LIVRE II. ÇHAP, Yll, 2* P
frage ^^^, parce qu'à Forigiae de cette organisatioii leurs aieux fièrent les premiers qui chassèrent un bailli. Les ÂppenzeUois firent des incursions aur tout le territoire dépendant de l'abbaye avec un bonheur qui enfla le courage du peuple et répandit la terreur parmi les ennemis , moyen le plus infaillible d'obtenir une paix équitable ; ils voulaient que l'on fût contraint de respecter, Âppenzell. Ces troubles si nuisibles au commerce engagèrent les villes à solliciter l'abbé de conclure un traité. Dans les vingt-quatre années de son autorité abbatiale , il avait toujours moins compté sur la sagesse gouvernementale et sur l'alliance des villes que sur le pouvoir de l'Autriche ; la noblesse thurgovienne l'affermit dans ces sentimens ; enfin il reçut la nouvelle positive que le. comte Jean de Lupfen et le comte Herrmann de Sulz , baillis des domaines héréditaires voisins^ bien accrédités auprès du duc Frédéric , étaient mieux disposés qu'auparavant à soutenir sa demande à la cour d'Inspruck. Dès cet instant, Cuno se montra sourd à toutes les propositions d'accommo^ dément, il parla outrageusement d'Âppenzell, et des villes avec peu d'estime. Les villes suisses *^* déterminèrent d'autant plus facilement celles-ci à se détacher de l'abbé , et Appenzell à se réconcilier avec elles. La paix fut conclue sans art , par le simple rétablissement de la marche naturelle des choses *^^ ; la cité de Wyl,
*•• Dans les Rhodes intérieures, vu que la république est divisée depuis deux «ëcles en Rhodes intérieures et Rhodes extérieures.
**^ Berne envoya Jean de Muhleren et Pétermann Rieder; Soleure, Jacqaes Oby ; Lucerne , Rod. de Rot ; pour Zijuriob , yoy. n. 405.
**^ Traité de paix des vUles, S. George 1404 (Tsckudi), conqlu par le bourgmestre StrÔhlin d*Ulm , Walther Paulus , bourgmestre de Biberach, Uenri Meyss et Jacques Gleotner^ de Zurich, l'un bourgmestre, l'autre conseiller.
dépendante de l'abbaye, obtint d'être comprise dans cette paix ; quatre arbitres devaient juger les différends qui naîtraient à l'avenir , et Schwyz garantit qu' Appenzell se soumettrait à toutes les sentences équitables ^*^^. L'abbé, irrité à l'excès, suspendit une seconde fois le culte divin pour se retirer à Wyl*^''.
Les Appenzellois regardèrent comme le parti le plus sage de continuer sans relâche les hostilités par lesquelles ils ïùi avaient aliéné les villes, afin de le priver aussi de la noblesse. Pour mettre celle-ci nors d'état de porter plus long-temps les armes, ils se servirent d'un moyen digne de leurs sentimens. Ils accordèrent aux serfs des seigneurs du voisinage la liberté qu'ils chérissaient eux-mêmes par-dessus tout. Par là , ils fortifièrent leur ligue d'autant plus que, loin des'appror prier les droits seigneuriaux , ils firent part à leurs amis de la complète égalité dont ils suivaient euxmêmes la loi.' Tous les vassaux de Tabbaye de Saint- Gall, tenus aussi en partie à des devoirs envers les ducs, la noblesse de Thurgovie et l'abbé Cuno représentèrent avec d'autant plus d'ardeur à Frédéric « qu'Appenzell devenait une seconde Suisse, rendue )^ même plus audacieuse par l'ambitiolii de surpasser la h première; qu'il n'était pas difficile d'arrêter ce faible 7) commencement; mais que ses progrès, si la contrée « obtenait l'admission dans la Confédération suisse , » $eraient la ruine de la noblesse dans tout le. haut » pays; que le duc, chef delà noble chevalerie, ne de-i
Cette dernîèrê cFause ne se trouve pas dans l'extrait que fVàlser donne de la charte. Politique de chroniqueur î
*•' Les sept années pendant lesquelles ïl n'y eut point de service dîvîn furent peut-être interrompues ^ar la bonne intelligence de Saint-GaU, Qiais €jfi\ fut de courte durée.