‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 152 sur 173 · LIVRE III. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP. II

» vres, pour remercier la ville de Zurich de ce qu'elle » se montrait disposé^ à rendre la lettre^ et pour prier » particulièrement cette cité^ au nom de l'honneur^ » au nom de la loyale et mutuelle amitié de leurs » pèresy d'accomplir ce dessein. » Zurich résolut d'honorer en cela ceux de Schwyz''^^^ et rendit la lettre au landammann*^^^^ qui promit de la conserver^ de façon qu'il n'en résultat jamais de dommage ni pour Zurich ni pour Schwyz''*^.

Zoug fut le théâtre d'un de ces événemens qui ébranlent les esprits par une secousse générale et violente^ et^ suivant les caractères , portent les uns aux jouissances plus ardentes de la vie^ et les autres à une plus fervente adoration du Maître de la nature. L'hiver de 1 434 à 1 435 fut si extraordinairement froid , que non -seulement le Rhin gela depuis Baie jusqu'à la mer 9 mais que des cavaliers traversèrent le lac de Zurich 9 et que l'on vit sur celui de Constance , quoique beaucoup plus large ^ des piétons , des chevaux et des traîneaux. A cette époque ^ les Zuricois publièrent une ordonnance qui honore leur humanité ; elle prescrivait de ne point faire de mal aux oiseaux sauvages que la faim amenait parmi les hommes ^ mais de leur jeter du pain '^^^. Dans les montagnes suisses, le dégel après un hiver rigoureux est accom-

''* Proioe* manie, de Zurich, Michel iÂ23.

^" Jbid, pea après Micb. et après la diète convoquée à ce sojet par Iioceme à Békenrîed , et dont le recès ne m'est pas connn.

'^^ Il ne la laissera ni lire» ni copier sans le consentement de Sqrich; elle a sans donte été anéantie, en sorte que Tschadi ne pat pas en avoir connaissance.

'** Tsehudi i485. Selon BalUMyer, Conrad Stiefvater de Saint Gall passa le premi» le lac de Constance à pied le 9 février.

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pagné de plus d'une sorte de danger ''^^f cette cause peut avoir achevé de détacher dn sol une partie de la ville de Zoug^ long -temps minée dans de ténébreuses profondeurs.

L'an 4435^ le 4 de mars, les rives tremblent; quelques maisons sont ébranlées ; dans leurs murs se montrent des lézardes, une partie de la population s'enfuit; d'autres regardent ce parti comme inutile et lâche, ou bien ils s'arrêtent pour sauver leurs meubles. Le jour baisse ; à cinq heures du soir, subite détonation ; le sol se rompt, la poussière obscurcit les airs; deux rues, leurs tours et leurs murailles sont englouties ; il périt smxante personnes, au nombre desquelles Kolin, le chef de la république, et le greffier Wikard, avec toutes les archives ^*^. Son fils Adelreich''^^, dont la nourrice ou la mère se noya en voulant le sauver, lut porte par les eaux dans son berceau, et sauvé; il mourut considéré, riche '''^'', dans un âge avancé, père d'une nombreuse famille qui mérita bien de la paftjie. Tous les Confédérés écrivirent aux Zougois des lettres de condoléance. Les Zuricois s'empressèrent d'envoyer des chariots de vivres et de vétemens à ceux qui n avalent préservé que leurs jours.

Dès cette époque , la ville fut agrandie du côté de

^** Alors des rocs se détachent des hauteurs; en 1774, j*aî moimême couru risque sur le lac des Quatre-Gantons d'être précipité ao fond des eaux par un accident semblable.

^^^ Ainsi deux accidens de la nature, celui-ci et le tremblement de terre de B&le, ont été très-nniâbles à l'histoire des deux cantons.

7^* Leu, Art. Wikard. Le berceau fut reconnu aux armoiries qui y étaient sculptées.

'^' Seigneur dn chftteaa de Zoug par sa femme Régulinde de Weis^ senwègcn. n doit avoir été anobli par l'empereur Frédéric UI*

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Fintérieur du pays'^'^®, bien peu d'abord; et enfin^ longtemps après "^^ ^9 on la fortifia même de ce côté. Mais^ selon l'opinion exprimée par une mère de famille^ douée d'une raison digne des temps antiques'^^, pour Zoug et pour toutes les autres villes <( la fidélité con-^ » fédérale est le meilleur boulevard^ sans lequel nos » tours et nos murailles seraient d'un faible secours » au jour du périP^* ».

Les Glaronnais^ les vainqueurs de NsBfels^ conser-^ vèrent la mâle vigueur de leurs pères; ils les surpassèrent en crédit , grâce à de nouvelles alliances , ep ricbessjes et en bonnes institutions- Le bourg de Glaris, qui leur a doni^é son nom, parvint au rang de cheflieu. L'ammanii et les habitans du pays convinrent, dans rintérét général, d'y tenir désormais les foires annuelles, chaque mois un marché > ainsi que les assises des jurés et les tribunaux hebdomadaires '^^^ ; c'est là qu'à des jours déterminés devaient se rencontrer les acheteurs étrangers de leurs marchandises "^^^ ; à ces mêmes époques toute guerre privée était sévèrement

'*• La nouvelle ville.

^*' Dans le premier quart du siècle suivant.

'20 De la famille Brandenberg.

^* « Vous faites de grands frais pour une construction dont vous » pourriez vous passer : si vous suiviez l'exemple de vos aïeux» et si vous » viviez en honne amitié et en bonne harmonie avec vos voisins de » Zurich f ils vous serviraient de remparts et de fortifications , mieux

• que des murailles qu'on a bientôt renversées quand on les attaque

• sérieusement. • BulUnger A. 1435. Cela s'applique à tous nos travaux de forti cation en Suisse.

'^^ Auparavant ces réunions se tenaient à Nsfels* ce qui était beaucoup moins commode pour les habitans du fond de la vallée.

'^ Auparavant ils conduisaient leurs bestiaux à des foires étrangères , principalement à Scbenni^ et ï Wésen i sous une vdomination étrangère.

interdite ^^* dans la banlieue' du bourç principal ^^*, Trois fonctionnaires furent établis'^® pour assigner aux campagnards le terrain où ils pouvaient bâtir des maisons. Sans cet arrangement^ il n'aurait pas été possible d'administrer régulièrement la justice ; il empêcha aussi que de rusés marchands ne trompassent de simples pâtres qui, dans leur isolement alpestre , ne connaissaient pas les prix. En dépit des objections que £rent l'envie , l'attachement aux habitudes et l'égoîsme à courte vue ''^'', l'ordonnance passa , parce qu'elle était utile.

Alors vivait dans le pays de Glaris un homme de la famille Blumer, d'une intelligence bornée, possesseur d'une grande fortune , et sans enfans. Il avait un beaufrère du nom de Heintz , passionné pour les ricnesses. Un jour que, se rendant au pays d'Uri , ils traversaient ensemble de sauvages solitudes , Heintz résolut de s'enrichir d'un seul coup, et précipita Blumer du haut

'^^ Au nom de la grande nnion. De même les jours où s'assemble le conseil cantonal ou la commune.

'^^ Depaîs la hauteur de Saînt-Wendelin dans les chênes jusqu'à (je lis « Untz » au lieu de « Und • sans quoi il n'y aurait point d'opposition) Saint-Nicolas «bi den Bfilen • (sans doute « auf dem Bûhel • , sor la colline).

72e Ulrich Am Bûel^ Rod. Kûng, Jost Schiesser. Ils portaient le titre de priseurs. Le dernier est le grand landammann Tscbndi , bisaïeul de l'historien, l'un des magistrats qui ont le mieux mérité du pajs. Il reçut le nom de Schiesser , du banneret qui après la mort prématurée de son père, dans le massacre nocturne de Wésen, épousa sa mère et l'éleva lui-même pendant un grand nombre d'années comme son [M'opre fils. Tschudi 1419.

'37 Quiconque excitait, à ce sujets quelque tumulte contre l'assemblée générale , contre un conseiller on un habitant du pays, était condamné d'avance à 50 marcs d'amende; s'il ne pouvait pas payer, il devait quitter le pays. Tout cela d'après' la cL de Vordonnance du i2 mars 1419, dans T$ehudi,

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