‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 28 sur 173 · LIVRE !!• CHAP. VU, 2* P · texte numérisé non relu

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opérer une pacification : à la prière du comte de To-kenbourg^ ils obtinrent que l'Oberland porât les armes; de son côté le baron de Razûns devait rester étranger à la guerre de son' cousin ; Tévèque consentit enfin à une. médiation ^^*.

11 est difficile de dire si une confédération mérite plus de gloire lorsque ses armes réunies brisent la puissance de l'injustice, ou lorsque la crainte qu'elles inspirent préserve un peuple innocent des maux de la guerre* La politique humaine et bienveillante qui fonde et maintient ees institutions respectables sur une base solide devrait être Tétude la plus sérieuse de ceux: qui se vouent aux affaires publiques.

^ous venons de décrire la situation de k Rhétie à 1 origine de ses alliances perpétuelles. Les fiefs del'Empj'2^339 j^j|3 l'Italie rhétienne , les communautés de Poscfaiavo et de Bormio, la Yalteline, le château^ la ville et le territoire de Chia venue , enfin Pleurs étaient gouvernés par le premier duc de Milan ^^^} Mastino Yisconti^ son cousin, qui, fuyant devant ses fils, trouva long-temps àCoire un asile hospitalier, remit à Téyêque de Coire toutes ces seigneuries qu'il tenait de

hostiles à TAutriche an sujet de Hugues de Werdenberg. Ce fut leur grief contre le comte de Tokenbourg.

*>' Lettres à ce sujet dans Tschudi , Hii,

*^> A cause d^ cela on réserve dans la cA. n. 84i uniquement « jura » invicUssimi Imperatoris. »

*>** n établit en 1394 le marquis Jean -Jacques Malaspina comme premier capitaine du pays , et Pierre Posterla comme vicaire-général de la Valteline ; la vallée dut construire pour eux un palais et un cb&tean. Les faabitans de la Valteline se rendirent en bâte aux funérailles du duc avec la bannière du pays et les drapeaux ; 1402. Ordo funeris lo, GaUaiu,

Murât. XVi, 1021.

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Barnabe^ son père ^^^ : durant cent ans sa charte fut un titre sans valeur ^ jusqu'à ce qu'enfin les Rhétien^ se rendirent redoutables au duc **^.

Dans le tempiTdes progrés des Suisses^ de b formation de la ligue Cadée et du mouvement général des esprits en faveur des droits naturels de l'homme, environ six villages, auparavant s^ns nom commun, exaspérés par des préposés impitoyables , se réunirent en une république qui sortit bientôt victorieuse de Ten— ceinte des montagnes , conquit en cinq ans bon nombre de grandes bannières, cinq villes et soixante-quatre châteaux, porta la terreur de ses armes depuis Kibourg jusque dans les vallées de l'Adige, se maintint presque sans appui , et subsiste encore de nos jours : c'est le pays d'Appenzell.

Lorsque de Saint-Gall en Thurgovie * on remonte le sentier alpestre près de Vôgelinsegk , on découvre bientôt une multitude de belles montagnes vertes , riches en gras pâturages et séparées par des vallées profondes) là se voient de nos joursun nombre infini de cabanes et de maisons en quelques endroits rassemblées , le plus souvent semées pour ainsi dire dans les

**^ Ch. de Mastino, fils de Barnabe, Goii^e, 29 juin 140^ ; ap. Porta, HisU reform. RhœUf p. 176, seq. « Solenni manunm traditione; tîlulo proprietalis perpetuo, nuUo jare penitus reservato. » Le vaillant Diètegen, de Goire, surprit pour son compte, en IdOS, Ghiarenne, avec sept hommes seulement, et en cela il rendit incontestablement service à Févêque : mais il ne pat se soutenir contre Franchino Rusca , qui combattait pour les Visconti ; faute de provisions et de munitions , il fut obligé de rendre Ghiavenne. Guhr.

**' Les yaillans habitans d^ Poschiavo remirent à l'évéqoe leur beau pays, iÂOS. Lehmann, te9 Grisons ifirauhinéen) L i.

* Au temps oh MuUer écrivait ceci, lô pays de Saint-Gall et la Thurgovie ne formaient pas encore des cantons. G. M.

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prairies. Derrière ces contrées surgissait des murailles de rochers et des massifs des Alpes dont les cimes ne s'abaissent que devant les plus hautes montagnes de l'ancien monde : ici des rochers du Camor , là des Plateaux d'argent , elles s'élèvent, au-dessus même de la tète jamais encore découverte du Vieil-Homme, jusqu'au pic du Haut-Sentis, enseveli sous plusieurs toises de neige. Toutes les montagnes et les plaines vers lesquelles cette masse des Alpes slnctine insensiblement du côté du nord , tout le pays qui descend depuis le Tyrol et la Souabe jusqu'au Wurtemberg, et remonte vers tes États des Bernois s'étend devant lui et s'étale; au Sud l'œil découvre dans les airs quelques pointes solitaires. Les Alpes des Appenzellois sont isolées; lieaucoup de montagnes plus basses, qui renferment les sources de la Thour, où se trouve Sargans et où Montfort possédait diverses seigneuries , les séparent de l'Adula et des vallées de la Haute-Rhétîe.

Dés les temps les plus anciens, ces montagnes furent cultivées par des hommes libres et par leurs serfs, autant que Tindustrie humaine peut triompher de la nature ; ils desséchèrent des marécages et arrachèrent des forêts. Leur seigneur était le roi des Franks, par qui le cens de leurs terres et d'autres droits furent donnés à l'abbaye de Saint-Gall ^*^ ; les obligations envers l'Empire ^** et la justice criminelle demeurèrent à la courcMine ; les seigneurs dont les serfs avaient

*** L'époque n'est pps connue ; mais les plus anciens documens nous montrent Saint-Gall en possession de ces contrées ; il faut donc que i'afobaye tes ait reçues ou s*ea soi! emparée lorsqu'elles n'avaient point de madrés et qu'elles ne formaielit peut-être qu'un désert*

'** En bommes et en contributions i les réquisitions au sujet des pteitakirs étaient adressées à l'abbé.

défriché quelques parties de ce désert conservèrent aussi leurs droits. Le pouvoir était donc réparti à la manière de ces temps reculés : personne ne le possédait sans limites. Appenzell et Urnsesch occupent la partie supérieure des vallées au pied des Hautes-Alpes , et plus bas^ au seinxle montagnes moins âpres^ sont Tûffen et Hundwyl; ces quatre petits pays^^^ fournissaient des contributions à l'Empire et se concertaient pour leurs intérêts communs. La contrée de Gaîss ^^^ et du Speicher^ les hauteurs au-dessus du Rheinthal et celles qui dominent le terxitoire de Saint-<jrall portaient le nom de Sonderamt ; Herrmann de Bonstetten y établit des tribunaux ^^''i elles furent affranchies de tous juges étrangers par le roi Wenceslas ^^^. Enfin ^ dans les montagnes occidentales rapprochées du Tokenbourg^ où le bourg de Hérisau se présente avec grâce ^ audessus de la ville de Saint-Gall méme^ le fief du bailliage de Schwanberg et de la mairie de Hérisau ^^^ était dans les mains de Rodolphe de Roschach^ vassal de Saint-GalL L'Abbé Cuno de Stauffen réussit à racheter au profit

**^ Ils sont appelés « Laendli nnd Txler» petits pays et vaUées, dans le Traité <CaUiance, 1378 , imprimé dans la Chron, Appenz* de fVaUer. Saint-Gall, 1740.

•** Du mot rfaétlen « casa, » de même que le « casale » du moyenftge et notre « chaleL • Le mot primitif, comme tant d'antres, est commun à la langue rhétienne et à la langue latine. Gaiss se prononce dans le pays Gaess. -

**7 En 1345. Fœsij Géogr. t. m, p. 125.

»*» En 1381. PVaUer, h. a.

*^* On n*a pas encore pu éclaircir si Rosenbouig ou Rosenberg qui en était voisin, l'un et Tautre près de Hérisau^ était Je chfttean dont relevaient les gens du bailliage de Sehwanbeig , ni lequel des deux porta ce nom, ou si l'un ou l'autre l'a affectiveOMBt porté autrefois.

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