LIVRE II. CHAP. TII, 2^ P
de l'abbaye et ces biens de la maison de Roschach et les obligations envers l'Empire ^^ : la ^uveraineté de toute la contrée montagneuse fut réunie danç ses mains; quant au fondement du pouvoir souverain , lamour des sujets, il n'y pensa point. L'abbé Cuno vécut dans une époque favorable à la liberté; mais il refusait toute espèce d'égard au peuple; il était ri-* goureux; ses agens gouvernaient avec dureté. Le bailli du château de Scbwendi dans l'intérieur du pays soumit le lait^ le beurre et les fromages à im impôt extraordinaire ^ et il avait deux énormes chiens dressés à se jeter sur quiconque refusait le péage ^^^ ; Barnabe Yisconti en menait de semblables avec lui quand il traversait les rues de Milan. Le bailli d'Âppenzell était si impitoyable dans la perception des droits^ qu'à la mort d'un homme ^ non content du meilleur habit laissé en héritage ^^^ , il fit ouvrir la fosse et enlever le vêtement dont les pajuvres enfans avaient revêtu ieur père mort. Les contributions rachetées de l'Empire au profit de l'abbaye furent considérablement augmentées par l'abbé; les impots sur les terres devinrent insupportables ^^^.
L'habitant d'Appenzell^ .élevé dans l'air pur des
^'^ Les premiers en 1590. fValter, h. a. Les ch&teaux passèrent par suite de mariages dans la m%on des cheviiliers de Hagenwjl; voy, Leu , art Rosenberg. L*abbé racheta, en 1381 , les contribations dues à l'Empire , hypothèque du comte de Konigs^k. Nous avons vu précêdeimne&t Charles IV autoriser ce rachat,
'Si WaUer^ ad a. 1400; il ajoute qu'un paysan fut sévèrement pani , parce qu'il lâcha un chat au milieu des chiens et passa de cette manière sans payer.
*^' Selon quelques-uns le défunt nie possédait que ce seul habit.
*^^ Gela l'ésulté des izrtic^« soipUs' par Appencell aux villes; dans
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montagnes j d'une santé robuste ^ ordinairement grand, toujours fort, exercé dès sa jeunesse aux divers jeux des lutteurs , possède une âme libre : elle se montre en tout ; car il est lofai dans sa conduite , docile à l'affection , inflexible contre le pouvoir injuste , joyeux à la guerre 9 exempt de toute crainte; il trouve facilement ^ans chaque circonstance le bon parti à prendre, voit chaque chose et l'apprécie sous son véritable point de vue. Les événemens que nous avons racontés ci-dessus ayant dévoilé au pays le despotisme de Fabbé Guno, chaque père de famille, dans sa cabane, s'abandonnait à son ressentiment et à des pensées inquiètes; peu à peu, de courageux citoyens se rapprochèrent; ils laissèrent échapper mainte parole libre pour sonder les esprits de la multitude. Bientôt les communes furent convoquées ; là fit entendre sa voix quiconque ressentait les maux publics le plus profondémeht ; on cita l'exemple des Waldstett^n ; tous déclarèrent que TAppenzellois ne le cédait à aucun peuple en courage patriotique. Le langage de la liberté retentit surtout dans les quatre petits pays de l'Empire; Trogén , chef-lieu du Sonderamt , et Hérisau se joignirent à eux; le pays entier d*Appen»ll, ^où précédemment chaque commune vivait pour ellemême , forma secrètement , afin que les baillis ne s'aperçussent de rien , une ligue pour le maintien des coutumes nationales et contre 1 obus du souverain pouvoir. Dès qu'ils purent . ainsi compter les uns sur les autres, ils n'hésitèrent plus, fixèrent un jour, prirent les armes et se rendirent maîtres des châteaux; les baillis se hâtèrent de fuir.
L'abbaye de Saint-Gall, par suite de divisions, de guerres malheureux , de désordre et de négligence , s'était obérée depuis plus de cent vingt ans au point
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