoussait les terreurs d'une rdigion abusive. Âpres quinze autres jours, on leur interdit tout commerce et toute communication avec de» dirétiens, les alimens, la boissmi, le feu et l'eau ^^^; pendant la messe on éteignait les derges et on les foulait aux pieds^ on sonnait toutes les doches ; à la fin on ferma les églises. Les peuples de ce temps, qui voyaient arriver sans terreur un ennemi supérieur en nombre , ne résistaient pas aux impressions produites par des mesures de ce genre ^^* C'est ce que leurs voî^ sins firent comprendre aux habitans de Schains. Ceuxci se déterminèrent donc à se soumettre ; mais leurs droits étaient garantis par la ligue jurée à Trons ®^^
Comme je me suis proposé de raconter tous les é\é^ nemens qui ont changé la constitution et la destinée
'** Sentence tteœcommumeùtion du Juge de VéglUé de Coire, mercredi après Saint- Martin, lASt; six semaines après raccommodement
*^ « Aijtoa et îgne interdîeere, »
'^ A moins que le souvenir d'une Injustice soiiftrte n'étonffftt tout autre sentiment , comme nous en avons vu un exemple à Schwyx et comme nous en verrons un antre à Appenaelt
*^* Diaprés ses clauses ils pouvaîenl et même devaient se sovmittre k leurs Seigneurs, mais dans les fimiteaiie la ooutanM et'de Féquité naturelle.
• ' LlVftE m. GHAP. II. 463
des direrses peuplades d^la Smsse on de la Rhétie y ou fait éclater le earaetère de chacune d'elles , je ne dois point passer sous silence la guerre dont la Yalteline fut alors le théâtre.
La grande vallée arrosée par l'Âdda , qui porte généralement le nom de Yalteline et dans sa partie supé^ rieure celui de Bormio^ les contrées comprises sous le nom de Cbia venue ^ entre le passage du Splûgen^ le lac de Como et les rives inférieures de la Maij^a^ avaiient été^ ainsi que nous l'avons dit plus haut ^^^, cédées par Massino Visconti, à Tévéque de Coire; mais le souverain pouvoir n'en resta pas inoins à Philippe, duc de Milan, dont les généraux avaient vaincu les Suissed près de BeHinzone» Le pays était encore en proie aux factions des Gibelins et des Guelfes ; les premiers , autre^ fois partisans de l'Empereur, se montraient maintenant en général favoi^bles aux seigneurs, tandis que les se-* conds sympathisaient davantage avec la liberté populaire^^. Deux frères, Nicodème et François Capitanei, fils de Tébaldo, domiciliés à Maségna au-dessus de Sondrio^ étaient à la tète des Guelfes; l'autre parti avait pour chef Jean Rusca , fils de Franchino-le^eune, homme d'un esprit très-cultivé, d'une beauté remar<* quable, fort aimé du duc Hiilippe ^** Les Guelfes n'avaient q|ixelqne supériorité que dans te centre de la Valleliiie; ils se fortifièrent par tme alliance avec Po«chiavo , haute vallée limitrophe ^^^ dépendante de
•** €i-de$SQ», p. 77,
*^' Le dac preiiait le tifl» de vicaire d^mpire, vtm» eu réalité il exerçait nne antorilé indépendante.
*** « BvmaxkK indolîs jntettis, corpore supm fidem flpedosas, quamobrem babitus liberaHter a Phitippo. ^Btglia, lif.
•»» GutÊT, 1. XII, p. 178 b.
464 HISTOIRE 'J)E LA 8UJS6E. [uai]
l'évêché de Coire ^^. Partout pilleurs les Gibelins remportaient de beaucoup par eux-mêmes et par l'appui du duc.
Nous avons rapporté ^^"^ comment^ peu après la bataille de Bellinzone , un grand nombre de princes et de villes d'Italie formèrent une ligue contre le duc Philippe. Les coups les plus formidables lui furent portés par les armes de la ville de Venise , qui , après avoir maintenu glorieusement pendant des siècles sa liberté et sa puissance maritime, avait récemment entrepris ^^^ d'étendre sa domination sur la terre ferme. En enlevant pour lors au duc Brescia et Bergamo , les Vé" nitiens devinrent voisins de la ValteUne.
Lorsqu'en 1432 les deux partis > Venise et le duc, s'accusaient réciproquement d'avoir violé la paix, la république envoya Santé Véniéri et Giorgio Gornaro , d'une antique noblesse, à la tête d'un corps de troupes, par le val Gamonica, dans le Bressan , et par le mont Auriga , afin de s'emparer de la Valteline : Gomarô s'acquitta de cette mission avec tant d'énergie et de prcmiptitude, que dans l'espace de huit jours , au mois d'octobre, il réduisit tout le pays, depuis le haut de Bormio jusqu'aux rives du lac de Gomo , et qu'il força le val Sassina de se soumettre également aux Vénitiens* De cette dernière vallée , Daniel Vetturi se rendit avec une partie de l'armée vénitienne dans le cœur du Bfilanais.
<&• Par un traité da 21 août ikiht où il est stipulé que Poschiavo ne fera pas la paii avec les Guelfes sans l'aveu de Nicodème Gapitand.
**' Ci'dessus, p. 885 et suiv., p. 892.
•5> Qle commença par la prise de Padoue en 1408 ; en 1404 Vérone envoya son étendard. Ces histoires ont ilé racootto dans leur effiraj^nto vérité par GoltaW^ père et fils.