LIVRB II. CHAP. VII , 2" F
» du Gessenay et aussi de Château-d'Oex , jurmi^ pour » tout le temps que la ville de Berne et le pays de » G^ssenay subsist^ont ^ de prêter secours à Tavoyer, n au conseil et aux bourgeois de Berne , dans l'intérêt » du Saint Empire Romain et dans les affaires de la » vîlle elle-même, et d'en recevoir secours de leur côté; » des deux parts, en vue de la protection du droit* On » réserve à chaque partie ses lois particulières , et au » comte de Gruyère la perception de ses revenus. En » cas de plaintes litigieuses, les deux parties envoient » quatre arbitres à Erlenbach dans le Bas-Sibenthal ; » le surarbitre est choisi dans la patrie du défendeur. » Les habitans du Gessenay envoient annuellement à » Berne deux marcs d'argent pour leur contribution » bourgeoise. » Ils trouvèrent dans ce traité de combourgeoisie une garantie des droits acquis au prix de leur argent et de leur sang ; cela déplut au gouverneur à tel point qu'il les vexa par de mauvais traitemens. Une dissension fut excitée entre Château -d'Oex et Gessenay, au sujet de la répartition de la contribution bourgeoise; mais les Bernois s'empressèrent de l'apaiser *^. Alors le gouverneur forma le projet de s'emparer des citoyens les plus notables du Gessenay ^^K Dans ce but, il choisit la grande foire annuelle de
Tîne. Môsehig dît qu'à cao&e de cette bourgeoisie le Gessenay est exempt de péage à Berne.
^** PrtMoneé entré Gessenay et Chàteau'd*Oex ^ i&d5. Gtiàteaa-d*Oex doit payer 60 livres poar tous les frais de la comboargeoîsie» et la moitié de la contribution des bourgeois.
*'^ Ce qui suit est tiré de Môsehig, On peut inférer du traité de paix que le gouverneur avait tort Au sujet du complot formé pour le jour de la foire annuelle , il avoue qu'il avait eu l'intention de punir « bomines de Oyes (Cfoftteau*d'Oex>propter ipsorum excessus. » Ck. 676.
Ghateau-d'Oex ; il avail gagné le châtelain et d'autres riches habitans de ce lieu ; il comptait principalement sur les Gruyériens ; les sujets astreints à des devoirs inégaux envers le même maître sont ordinairement divisés par de violentes jalousies. Mais Guillaume Mô^ schig, frère du landammann du Cressenay^ domicilié dans l'Etivaz^ l'une des plus hautes^ des plus rudes et des plus solitaire» vallées de la paroisse de Châteaud'Oex f eut connaissance de ce complot du gouverneur et le découvrit à ^on frère. Le landammann^ homme intrépide et >froid , confia le danger au hanneret du |>ays, Gappleser ^^^. Ordinairement les habitans de chaque localité^ se rendent à la foire réunis en troupe; ils ordonnèrent donc, en secret , à cent cinquante hom* mes de se rendre ensemble à Ghàteau-d'Oex , armés de leurs épées. Inquiétude , méfiance ou colère , on ne put rien soupçonner. Us descendirent paisiblement la vallée ; ils savaient combien il importait d'effrayer les premiers ceux qui pensaient les surprendre. A peine arrivés à Château-d'Oex , ils voient venir^ avec cinq cents hommes, le hanneret de Gruyère. Gappleser, d'un pas ferme, sans mot dire, marche droit à lui, le saisit et l'arrache de son chevaU A ce signal , on ar^ rète immédiatement les chef3 du complot. ^^^; la peur disperse les autres ; les premiers sont enfermés dans la tour de Blankenbourg , forteresse du Haut-Sibenthaï, et l'on réclame le secours de Berne. Aussitôt , à la sommation de Berne , ses alliés de Thoune , du Sibenthal et de Frutigen^^^ paraissent , bannières dé-
*'^ Sa famille est éteinte ^^
^" Le châtelain de Ch&teau-d'Oex et six Groyériens, d'après Téchudi^ 1407; en tout dix, selon Mdtchig* ^'* La bannière de Fru.tigen retourna dans le pfiys, parce qu*an honune^