LIVRE II. CHAP. Vil, 2* P
Savoie *'"', furent exposés à une pénurie d'argent ^^^, Ils vendirent donc aux habitans du Gessenay Taffranchissement du droit de meilleur catel^ c'est-à-dire de l'obligation de remettre , à la mort d'un homme , son meilleur j vêtement et sa meilleure pièce de bétail au seigneur du pays *''^. En même temps ils leur donnèrent ratitorisation ^^® de léguer leurs biens , sans contestation)^ à leurs enfans ou à d'autres parens^ et leur accordèrent la liberté de transmettre par testament uti tiers de leur fortune à de fidèles amis , sans égard au sang et à la naissance. Ils déclarèrent aussi que les biens d'un criminel ne seraient jamais confisqués arbitrairement, ni sans réserver Les droits de sa femme et de ses créanciers ^^^ Les habitans de Ghâteau-d'Oex aussi
*'' Le jeune comte jouît sous Bona de Bourbon d'une grande considération à la cour de Savoie- Guiehenon,Sav, Vie d'Ame VIÎT, commencemenL
>78 « p^r dcg pertes croissantes qui nous ruinent. ». C/t. 6&7< *^' « Coutume extrêmement perverse et honteuse ; un père de famille » meurt laissant une pauvre veuve, des orphelins et peut-être qiKlques
• bestiaux ; alors non-seulement la femme perd son mari et les énfans leur père , mais ils se voient encore privés de la meilleure pièce de
• leur bétail. > LohmantL « L'homme qui gagnait leur vie n'est plus ; le 9 meilleur cheval , la meilleure vache est enlevée par le seigneur ; son » employé ne regarde qu'à la rubrique mort de son coutumier, peu lui •• importe que la chose soit douce ou amère , possible ou impossible. » SehoUeL Ces deux passages sont cités dans Traitement des sujets dé HStif supérieur, Behandlang, der Oberenserêscheti Unierth, 178 S. On ne saurait relever trop souvent ce qui ecKfite des larmes aux infortunés.
"• Le premier de ces droits leur fut vendu pour 5,200 florins à 14 fidielings. La tradition dit que le comte leur accorda l'autorisation suivante volopitairement , en raison de- leurs services.
^^* Acte de rachat des habitons de Gessenay ^ 10 mars 159S; aVec Fantorisation d'Antoinette de Vaugrenant , femme du jeune comte. Chrétien Stephen de Gessenay, écrivain juré du comte et de la cour de Lausanne, Tidimé, 1570, 8 févr. «•-
furent aflEranchis du droit de meilleur catel *^?. Les toisins du château de Gruyère florissaient ^^, grâce aux frandûses de la noble ville de Moudon ***. Quelques, familles de cette contrée pastorale possèdent encore les lettres par lesquelles, vers cette époque, furent abolis les derniers restes de leur ancienne servitude *^, Peu d'hommes ont , à l'^al de ces pâtres , transmis à leurs descendans des droits aussi précieux , à la faveur de la plus innocente industrie. Tel était le Gessenay : fidèle au comte Rodolphe; lié par combourgeoisie avec Berne dans l'intérêt de ses libertés loyalement acquises ^^ ; pieux, au point de fonder des églises ^^'^ ; ferme, quand les ecdésiastiques prétendaient soustraire leurs biens aux contribution3 pour les dépenses communes ^^. Le comte Rodolphe le jeune mourut trop tôt après son père. Comme il avait été vassal de la Savoie, on nom-^ ma gouverneur de Gruyère, à la place de son fils Antoine, encore mineur, Louis de Joinville, seigneur de Divonne, bailli du Pays-de-Vaud.
A la même époque, le Gessenay renouvela son droit de combourgeoisie avec Berne ^^^. « Eux, les habitans
«» Çhron^ (k Gruyère , i588.
<8s Encore en Fan 4600, la milice de Gruyère était de 1800 hommes; mainienant elle est à peine de iiOO.
**'' Ch. d4 Bodolphe le jemm du 9 avril iS97 , pour y maintenir le» Grqyé^iens..
*^^ Ck» dk comte RoMphe pour exempter Roll, Richard et Conrad^ • dicti Cotiier (nom de leurg descendans), filii qaondam Uldriodi Pitet du Grest, parochi» Rubeimontis ( Rougemont } aTenari», caponariae- (tribut en poules) et gajietarum , i^ 1587 ; aussi 18J9i5.
*>' Cette combourgeoisie est mentionnée dans le traité de 1403.
i87 £q 1402, une chapelle est fondra Gstad. Chro». du Geetenay par le grefiier Môtehig, 1662. Msc. fol.
•«« Ordonnance du pays, 1A06. Ibid.
^^' Lettre de comtfourgeoiiie, 26 jurn lÂ05»%vec Gessenay, depuis la