‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 19 sur 173 · LIVRE II. CHAP. YII, 2* P. A · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP. YII, 2* P. A

Gothard en Italie. Toutes les conquêtes dans les Alpes fortifient lés premières lignes de défense et les remparts : si les Suisses^ abandonnant toutes les contrées qu'ils ne pouvaient défendre ^^®, se fussent rendus maîtres des Alpes , et eussent voulu vivre sous un sénat unique^ d'après des lois Spartiates et dans l'union de toutes les tribus , on les aurait vus , comme dans un camp retranché sur les ctmes de Tancien monde ^ respectables pour les États voisins par leur amour de là paix y protégés par la nature et par leurs mœurs y ré^ pandre leur sang pour la liberté^ rarement sans doute^ mais toujours avec joie et bonheur^*''.

Nous avons décrit ^^^ la vallée d'Urseren, au pied du-Saint-Grothard, point central des routes qui conduisent aux sources du Rhin dans la Rhétie^ aux sour^ ces du Rhône dans le Valais et aux sommités du passage où liait le Tessin; nous avons décrit la vallée Léventine^ première contrée italienne sur le versant méridional du Saint-Gothard. De la Léventine on entre dans la Riviera : ici tout semble stérile et pauvre ; le Tessin roule sans obstacle ses ondes furieuses; ce^ pendant beaucoup de vestiges sur les montagnes attestent le zèle avec lequel l'ancienne noblesse^ dans la prétendue barbarie du moyen-âge y faisait cultiver k terre et procurait à son peuple, sur de hauts rochers,' des habi^tions > à Tabri àe^ eau!x et des brigands. • Près de Bellinzone , quelques collines forment au bord du

2*^ Gomme les Athéniens abandonnèrent sous Thémistocle la ville, soDS Périclës la campagne.

^" C'est dans cet esprit, qu'après la bataille de Lenctres,Ârchida mus conseilla aux Spartiates ce que dans la suite exécutèrent les MaîiiottM«

^^* Dans le premier chap. de ce livre, t. II T p* S9S et suiy.

Tessin Uq étroit passage autrefois défendu p9û^ une antique et redoutable forteresse ^^^; aujourd'hui des vignes couvrent toutes les hauteurs^ et une ville charmante occupe le passage* Plus loin de fertiles campagnes s'étendent jusqu'au lac Majeur ^^^ et au-delà du Monte-Genere jusqu'au lac de Lugano; sur les rives brillent en grand nombre des villes et des bourgs gra-^ cieusement semés entre deâ vignobles , des prairies et des bois; les eauX limpides des deux lacs mènent dans les plaines de la Lombardie.

Far cette route^ des habitans d'Uri et du Haut-Unterwalden se rendirent en 1402^ avec leur bétail^ à la fmre annuelle de la ville de Yarèse dans le Milanais. Les percepteurs du duc Jean-Marie Ânglo Viaoooli leur enlevèrent bœufs et chevaux à l'occasion d'une querelle au sujet du péage. €es gens retournèrent indignés dans leurs cantons. Six mois durant , on envoya inutilement à Yisconti un grand nombre de messagers et' de lettres* Les rênes de l'état de Milan n'étaient plus dans les mains vigoureuses de Jean Galéazzo; son fils était encore enfant. Les habitans d'Uri et du Haut-Unterwalden prirent donc les bannières du pays, et passèrent le Saint-Gothard. La Léventine se soumit aussitôt. Le chapitre de Milan y possédait certains droits ; la justice et le tribut appartenaient à Yisconti. Les factions des Gibelins et des Gttelfes» inconnues

^^* Elle ne fut sûrement pas l'ouvrage de César; mais on n'attrilme gnère à nne si hante antiquité un b&timent moderne; à Genève même ,^ U toor qui porte le nom de César fut probablement bâtie par Pierre de Sessons; mais certains débris prouvent qu'elle a été construite sur l'emplacement d'un édifice romain considérable.

^^ Dans lequel sont les trois îles dont la belle nature a été aarehaigée d'omemens à si grands frais j^ar la maison Borroméet

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aux viltes de la Saisse ^^^^ jetaient le trouble dans les châteaux et les bourg» de ces vallées ; car cbaque parti cherchait à demeurer maître de cet important passage^ où l'indépendance deâ Lépontins s'était opiniâtrement défendue contre Rome jusqu'au temps d'Auguste , et que les Lombards aTaient^garni de forts à leur manière. Tous les habitans de la LéTentine, âgés de plus de quatorze ans, jurèrent ^^^ « de se soumettre à l'au^ » torité et à la protection d'Uri et d'Obwalden, d'obéir » à leurs lois, de recevoir d'eux des juges et de les sa-^^ » larier; de leur payer le tribut qu'ils payaient autre-' » fois au duc^ de leur accorder le libre passage et » l'exemption du péage ^^^; de recevoir leurs troupes » auxiliaires aux frais de la vallée, même quand elles » n'auraient pas été requises ^^^; enfin, d'observer fidè- )> lement ce traité, sous la responsabilité de leurs corpi n ou de leurs biens , tant qu'il plairait aux habitans » d'Uri et d'Obwalden. »

Ces vaiilans pâtres , après s'être ainsi procuré eux** indues l'indemnité dédaigneusement refusée pour Ten-' lévement de leurs bestiaux , demeurèrent paisibles jus**'

2^ Elle» furent nommées, pdur la première fois à Berne,- en 1510^ probablement dans un divertissement da carnaval. Valère Anshelm dit à cette occasion à Tavoyer de Wattewyl : « Prenez garde , Seigneur, ces; m noms-là troublent toute lltalie; • à l'instant même ils furent effacés* Chrwm. d^JtnÈh0tmt a^ 1077.

^^ Avec l'antotisation du chapitre , T$chudi i^iO ; mais il n*en est fait aucune mention dans la charte,

323 Les cantons ne fournissent plus leur part, et leurs biens sont affiranchis. CA. n. 224*

^^^ Les halHtans de la liéveiitine auraient pu se soumettre à des Milanais attirés secrètement dans le pays, et feindrç qu^ils avaient été sucpris; les cantons voulaient, à la moindre apparence d*un semblable dessein, en pré' ^enir l'exécution. Traité entre Uri, Obwalden et laLéveniine; aoùti40^«

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qu'à la* quatrième année où on leur dit que lès seiglieuri de Bellinzone menaçaient leurs nouveaux protégés. Le seigneur Albert de ^ax ^ d'une antique noblesse thétienne^ baron de Misox^ haute vallée ouverte dans sa partie inférieure du côté de Bellinzone , fermée dans la partie supérieure par le mont Adula , était l'héritier d'Ulrich Walther, seigneur de Belmont dans le LugnetZy longue et sauvage vallée^ dont le peuple, d'antique origine rhétienne , obéissait toujours à i^egret ; sa domination s'étendait aussi sur le territoire de Groub> où se trouve Ilantz ^ et sur Elims. Ce seigneur, à l'aide de troupes mercenaires ^ par la force ou à la faveur d'un mariage , avait obtenu de la maison Rusca la ville de Bellinzone, récemment reconquise ^^^, et l'avait conservée en dépit de Yisconti , seigneur du fief. Henri , son fils, ^ngatgé par les nombreuses promesses du premier duc deMilan^ lui remit, cette place; mais on ne tint pas ce qu'on lui avait promis. Son fils Gaspard et ses frères Donat et Jean trouvèrent donc convenable et juste de reprendre Bellinzone , et ^ selon Tancienne constitution, de recevoir de l'Empire romain: l'investiture de ce comté. Ces seigneurs ^^® songeaient {leut-étre à consolider davantage leur puissance, en soumettant les vallées supérieures du Saint-Gothard, ou seulement à punir le village d'Âbiasco de s'être détaché de la vallée de Riviera, dans la dernière guerre, poUr prêter ser--

>*^ Grande guerre < in burgis «(les châteaux? la contrée?) de Gomo entre les Vitani et les Rdsca , très-anciens ennemis , dans laquelle Baldassar Rusca paya de sa vie une sanglante victoire, et Bellinzone fut restitué à la maison Rusca i; 1403, C<Mle/to CoêtelU, UbromemorMUum; Murai , XIV.

' '^* Dont la généalogie est fort embrouillée « ainsi que la chronologie de ces années-là.

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