LIVRE II. CHAP* Vif , 2* P
arrêtèrent « que Francesco Brogno , versé dans les lois » du pays y continuerait ses fonctions déjuge; qu'ils » lui laisseraient des troupes pour la sûreté d'Ossola ; )) qu'en échange, les revenus appartiendraient aux six » cantons. » Les bannières retournèrent dans leur pays.
Les mœurs suisses plurent au peuple; la noblesse s'irrita de ce que des pâtres prétendaient la gouveftier. Mais comme Brogno, homme d'honneur irréprochable, voulait tenir son serment Bans subterfuge , les seigneurs s'entendirent avec leurs amis de la vallée inférieure et avec Facino Can , gouverneur de Milan, et déclarèrent vouloir prêter serment aux Suisses. A peine le juge du pays eut-il passé la rivière de k Tosa, que les soldats laissés auprès de lui furent massacrés, et luimême arrêté; Domo se rendit au gouverneur. Les Confédérés* l'apprirent, en furent courroucés, passèrent les Alpes et pénétrèrent sans résistance jusqu'audelà de la rivière qui séparait les deux vallées d'Os-^ sola^^®. A -leur tête brillaient quatre cents hommes, envoyés au secours de leurs confédérés par les Zuri-^ cois^ qui ne possédaient rien dans le Val d'Ossola, ri-^ vaux de tous en courage , modèle de tous en subordination militaire ^**^ ; celle-ci était autrefois le côté faible,. mais le Suisse ne trouve difficile aucune partie de l'art de la guerre , dès qu'il a un bon capitaine. Après avoir passé la Tosa, les diverses troupes allèrent simultanément attaquer les différentes tours, à l'abri desquelles, fière de leur solidité, la perfidie s'aband^n*^
>*' Cette seconde expédition des Confédérés dans le val d'Ossola eut Heo an printemps d^l4il* Têckadi **• Eiterlin leur donne cet éloge.
liait à l'audace du crime. Dans la haute contrée îdç Bommat^^^y les Lucernois minèrent une tour duCan^ y mirent le feu et firent en même temps jouer les cou* levrines^*^; avec un fracas soudain la tour s'écroula ^ et ensevelit sa garnison de cinquante hommes. Il en fut de même pour la tour Blanche^ de même pour la haute Truntana. Les soldats milanais, à la vue de cette guerre^ tournèrent le dos sans combi^tre. La ville et la forteresse de Domo furent conquises ; cette dernière fut rasée. Les Suisses ayant assouvi leur vengeance et rétabli leur domination \ il ne manqua de toutes leurs troupes que vingt hommes , du batailloa zuricois pafi un çeul, grâce à la discipline.
Le\luc Philippe Visconti, successeur de son frère Jean-Marie Anglo^ après avoir arraché Milan à Facino,. à force d'audace ^ homme d'un grand esprit , goûtait les délices d'un pouvoir illimité dans un riclie et magnifique pays ^ mais il ne laissa que dans un âge plus avancé à d'autres le soin et l'honneur de le défendre. On craignait que si les Allemands demeuraient dans les Alpes possesseurs tranquilles de Domo d'Ossola, ils ne profitassent volontiers et sans peine des complications de l'Italie et de ses troubles pour s^étendre dans la Lombardie. Afin de prévenir ce malheur, les Milanais^ trop faibles eux-mêmes, résolurent de vendre le Val d'Ossolà au comte Amé de Savoie ^^^. Le comte vit que
s^i Ou FcHrmaziÇk , nom Italien de ce village allemand tout entouré de voifiiDs italiens; il est situé sur la route d'Airolo (dans la LéTcntine) à Ponio d'Ossola.
'** Ici pour la première fois dans les guerres su!s$es » il est fait mention de la poudre à canon; je suis incertain si ce n'est pas une erreur des copistes.
^^^ Gaicheti<m,Sav, Amé VUI, ad a. i^ii.