LIVRE II. GHAP. VII, 2f P
cédés ; dès ce jour les cœurs des Appenzellois se détachèrent des villes impériales.
Quand un homme qui se propose un grand but perd l'appui sur lequel il comptait , il ne désespère pas tant qu'il se demeure à lui-même, il poursuit son chemin et trouve des amis aussitôt que sa vertu éclate* Lorsque dans la montagne on acquit la conviction qu'il n'y avait rien à espérer, même de la ville de Saint^Gall qui venait de s'unir avec l'abbé, toutes les Rhodes ^**^ sous leurs chefs, toutes les communes et les contrées qui leur étaient associées ^^^ , réunies en présence du landammann dans le village d'Âppenzell , jurèrent « de » partager ensemble joie et douleur pour la cause de » la liberté , et de sacrifier sans crainte corps et biens » les uns pour les autres. »
Ils députèrent vers sept cantons ^^^ des Suisses afin d'obtenir leur alliance ; trop tôt sans doute : la gloire qu'ils acquirent dans la suite ne les recommandait pas encore. Il arriva ce qui leur était le plus avantageux, ce fut d'obtenir assez pour ne pas perdre courage
**• Appenzell est encore divisé en Rodes ou Rhodes; «ne troupe qui pi^enait les armcss s'appelait proprement Rolte (rotite, rupta); le changement du t en d est fréquent, ^ious écrivons toujours Rhodes , de même qu' Appenzell, au lieu d'abbencell (al^atis cella); nous suivons Torthographe exacte, lorsqu'elle ae s'éloigne pas trop de l'usage reçu.
*** Le Sonderamt et le bailliage de Schwanberg. Le commencement de cette Charte j du« novembre 1A02, est dans fVatser, qui aurait dû Tinsérer tout entière. £n examinant la chose de près , on trouvera sans doute la cause de cette suppression dans une politique de chroniqueur.
>*^ Quand les sept cantons sont nommés sans le huitième, cela veut dire que Berne n'a pris aucune part ïx la chose. Il arrivait souvent que Berne , à cause de son éloignement , n'avait aucun intérêt aux affaires des sept Cantons ; = et ne s'intéressait plus autant à la liberté des campagnes , d^uis qu'elle avait des sujets. D^ L. H,
€t trop peu pour compter sur d'autres et se négliger eux-mêmes ; cinq cantons^ qui ne les connaissaient pas encore ou se trouvaient placés trop loin d'eux et disposés à s'en rapporter aux lettres de l'abbé , refusèrent. Schwyz, qui aurait voulu faire participer l'Europe entière au bonheur de la liberté, n'examina pas longtemps , leur accorda la combourgeoisie et leur envoya AVerner Amsel et Pierre Lôri pour les gouverner, celuî-^ci à titre de capitaine, celui-là comme landammann^^^; car on ne voulait plus de l'administration des baillis abbatiaux, et les principaux citoyens du pays évitèrent de donner à leur amour de la liberté les apparences de l'ambition, ou bien l'on craignit que l'élection de deux d'entr'eux , à l'exclusion des autres , ne donnât lieu à un mécontentement et à des divisions. Glaris fit proclamer « que tous les braves, amis de la » liberté , étaient autorisés à secourir les Appenzellois, » s'ils le voulaient ^^^; » deux cents prirent les armes
et marchèrent»
'8^ fValser domae à Pierre Lôri le nom de Lôri Lopach^r, mais a paraît le Confondre avec Conrad Lopaclier, qui commanda dans la bataille du Speicher les troupes de Schwyz. Il se pourrait du reste qO" y eût un malentendu dans ce que nous racontons d'après Tsciuidi et fValser. En 1402, Jean Injjer Schwendi était landammann ; s'il s*éloigna lors du changement de constitution , comment se fait-il que , dans la bataille qui suivit , Pîerre Lôri ne soit pas nommé> et que. Jacques HartsCh commandât la milice? Peut-être était-il mort? Les détails de ces histoires sont incomplets , parce que les faits dont les chartes ne parlent pas ont été long- temps conservés par la tradition, et dans les commen6emeDS consignés trop brièvement par des hommes qui n'avaient pas le véritable sentiment de Thistoire. Albert M aller , chevalier , avoyer de Zurich » continuateur de la chronique de famille commencée par Eberhard, fut probablement le premier historien de ces événemens, et un historienne îhérite ; Tschudi a fait usage de ses écrits.
*»* Glaris , d*après son traité d'alliance , ne pouvait pas prendre un