LIVRE II. .CHAP, VII , 2'' P. A
moit aux Suisses avec la Léventine. Aussitôt que cette nouvelle parvint aux oreilles des Suisses^ ils se mirent en marche ; le 24 décembre , les troupes d'Uri et d'Obwalden passèrent le Saint-Gothard couvert d'une neige profonde, et parurent, bannières déployées et pleins de courage, près de Faïdo, chef-lieu de la Léventine. Tout le pays tessinois fut saisi de crainte ; un grand nombre de seigneurs arrivèrent en hâte comme médiateurs; ils apaisèrent la querelle à leur gré^^''. Peu après mourut un des seigneurs de Sax ; les siens soupçonnèrent fortement que cette mort avait été ordonnée par le duc Jean-Marie. Jean, Donat et Gaspard, craignant pour leur vie et pour leurs biens , demandèrent la combourgeoisie d'Uri et du Haut-Unterwalden. Du jour où les Yisconti s'étaient assuré par astuce la souveraineté de Milan, ils profitèrent > sous des empereurs qui. négligeaient l'Italie , de toutes les occasions favorables pour dompter la noblesse par les armes et par le poison, par l'assassinat et par toutes sortes de fraude»; ainsi la noble Italie fut de plus en plus atà*istée par de secrètes, et noires trames qui aboutissaient au meurtre et à la trahison. Uri et le Hâut-Unterwalden accordèrent aux seigneurs de Sax à Misox et à Bellinzone la» combourgeoisie ^^^ aux condïtion® suivantes : « La place de Bel- » linzone leur demeure ouverte dès ce moment; ^lle ne » passera pas en d'autres mains sans leur consentement. » Les seigneurs supporteront les frais des ambassades » et des guerres qui auront pour objet le maintien » de leur domination ; ils paieront annuellement deux
»» T«<?AiMii 1406, 1407.
^* Lettre de eombourgeoisU , 1407. Ibid. Elle concerne aussi leurs huiliers; s*ilsnc la renouvellent pas dans le terme d'une année, Bellinzone est dévolu aux cantons.