IV
9g HISTOIRE DE LA SUISSE.
tirer la bataille dans la plaine au-delà de l'entrée du chemin creux; car elle espérait que si les Appenzellois , rompant leurs rangs serrés , la poursuivaient à travers les gorges étï*oites, elle-même pourrait, avant que ces soldats inexpérimentés ne parvinssent à rétablir leur ordre de bataille , décider l'affaire à son avantage sur un terrain où toute la multitude combattrait. Les cavaliers crièrent donc aux leurs : « En arrière , en arrière ! » Les plus proxîbes reculèrent, les cavaliers suivirent avec impétuosité ; en même temps , des hauteurs et des deux côtés, Appenzell , Schwyz et Claris se jetèrent sur l'ennemi avec de grands cris et une ardeur formidable. Au milieu de ce tumulte l'ordre fut mal compris. Dans les derniers bataillons, les yeux devinrent les interprètes des oreilles abasourdies; voyant fuir , ils s'imaginèrent que-toute la tète de la colonne avait succombé et que, par la mort des chefs , la bataille était perdue ; an lieu de « en arrière , » ils crurent entendre un exhortation à fuir^^ tournèrent le dos et se" précipitèrent en désordre, sans s'arrêter, saisis de terreur, vers la ville de Saint-Gall. Schwyz et Claris se hâtèrent d'occuper le lieu où cette colonne avait été rompue ; la moitié supérieure de la colonne eût été totalement anéantie par eux et par les Appenzellois , si leur nombre trop restreint leur eût permis de tirer parti de la contrée „ comme ils le voulaient, pour enfermer l'ennemi. Lorsque les cavaliers virent la déroute de la partie inférieure ils renoncèrent avec raison au combat , songeant à leur propre salut , afin que la perte ne fût pas
M« <ie malenlendu pouvait d'autant plus facilement avoir lieu , que le mot ■ Zurûck, » en arrière, se prononçait • Zruk, . ce qui permettait de le confondre avec «Flucht,» fuite.