‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 160 sur 173 · LIVRE m. GHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE m. GHAP. II

jamais parvenu à la possession de son pays ^^''^ et sans lequel il l'aurait difficilement défendu ^^^. Pour tout ce qui concernait la guerre^ la paix ^^^ et les possessions territoriales ^^^y il y avait entre la ville de Zurich et lui un étroit lien que sst mort même ne devait pas rompre avant l'expiration du terme de cinq ans ^^ ; du reste , comme homme ^^^ et comme seigneur ^^\ il était indépendant des lois civiles.

Peu après le renouvellement et la prolongation de cette alliance pour le reste de ses jours , Frédéric con-^ dut avec. Schwyz^ à peu prés dans les mêmes terr

*^' Elle loi fot contestée par Gonégonde , fille de son oncle^ épouse de Gniilaumç de l^optfort, et Berne était ponr Mootfort. CA. i&02.

^* Sans donteinéme contre ses propres sujets; ci-dessns, p. 12.

*^* Ibid. J'ajoute d'après la lettre de 1400 ce qui suit : Les conquêtes auxquelles la bannière d^ Zurich a pris part demeurent à la ville , les autres appartiennent au comte et sont comprises dans le traité de combonrgeoisie. Si Zurich a besoin de son secours dans le temps où il aide d'autres amis, Zurich obtient la préférence; à supposer qu'il en r^l^e ponr lui quelque dommage, les bourgeois ne le supporteront pas. Il relèvera de (eur juridiction pour les fiefs, les hypothèques et les guerres.

•* Voy. la note précédente, à laquelle j'ajoute d'après le traité de 1416 : Les domaines que l'Autriche lui a hypothéqués resteront neutres si Zurich se trouve ^n guerre avec TAutriche. Du traité de 1405 : S'il venait à mourir avant l'expiration de cette alliance, fixée à 18 ans, et que ses héritiers ne voulusseot pas la maintenir , les villes et les châteaux qu'il possède et qu'il acquerra en deçà du lac de VValenstadt demeureront ouverts aux Zuricois.

*^* 1416, quand même les héritiers refuseraient de l'observer, comm^ n. 820.

*^ Du même «rail de 1416 : S'il doit à un Zuricois et qu'il réfuse de pandtre devant les tribunaux de Zurich, le créancier poutra le dter devant, des juges étrangers; mais la personne du comte sera respectée sur le territoire zuricois (on ne ponrra ni le bannir ni l'arrêter. )

•*• Voy. ci-dessus, p. 72.;

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mes ^\ im traité de combourgeoisie pour dix ans '^. U espérait probablement être plus sûr des Confédérés lorsqu^il compterait parmi ses amis le plus iniportant des cantons démocratiques. Les Zuricois approuvèrent sans doute cette démarche ; le premier lien qu'il avait formé avec eux nen restait que plus étroit et plus fort. Aussi ^ peu de mois après, firent-ils pour cet ami plus que leurs obligations n'exigeaient , en lui prêtant pour le siège du fort de Feldkirch dix quintaux de poudre et leur grand mortier y dont ils faisaieitt tant de cas ^^. Le roi des Romains leur ayant concédé le droit de racheter quelques hypothèques autrichiennes engagées au comte ^^'^ y ils ne voulurent pas pour le moment user de ce droit. De vastes domaines , de nombreux voisins, un esprit inquiet , une fierté susceptible ^ étaient pour lui une source abondante de querellés^ que les Zuricois tachaient d'apaiser à force de peine et de sacrifices. Car Frédéric n'avait qu'un fils illégitime ^^; la ligne mascuUne de Tokenbonrg, illustre dans cette

*'* p. e. il n'est pas dit expressément que s'il a un procès avec ceox qui tienaentde lui ou de qui il tient une hypothèque ou an fief, il soit obligé de plaider à Schwyz ( mais bien à Zurich, 1416 ). Il est dit tusd dans le traité de Zurich seulement qu'ils peuvent accorder la bourgeoisie aux habîtans de Walenstadt^ Gaster, Windegk, qui veulent s'établir cbex eux an moins pour dix ans. Zurich lui accorde aussi la liberté d'acbal pour toutes les choses nécessaires à ses forts et à ses maisons.

"* Voj. la ch. 24 janvier 1417, dans Tschudi.

•*• Avec ht boulets de pierre. Si le mortier saute, il le remplacera ou en paiera la valeur; autrement le trésorier de la ville est autorisé à emprunter une somme équivalente au nom du comt^ et celui-ci s'engage par un serment solennel, au nom des saints, de se raidre sur la première réquisition , dans l'espace de huit jours, avec 7 chevaux à l'auberge de Zonch et de s'y constituer en ôUge« Ch. IS mai 14)8.

*^' Ordre de Sigismond au comte, 9 février 1424.

•'• Jean de Tokonbourg. Lang I, 791.

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contrée depuis des siècles et qui jamais ii*avait été plus puissante que de son temps , allait s'éteindre. On ne sayait qui lui succéderait; on ne savait à qui le peuple s'attacherait ; tout le monde attendait les explications et les traités qui renfermeraient ses propres dispositions à cet égard.

Au commencement de l'an 1427, alors quB, redou-* tés et intacts^ les Appenzellois , méprisant les foudres de l'Église^ défendaient pour eux-mêmes et pour tous leurs amis leur audacieuse liberté, exfnra le traité de combourgeoisie du comte de Tokenbourg avec Sehwyz ®^^.

D^ ce moment les Appenzellois n'hésitèrent plus à donner la combourgeoisie à des gens de Tokenbourg ^^ et à exercer contre leurs ennemis les vengeances accoutumées ^^^ Dans les contrées riveraines du lac de Walenstadt, quelques vassaux du seigneur firent éclater aussi un mécontentement jusqu'alors contenu. Ces faits ^ que l'abbé de Saint-Gall apprit le premier , rengagèrent, ainsi que son parti, à représenter à Frédéric « que l'audace trop long-temps tolérée rat- » teignait enfin, lui aussi, qui n'avait jamais offensé n les Appenzellois ; que chacun pouvait se convaincre i> qu'ils faisaient la guerre à tous les seigneurs et non » au prince de Saintr-Gall seulement, dans l'intérêt,

^ Lo 94 Janvier.

•so Tcgenchen « Bnigta , PVaUêr 289. Têohmdi rapporte la même chose à Tan i&20, date qui parait inexacte, Ta qu'il n'eat fait aucune mention de Tokenbourg dans la sentence de 1421.

**^ Pent^tredans le Rheintbal. BUchofberger^ i6i, en fait mention à «sette oceasion; nons saTona que la baiae e sabsisté le plus long-temps de ce c6té-lii Ck, n. 748.

M non de leur seule liberté y mais de tous les paysans » rebelles; qu'il s'agissait de décider si dans ces pays les » liens sociaux rompus seraient remplacés par un dés- I) ordre barbare , où si à l'avenir encore un prince gou- » vemerait son peuple comme un père de fomille gou- » verne sa maison. L'humanité est-elle plus heureuse D SQUs le régne de la licence ou sous celui de l'ordre? ï> Ou bien est-il permis que^ pour quelques abus, suites » de la faiblesse humaine y un chef de parti adroit ou >i fanatique bouleverse tout l'ordre social , comme l'ia- » sensé qui dit dans son cœur ^. Il n'y a point de Dieu, » parce que la grêle détruit ses fruits ? Lui , grâce aux » dispensations de la Providence et aux lois que les vi Appenzellois foulent aux pieds ^ le comte le plus puis- I) santdes pays situés au sein des Alpes , ne doit pas » laisser échapper le moment de se couvrir d'une gloire » immortelle en vengeant et sauvant la grande et juste » cause du pape^ de TÉglise^ de l'Empereur^ de l'Em- » pire et de tous les seigneurs ; bientôt la contagion de >) la trahison et de la révolte attaquera ses propres i) sujets ; il ne doit pas permettre qu'après que sa » propre puissance aura été ruinée à tout jamais , ceux n qui lui ofirent maintenant corps et biens pour com- » battre sous ses ordres l'ennemi commun, cherchent }^ leur salut ailleurs ou périssent par sa négligence* »

Çles représentations Brent d'autant plus d'impression sur l'esprit de Frédé];icy que dans son administration il n'avait pas ce mélange d'intelligence, de courage et de bonté, par lequel un prince fonde inébranlablement sa puissance sur les cœurs du peuple.

Sa résolution prise^ il ne manqua pas de prudence dans l'exécution. Il offrit d'abord les voies juridiques.

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