LIVRE II. CHAP. VU, 2* P. i
creuK. Quatre-vingts Âppenzellois^ qu*iU prirent pour un poste avancé (les autres, cachés par les collines, attendaient le moment favorable ) , ne les laissèrent pas atteindre la hauteur, mais les attaquèrent à Timproviste avec leurs frondes, et tombèrent si rapidement sur les rangs, que la cavalerie ne put ni les envelopper ni les terrasser. Au même instant une manoeuvre semblable fut exécutée contre les derniers rangs et, une partie de l'infanterie ^^"^ par les Schwyzois et les Glaronuais, postés avantageusement des deux côtés du chemin creux. La cavalerie, estimant sa position plus nuisible que Tennemi ne lui paraissait redoutable, fit dea efforts inouis pour sortir du chemin. Soudain parut tout Àppenzell , débouchant de derrière les plus hautes collines , superbe troupe dont la nature du sol empêchait de mesurer le nombre j la joie et l'audace se peigna.ient sur tous les visages de ces pâtres aux membres forts et à la taille élevée , exercés chaque jour , dès leur jeunesse^ à la fronde rapide et aux coups vigoureux dafits des divertissemens et contre les bêtes sauvages. Voyaiit tout d'un coup, contre son attenté, les Appenzellois maîtres des hauteurs «t trop courageux pour qu'il parût possible de les en débu^quw, s'îipercevant en outre que les lieuic l'empêchaient d^ déployer ses forces, «même dans un combat inégal, la cavalerie reconnut la tactique suisse ^^^, et se repentit trop tard d'avoir méprisé l'ennemi. Elle résolut cependant d'at-
i9h ^ juger parle nombre des morts et par la naliire de la contrée , la plus grande partie n'en vint pas aux mains. '
"^ Par là nous n'entendons point enlever aux Appenzellois la gloire de ce jour , pour l'attribuer aux auxiliaires suisses ; nos paroles signifient qu'Us sjirent profiter de ce sol , comme les Suisses oot su tirer parti du leur dans d'autres batailles.