LIVRE iU. CHAP. II
ment de la liberté ""• A la fin VBkhi céda • Les Confédérés , voyant son humeur soupçonneuse et Tinflexibilité des App^izellois^ ne consentirent à se mêler de cette afEùre que lorsque les deux parties les chai^rent ou leur per«mirent ''^'^ non-seulement de tenter une médiation^ mais
* M. Zeliwéger, d'après les documens of&dels qu'il cite textuellement, raconte ces mêmes faits avec quelques différences dans des détails assez essëntids ( t I, p. 416 et 417). « Après la mort de l'abbé Gmio, Henri de^nndelfiogen , qui lui avait succédé, exigea que les Appeoaellois lui rendissent hommage. IU ^y montrèrent effectivement dipoeés , à condition qu'il reconnût préalablement leur alliance entre eux et avec le» Confédérés, $t qu'il consentit d accepter ceux-ci pour Juges de toutes leur$ prétentions réciproques. L'abbé ne voulut abandonner aucun des droits du couvent, raab il ne pouvait pas non plus prendre des mesures sévères contre les Appenzeliois. L'affaire demeura donc en suspens , surtout pendant les troubles du concile, jusqu'à ce que le pape Martin V, «près l'abdication des deux abbés Henri de Gundelfingen et Conrad de Pégau , son successeur, eût élevé à 1^ dignité abbatiale Henri IV de Mannsdorf (que Muller appelle de Mangistorf). A son retour en Italie , il écrivit de florence au prévôt de Zurich, de réclamer tous les droits du couvent de l^aint-Grall, et de contraindre les rebelles par les chfttimens de l'Église. L'abbé aurait volontiers attaqué les AppenzellçLs , au nom des droits impériaux et devant l'Empereur ; mais comme ce monarque lui-même craignait et respectait \é& Confédérés, il préféra chercher auprès d'eux un appui contre les Appenceltois. Il se rendit en personne à cheval dans plnaieon cmtons auxquels il exposa ses gii$b fort en détail. Déjà, dans l'été de 1419, les Confédérés tinrent à ce sujet une diète à Zong où ils citèrent les Appenxellois. Ceux-ci pflensèrent que l'abbé, au lieu de les prot^er, les ayant vexés et coatralnls à faire une guerre dans laquelle ila avaient ^p&céa leurs biens et leur sang et souffert de grands dommages, ils avaient racheté lea prétentions de ce prélat par leurs victoires. Loin de lui rien accorder , ils demandèrent un dédommagement Les perdes étaient donc .bien éloignées de s'entendre, et Ton ne put rien tenniner. » .» H y eut encore deux diètes inutiles avant la nomination des commissaires dont il va être question : l'une à Luceme le 15 septembre 1419 ; l'autre à Saint-Gall , le 25 février 1420. G. M.
'•' L'abbé déclare « qu'if y a consenti librement et sans contrainte ; » les Appenzeliois, « qu'ils Iç font, parce qu'ils y sont invités et engages, et
dé prononcer une sentence en forme ''^*. Le prélat atteûdit patiemment Fissue ; quant aux Âppenzellois y il était fort difl^cile de leur faire agréer la voie paisible des formalités juridiques/ attendu surtout que les Confédérés abjuraient tout esprit de parti.
Zurich^ les quatre Waldstetlen, Zoug et Glaris nommèrent quatorze commissaires^ dont la plupart avaient fait preuve de talent et de probité dans les hautes magistratures '^^^. Ils employèrent dix mois et huit jours en partie à examiner l'affaire y en partie sm la tâche plus difficile de rapprocher les Appenzellois et Fabbé. Ils les entendirent contradictoirement à Saint- Gall^ à Lucerne^ à Zoug,. à Baden ; ils se transportèrent plusieurs fois à cheval auprès du prince, et souvent dans le pays d'Appenzell ; les Confédérés de leur côté ne re-
» parce qu'ils reconnaissent vouloir se soumettre aux Confédérés. » Ch, 28 juin 1420, dans Tschudi.
^*^ • Les deux parties s'engagent, parla loyauté et par rbonnenr, pour » eux , les leurs et tous leurs descendans à se soumettre sans fraudé et • sans arrière-pensée ^ tout ce qui sera prononcé à l'amiable et à re- » gueur de droit, comme véritable et irjrécusable. » Ibid.
76» Jaoques Glentner était un bourgmestre trèsconsîdéré de Zurich ; Jean Brunner , autre Zuricoîs , figure dans toutes les grandes affaires avec la réputation d'un bomme équitable ; Ulrich de Hertenstein , riche et attif , devint ensuite avoyer à Luceme; Henri Seilery était déjà conseiller depuis dix ans ; voyez ci-desfsus, à l'occasion clés événeroens ^ Bellinzone , Téloge mérité de Jean Pântîner d'Uri et d'Ulrich Uz de Schwyz , aux discours duquel « les yeux de bien des gens se motlil- Itn-ent » {Tèchackllan , A* 1425) ; Walther Haenzli était landammann do Haut-Unterwalden ; celui du Bas-Unterwalden, Arnold Willi An Steinen, avait fait preuve de loyauté et d'habileté 17 ans auparavant dans le différend entre Zoug et Schwyz ; Zoug était représenté là par le héros Kotin ; Glaris, par Walther Schiesser, qui servit de pèrq au landamman Tschudi, et par Jean Eggel , de qui'nous avons cité une du de 1390, de laquelle pn peut inférer qu'il était riche. Pcs lA il rfete 3 dont la situation m'est çncore inconnue.
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curent pas moins de visites^ soit du priiiice-abbé accompagoé de. ses serviteurs et de ses conseillers, soit des iBâgistrats appenzellc^s ; les arbitres s'adressèrent «tu prélat et au chapitre^ puis à la commuœ aussi avec énergie. Ils annoncèrent enfin que la décision serait prononcée à Saint-Grall, mercredi après Pâques. Une dernière fois leurs gôuvernemens recommandèrent aux commissaires de tenter pendant trois joi^rs encore un accommodement. L'abbé présenta ses titres; les députés d^Âppenzell .n'étaient pas autorisés à y répondre. Toutes les représentations paraissant inutile^, les .arbitres se rendirent dans le pays d'Âppenzell , dont les * habitans s'assemblèrent à Hundwyl. Les Confédérés parlèrent au liom de la loyauté^ joignant les supplica^ tions aux instances; les Âppenzellois répondirent obstinément qu'ils étaient libres, grâce à. Dieu et à leurs bras , et qu'ils n'exposeraient point leur> liberté . aux chances d'un jugement. Les arbitres prorogèrent le terme; ils convoquèrent les parties à Lucerne, pensant que les Appenzellois aimeraient mieux être jugés là qu'à Saint-Gair.
ALucerne^ les députés d'Appenzell les prièrent de s'abstenir de prononcer dans cette a^ire, vu que leur peuple ne' se laisserait rien prendre et qu'ils ne pouvaient rien lui donner qu'il n'eût déjà conquis par les armes. Le prince, au contraire, à qui dans de telles circonstances tout accommodement devait paraître un gain, déclara qu'il accepterait la sentence. Conformément au traité d'alliance entre Schwyz et Appenzell , ce pays ne pouvait pas s'opposer au cours de la justice.
La sentence fut prononcée le 6 mai 1 421 .
* Voy. sur lout cela Zellwêger, t. 1, p. M9, 4S0. G. M.
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ce Les députés choisis par les sept Cantons pour ter- » miner ce différend ontpris connaissance de la dernière » paix'^'^^ conclue par feule roi |Luprecht; ils ont eiH » tendu et mûrement pesé Tenquété^ l'accusation et la » réplique^ autant qu'il a pu se Êiiire'^''^; sur quoi ils » arrêtent à l'amiable ^''^ les articles suivans :
» La ligue que les districts des montagnes appensel- » loises ont formée entre eux, ain^ que les sermens de » eomboui^eoisie et d'alliance qui les lient à nous y » Confédérés,' demeurent indissolubles. Le pays d'Âp- » penzell, ^ns l'étendu» de ses limites, ainsi qu'en » temps de guerre, conserve ses propres tribunaux*
» Les habitans du bourg, d'Appenzell, ceux de » Trogen et les rhodes alliées aux premiers '^''^ paient M annuellement à l'abbé, pour la contribution due à >} l'Empire et que l'Empereur lui a hypothéquée , cin^ w quante-cinq marcs d'ai^ent '''^^, jamais davantage'''^;
77<* Ci-dessus, p. 156.
'^^ A la fin les Appo^^zellob ne vonlnrent plas répondre*
77> Par accommodement; s'ils avaient dû prononcer selon la rigueur du droit, ils auraient arrêté de tout autres clauses, mais le différend eût été înterminable.
^'' ^entends par là les trçis autres petits paj« impériaux.'
7'* Le marc à % livres 7 scb. Au teoips de ^^um/»/* (1548), cette aomme était évaluée à 165 flor. La charte, malhabîlement exploitée par fVaUer, ne nous apprend pas combien Appenzell payait autrefois de contribution à l'Empire ; Trogen payait 7Ô livres. Au commencement la contributioB impériale rapporUit 80 marcs, plus tard 125 et même iJM); d-dessos, p. 8d , n. 394. On estima probablement que Fabbé avait été indennisé par la longue jouissance; ou bien jugeait-on qu'en raison de la dernière guerre occasionée par sa faute , il devait au peuple cette cession comme paiement d'une partie des frais de la guerre? Le peuple la demanda du moins.
^'^ Précédemment le -tribut avait été plusieurs foi« augmentée