‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 36 sur 173 · LIVRE H. CHAP. VU,, 2* P · texte numérisé non relu

LIVRE H. CHAP. VU,, 2* P

Cependant l'abbé fit un appel aux villes impériales pour qu'elles le soutinssent contre le peuple rebelle des montagnes. Les villes envoyèrent vers les Appenzellois le chevalier George d'Ems avec des propositions amiables. Les Appenzellois répondirent : « Une oppression répé- » tée et votre partialité nous ont engagés à nous unir -» avec Schwyz par un traité de combourgeoisie ; nous » y demeurerons fidèles et nous offrons l'arbitrage des » Confédérés. » George d'Ems dit : « On saura vous )) réduire à l'obéissance, et au plus tôt. » Les autres répliquèrent : « Notre cause est bonne ; Dieu est avec les » gens loyaux. » Le sire d'Ems leur tourna le dos ^Bt piqua des deux. On fit encore de nouvelles sommations.

Ainsi, quatre-vingt-huit ans après que les Suisses eurent livré près de Morgarten le premier combat pour la liberté, l'an 1 403 de l'ère chrétienne, au commencement du mois de mai, leshabitans de Constance, d'Ueberlingen, de Ravensbourg, de Wangen, de Buchhorn et de Lindau résolurent de ramener cette paysannerie sous l'obéissance de l'abbé Cuno , se mirent en marche avec l'élite de leurs troupes, et vinrent dans la ville de Saint-GalL Sous les bourgmestres Conrad de Watt et Walther Schûrpf, la bannière de cette ville fut aussi arborée contre Appenzell; toutes les contrées dépendantes de l'abbaye envoyèrent leur milice. Les sentinelles postées sur les hauteurs des Appenzellois virent approcher les bannières, la cavalerie et la multitude des fantassins ; elles donnèrent le signah Le tocsin sonna pour la première fois depuis qu' Appensell existait , appelant la mi*

nouvel engagement formel » sans le consentement de la majorité des antres C an tofis. *

lice du pays à la défense de la liberté. Après que les vieillardsc trop faibles pour les armes eurent béni leurs fils^ et que chacun,^ libéral de sa vie, eut affermi son cœur pour dire un mâle adieu à s^ femme et à ses enfans, deux mille hommes environ^ sortis de tous les villages; se réunirent en troupe sous le capitaine Jacques Hartsch, et volèrent sur la hauteur de Vôgelinsegk, prés du village de Speicher. De cette frontière du pays on descend du côté de Saint-Gallj le chemin^ quoique pierreux n'est pas trop abrufie; dans un endroit il y a un enfoncement; à cette époque on voyait des deux côtés d'épaisses forêts ; vers l'extrémité sont des collines moins sévères j la ville même est située sur la petite rivière de la Steinach , entre les collines , dans la plaine que traversent d'un côté la Sitter, de l'autre la Goldach* Le 1 4 mai , l'armée de l'abbé passa la nuit dans le couvent et dans les maisons bourgeoises au sein des jouissances d'un bon accueil. Mais les Âppenzellois considérant la situation critique de la patrie , et songeant que leur destinée et celle de leurs enfans allait dépendre d'ua événement dont le lendemain au soir ils auraient à se réjouir ou à s'affliger , réparèrent leurs forces par la nourriture prise avec eux, dormirent peu, et s'emparèrent des meilleures positions. L'ennemi ne s'était pas attendu à tant d'habileté.

L'aurore se leva; la cavalerie sortit de la ville > l'infanterie suivit; en tout cinq mille hommes, sur une longue file, ainsi que l'exigeait la contrée; passant le Linsenbûhel , ils montèrent le chemin creux du côté de Vôgelinsegk. Le bois était occupé par deux cents Glaronnais et trois cents liommes de Schwyz. Leurs ennemis, ne soupçonnant aucun stratag^n^e, parvinrent sans résistance jusqu'à l'entrée supérieure du chemin

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