‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 32 sur 173 · LIVRE II. CHAP. ni, 2^ F · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP. ni, 2^ F

arriva dans ces mêmes jours qu'à Wyl, cité toujours singulièrement fidèle à l'abbaye dans des circonstances bien diverses, l'augmentation des impôts et la violation des droits municipaux causèrent une émeute ; les sujets de l'abbaye à Bernhardszell ^'^^j à Wyttenbach ^'^'^ et à Waldkircb firent aussi éclater leur mécontentement au sujet de l'administration de l'abbé. Toute domi^ nation sans armée permanente repose sur la volonté du peuple : l'abbé Guno comprit cette vérité , se bâta de convoquer un grand conseil , et , comme si on lui avait adressé une requête , il accorda aux Saint-Gallois et aux Appenzellois quelques concessions qu'il ne pouvait légitimement leur refuser^''*. Il fit entendre qu'il ne fallait pas prendre quelques paroles dures au pied de la lettre , et permit que les conventuels ^''^ et ses vassaux ^^^ terminassent le différend avec Wyl à l'amiable

'^' Le patronage de l'église appartenait an patron de l'église de St-Mang dans la ville. 11 existe une convention entre lui et Bemhardszell^ 1593, qvi nous fait connaître les droits de la localité : il devait donner toutes les terres à bail pour une poule ; il héritait des vieux célibataires qui n'avaient point de maison; l'avoine ^'on lai donnait devait être préparée de iaçoD que lorsquW la versait inr un manteau , il ne s'y attachait point de balle , etc.

'^^ Là aussi Guno avait acheté la contribution impériale. fValfer, 1381.

S78 lyç conflrmer sans contradiction les achats légitimes; d'accorder l'exemption , autrefois en usage , du droit d'écart, etc. Haltmeyer, 1A02; fVaUer, 1401 , ce qui paraît plus exact; Stumpf, 1. v.

*'* Conciliation avec fVyl, 1401; l'abbé retirera la contribution ancienne, non celle qui a été portée à 100 livres; il n'arrêtera* personne dans la miùson d'un bourgeois; il ne citera devant les tribunaux, dans leurs procès, personne qui ne soit de la ville ; il leur laissera le pouvoir ordinaire sur les fossés de la ville, etc.

380 Prononcé d^ItiU Herrmann de Landenberg à Greiffèneée , chevalier , de Rod. de Hosenberg à Zukenried , de Rod. de Breitenlandenberg et de Rod. de Fridingen , sous le sorarbitre Albert Blaarer, évéque de Constance.

et selon le droit. Dés qu'il Tit sa position meilleure^ il refusa formellement de donner la moindre explication au sujet des principaux griefs des Âppenzellois. Ceuxci^ réQéchissant que l'abbé paraissait ne pas vouloir la paix et que pourtant il ne rassemblait pas de forces pour une guerre^ craignirent^ non sans raison , que Fabbé n'attendit des secours puissans des chevaliers et des villes y pu de la maison d'Autriche, Pour les prévenir çt pow l'obliger sur-le-champ à se prononcer, les montagnards prirent les armes ^ requirent la ville , puis écrivirent à l'abbé dans ces termes : « Seigneur » abbé de Saint-Gall > puisque vous ne voulez ni faire » droit ni l'accepter, et que vous refusez toute ga— >y rantie à nos confédérés ^^^> nous> le bourgmestre^ les. J!) conseils , et la <îommunauté de la ville , partagerons » avec nos con£édérçs paix et guerre. » L'abbé savait que ses amis ne pouvaient pas encore le secourir, à cause de leurs propres embarras ; il avait des motifs de croire que ses adversaires étaient résolus à terminer ces différends par un coup prompt et décisif; il jugea utile de ne pas demeurer trop rapproç]:xé d'eux. Il se disposa donc à partir :Cuno deStauffen, prince-abbé deSaint- Gall , la congrégation entière et tous les frères abandonnèrent le couvent et s'établirent à Wyl; un seul moine reçut Tordre de rester à l'abbaye ; le chœur fut fermé , le culte cessa ^^^^

'^^ Qn voit que cela concerne des mesures prises par les baillis à cause des derniers troubles, au méprb de Tamnistie»

'*^ Têchadi raconte ce lait à l'an 1404, mais il rapporte, ainsi que d'autres , que le service divin demeura suspendu pendant sept ans ; on sait , et lui-même raconte , que l'abbé revint dans le couvent en 1407 ; je n'ose décider si les sept années datent de ce temps ou de son second éloigoement. Quelques-uns rapportent par erreur qu'à cette époque Guno fit

Page 1