‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 4 sur 173 · LIVRE H. CUAP. VIL, 2^ P · texte numérisé non relu

LIVRE H. CUAP. VIL, 2^ P

après la chute de presque tous les anciens-princes du territoire helvétique, ce seigneur conserva sai domination ; le peuple, le rare bonheur de jouir de la li^rté, sans abus et sans péril; TÉtat entier, un équilibre digne d'envie, également à l'abri des inconvéniens de la monarchie et de la république.

Après que le comte Conrad eut été forcé de respec-» ter les droits de son pays ^*, il continua de vouloir se soustraire à ses devoirs féodaux et fit un pèlerinage en Terre-Sainte, Le prince d'Orange passa le Jura. Non loin de la ville de Neuchâtel , les conseillers et les jurés ^^ vinrent le trouver, et, après avoir reçu la confirmation de toutes leurs libertés ^^, ils lui rendirent hommage comme au « souverain seigneur du fief, » relevant de l'Empire romain, promirent d'empêcher

** On a aussi de 1406 un traité de comboui^eoîsie de Walther de Colombier avec Berne, dans lequel les comtes de Neuch&tel et de Valangin sont réservés.

*' VInvenlaire des litres de la maison de ChàUms en Suisse nomme la • ville de Danset » au-dessus de Neuchâtel , comme le lieu où cela se passa ; ce nom m'est inconnu ; peut-être est-il défiguré.

*^ On nomme comme auteurs de ces franchises Henri , Berthold»^ Rodolphe, Louis, Isabelle et Conrad. Les quatre derniers sont faciles à reconnaître dans les listes des comtes qu'on possède. 11 y a quatre BerUiold : après 1182, Bertbold, souche des premiers seigneurs de Valangin, qui s'éteignirent avec son arrière-petit fils en 1286; Bertbold qui mourut en 1225, mais dont le frère, Ulrich, fut seigneur de Neuchâtel; le troisième mourut en 1240, le quatrième en 1260; l'un d'eux peut avoir accordé des franchises* Deux comtes Henri, seigneurs de Thielle , parent favoriser la ville à l'égard des péages ; mais la difficulté vient de ce que Henri est nommé avant Bertbold, tandis que le premier des deux seigneurs de Thielle était fils du dernier Bertbold. Il faut donc sans doute encore chercher dans les chartes celui qui accorda les franchises ; on bien les copistes ont-ils écrit Heinrich (Henri), au lieu dUlrich? Il serait bizarre qu'Ulrich, auteur du droit municipal de Neuchâtel, ne fût pas nommé*

qu'on portât atteinte à ses droits ^ et s'engagèrent à le reconnaître pour leur seigneur, si la famille régnante venait à s'éteindre ^'^. Ensuite le prince mit la main sur la seigneurie^*. Cela détermina le comte, immédiatement après son retour, à se rendre à Nozeroy, pour remplir ses devoirs de vassal. Le prince d'Orange, entouré des plus grands barons de la Haute-Bourgogne ^^, permit enfin que le comte lui remît le bâton et le reçût de lui^^, en signe de soumission et d'investiture. Dès que Conrad gouverna d'après les lois , tout lui réussit. On remplit à son égard aussi les obligations féodales. Le comte Guillaume lui prêta foi et hommage ^^ pour Vàlangin ^, le Val-de-Ruz, le Locle et la Sagne^ pour le marché de Valangin, l'exemption en

*^ c'est pour ce fief qu'ils se soumeltent « à la cour des auditeurs de » notre très-saint Père le Pape, à l'Empereur, à la cour du petit scel de » Montpellier, cour du comté de Bourgogne, et aux officianx des cours

> de Lorraine, de Besançon, etc. • Ck, 13 août 1&06.

'* « Main mise à la Comté et Baronie par défaut de dénombre-

> ment, etc. »

*• « De la Roche, Vergy, de Rnppes (Rupt?), Ghayerî (sans doute » Vaucher de Ghanviré), Jean de Longeville (pas Longnevîlle), Vil?a- • fans. »

^ « Par le bail d'un baston que nous avons de notre main baillé » à la main dndit monsieur de Chftlons , lequel baston enfin receu , etc. » Ck. Nozeroy, 1407,

^ Gomme son père, Jean, an comte Louis de Nench&tel.

^ Le chftteau de Valangin était annexé à Vercelz. Le comte Louis obtint VerceU de son beau-frère le comte Henri de Montbéliard, en échange contre le fief de Roche; il acquit par là la suzeraineté sur le château de Valangin, auparavant exercée par Montbéliard, comme nous l'avons vu. Voy. le prononcé dans le procès du comte GuiHaume contre le comte Jean, fil» de Conrad, i^^à» Les «Rayes du Joux > dépendaient déjà du comté et avaient été confiées par Neuchfttel à la branche d'Arberg. Reconnaissance du comte Jean, ISOS. Ce qui fut acquis par échange est présenté dans cette Ck, 1409, comme une « accroissance «duditfyez» (fief).

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