‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 5 sur 173 · LIVRE M. CHAP. VU, 2* P · texte numérisé non relu

LIVRE M. CHAP. VU, 2* P

faveur de ses gens du péage sur les; denrées de pre* mière nécessité^^^ la justice criminelle au Val-de-Ruz^^^ et le plaid général où comparaissaient les hommes libres de TElmpire^^ dans cette partie du^ Jura. Les Ber^ Dois Taidèrent à défendre son autorité légitime contre les Neuchâtelois. Walther^ sire de Rochefort, bâtard du comte Louis ^^^ oncle maternel du comte Conrad, était châtelain de Gerlier au pied du Jolimont; cette seigneurie^ douaire de la comtesse Isabelle, appartenait au comte de Savoie par droit d'achat; la comtesse d'ailleurs la lui avait assurée [)ar son testament^''; mais le prince d'Orange l'acquit par un traité ^^. Walter et Jacob Léchet chanoine de Neuchâtel , tous deux conseillers de Conrad , poussés par le mécontentement.

** Le péage d'exportation se percevait au Locle pour lé comte Conrad. Sa Ch, 1^09, dans Schapflin, Hist. Zaring, Bad. t VL

^^ « Les fourches du val de RuI. • Hommage de GuiUaume^ i^ii» Hfid,

'^ c Les rayes des Joux. » Ch, 1409. « Les rayes de val de Rul, • l^ii.

'* Il y avait un antre b&tard de Neuch&tel, le 'sire Gérard, fils du prince Jean qui mourut avant le Comte Louis, son père. Ce Gérard, seigneur de Travers, acquit, par la comtesse Isabetre, la seigneurie de Vauxmarcus. Son fils Jean ajouta, en 1458, à ces domaines la seigneurie de Goiigier, que Jaques d'Estavayer lui vendit. La branche aînée de cette maison se perdit dans celle des sires de Bonstetten par le mariage de la demoiselle Anne ; la branche cadette s'éteignît entièrement par la mort de Jaques François, en 1678, et par celle de sa nièce Charlotte, arrivée en 1718 , et doQt les filles ne laissèrent point d^enfans.

>' L'achat se fit en 1876^ A, L, de Wattewyl, Msc. Quant à son testament, à la vaipe prétention des comtes de Thierstein et de Kibourg, ainsi qu'au traité conclu à Pont d'Aisne et favorable à la Savoie , voy. Gaiehetum, Sav, vie d'Ame VIII, en 1405.

» VInventaire des titres etc. mentionne le premier receveur du prince de Ch&lons à Cerlier en 4401, c'est-à-dire dans le temps où s'éleva entre Ghâlons et la Savoie , au sujet du comté de Genève , le différend que je raconterai plus bas. La dale du traité ne m'est pu encore cmmiie ; ils s'iurangèreitt en 1424.

par l'ambition ou par l'espoir d'une grande récompense , attirèrent diez eux un étudiant et lui firent écrire une charte par laquelle le feu comte Louis affranchissait entièrement la ville de Neuchâtel, et statuait qu'elle retournerait au suzerain dans le cas où un de ses successeurs exig«[*ait plus que l'obéissance volontaire^^. Peu après, une oontestation s'étant élevée entre le seigneur et le peuple , les deux faussaires se présentèrent devant le conseil de la bourgeoisie , et déclarèrent « qu'ils se croyaient obligés de produire un )) témoignage en faveur de la liberté opprimée ; que la » divine Providence avait fait tomber dans leurs mains » une charte qui mettrait fin à l'injuste domination; » qu'ils remettaient à la ville de Neuchâtel ce docu- » ment, terme de toutes les prétentions, charte de sa » liberté, son joyau. » Une ivresse triomphante remplit la ville de Neuchâtel ; tout le peuple fêta ce jour , le dernier jour de sa sujétion. Le comte, dans le plus grand embarras , pria sur-le-champ les Bernois de lui envoyer du secours. Il vint une grande députation de Berne, de Fribourg, de Soleure et deBienne^^. Les

^ n est remarquable que le comte Louis donna réellement à la ville de Neuchâtel , en 1345, des « Lettres de ft'anchises. » Inventaire dep ùire$ de CkâUms, Cet acte fut altéré, mais non supposé ; c'était plus facile, si l'on conservait le souvenir d'un tel document. Peut-être les faussaires trouvèrent-Us l'occasion de profiter de l'un des deux exemplaires, qu'ils anéantirent ensuite ; l'autre, celui du comte, fut peut-être enlevé par le prince en iA06. Toute cette affaire n'est pas encore suffisamment éclaircie. Il serait à désirer que Ton publiât tel qu'il est l'acte de i345 qui existe encore, et que l'on recherchât dans les archives de Neuchâtel si le double manque réellement. Ces chartes.de la maison de Ghâlons se trouvaient dans les archives du parlement de Dôle.

*^ Il est à remarquer que le comte était uni avec Soleure et Moirat par des droits de combouigeoisie réservés dans son traité avec Berne de IdO^;

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Neuchàtelois se bornèrent à produire la charte d'affranchissement. Un des députés examina ce document remarquable avec une attention particulière, et s'aperçut que le sceau du comte était moins grand et moins bien formé qu'à l'ordinaire ^^ ; cela éveilla ses soupçons ; il observa en outre que le parchemin lui salissait les doigts. Ayant réfléchi pendant la nuit à ces particularités et à quelques autres , il demanda le lendemain qu'on lui permit de faire une incision dans la charte. À ce moment chacun vit que le parchemin ^ extérieurement noirci à la fumée ou par quelque autre artifice, était intérieurement neuf et tout blanc. Les deux faussaires , enivrés par les louanges du peuple et rêvant déjà une récompense, furent saisis; dans leur efiroi, ils avouèrent tout; le châtelain fut décapité ^^; le chanoine, dégradé de sa dignité ecclésiastique et noyé dans le lac^^. Le comte Conrad gouverna conformément aux droits ; le peuple j[*emplit ses devoirs légaux ; les marchands étrangers commercèrent en sûreté ; on fixa le tarif des péages ^*.

maïs ils n'étaient pas conclus à perpétaité; vov. L'Acte de eombourgeoisie entre le eomie Rodolphe eiSoleure^ i458.

'* C'était, dit-on» une mauvaise empreinte d'un sceau pris dans un autre acte; mais il est singulier que, l'acte ayant réellement existé d'après n. 29, on ait Cait une empreinte de son sceau, au lieu de se servir du sceau même. Aurait-on supposé une antre charte ^térieure de quelques années ?

*^ Ses affaires étaient dans un tel désordre, qu'on cherchait à se tirer d'affaire au moyen du brigandage. C'est aussi [Hiur cela qne Rochefort, Roussiilon et Cbatellard furent détruits. Ses fils étant parvenus à l'adolescence, la mère leur montra la chemise -sanglante de leur père. Us mirent le feu à la ville de Neuch&tel, et s'enfuirent dans la Guyenne , où ils doivent s'être propagés. Chronique dePieuehdielf Sinner, Voyage, t. T.

" Têchadi, l&iS, sob 1406.

3* Tarif de péage entre Morai ef Neuehâtel, près du pont de la Thielle.

Quelques années après que la branche aînée de l'il* lustre maison de Neuchatel se fut éteinte dans la personne de la comtesse Isabelle^ un malheur singulier ravit en une heure aux barons de Grandson le château de leurs ancêtres^ auquel ils doivent leur nom, et toutes leurs seigneuries en deçà du Jura. Prés du lac de Neuchatel se voient, sur la rive occidentale Grandson, sur la rive orientale Estavayer, manoirs de barons trèsanciens, puissans et riches. Le sire Otton de Grandson^ chevalier plein de courage, éprouvé dans un grand nombre de guerres des rois de France, des -rois d'Angleterre, des ducs de Bourgogne et des comtes de Savoie, célèbre aussi par la mélodie et l'élévation de ses chants ^^, s'éprit d'un fatal amour pour Catherine de Belp, épouse du sire Gérard d'Estavayer, et satisfit sa passion avec ou sans le consentement de cette dame. Gérard le sut. Cependant il ne voulut ni révéler la honte de sa maison, ni répudier sa femme, héritière de Belp ; il se tut et nourrit son ressentiment dans son cœur. Peu après, Amé VII, comte de Savoie, âgé de trente-un ans, mourut à la chasse d'une mort subite et suspecte. Aussitôt, comme il arrive toujours à la mort inopinée d'un prince, le bruit se répandit à la cour et parmi le peuple qu'il avait été empoisonné. On attribue communément un tel forfait à ceux à qui

Neuch. 4 mai, 1599^ dans T»chudi^ mais souvent inintelligible, parce qne le vieux langage a été défiguré par les copistes. Les marchandises sont, pour la plupart, indigènes. Il y est parlé de lits de plumes (près de 300 ans avant qu'ils fussent connus en Russie). Dans V ancien tarifée péage, un juif paie autant qu'un ftne, la moitié de ce que paie un mnlel.

'^ Le premier Marqae» de SantilUna ( 1458 ) dans ton écrit adressé au connétable de Portugal sur la poésie espagnole primitiTe. Schubert, Bibtiotheca, t. L

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