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)f vait pas permettre que la. perte de celle-ci préparât » la ruine du souverain pouvoir.' » Frédéric déclara qu'il ordonnerait prochainement une expédition pour briser l'orgueil des Appenzellois.
Tandis que l'abbé Cuno, déjà triomphant par la certitude de la victoire, et tous les gentilshommes thurgoviens, impatiens d'une vengeance long-temps désirée, répandaient cette nouvelle en l'exagérant, le comte Rodolphe de Werdenberg, de la bannière noire, vint dans le pays d'Appenzell. La landsgemeinde s'étant assemblée à sa demande , il lui adressa le discours suivant : « Vous n'ignorez pas , hommes courageux et )j loyaux, qui je suis, moi qui vous parle, né de » Montfort , famille dont la noblesse et l'ancienneté ne » le cèdent à aucune autre. Mais qu'y a-t-il de noble, » sinon de jouir de la liberté et de savoir la défendre? » Le malheur dès temps précédens a fait naître une » différence parmi les hommes; vos vaillantes mains » réparent ce que le cours des choses a détérioré : ainsi » les hommes rentrent dans leura droits naturels, et les » braves sont frères comme vous et moi. Là, par-delà >> ces rochers, est Werdenberg, l'héritage de mes pères ; >j Jà, dans la vallée, au pied de ces collines , dans le » Rheinthal , vous le savez , mes ancêtres , ensuite mon w père et moi-même avons exercé le pouvoir souverain. >) Tout a été enlevé à moi et à mon frère par l'insatiable » ambition des ducs d'Autriche , récompense de servi- » ces rendus pendant une trop longue suite d'années! » Mais faut-il chercher la reconnaissance chez les prin- » ces et la justice là où le despotisme règne seul? Je » connais les ducs, protecteurs de la noblesse. Celui )) qui se bat aveuglément pour eux , qui se tait dans les )) dictes, et n'estime rien au-dessus de leur service.
106 HISTOIRB DE LA SUISSJ^.
obtient d'eux l'honneur d'être leur serviteur ; quant à la véritable ancienne noblesse, qui aime la liberté autant qu'ils aiment le pouvoir^ ils la détestent ; ils veulent que nos châteaux soient des repaires de bri- gands y et par amour de l'ordre , ils s'en emparent et les gardent pour eux. Aussi presque personne n'oset-il réclamer auprès d'une autorité contre laquelle personne ne peut rien. Demandez à vos voisins, sujets de l'Autriche ; ont-ils un meilleur sort ? scMnt-ils coatens ? Il est parvenu à ipes oreilles que le duc rassemble ses forces dans le Tyrol pour vous combattre. Hommes courageux et loyaux, mes frères, les opprimés doivent faire cause commune ; cela esit juste de*vant Dieu et devant les hommes. Fiez-^vous à moi; Montfort n'a jamais manqué à sa parole. Permettezmoi d'être comme l'un de vous, un homme libre d'AppjBuzell. Quelque connaissance de la tactique de i'ennemi, la bravoure de mes aïeux, mon épée et mon sang sont à vous; c'est tout ce que l'injuste pouvoir m*a laissé ; que votre cause soit la mienne; souffrez que je vive let combatte comme l'un de vous, n Les Appenzellois le connaissaient jK)ur un chevalier intrépide et sage; mais ils avaijent peine à croire que les mœurs simples de leur pays lui plairaient; ils lui parlèrent à ce sujet avec franchise et amitié. Voyant la fermeté de sa résolution, ils lui tendirent la main; eux et lui se prêtèrent un sermept mutuel ^^^. Dès-lors le comte quitta son armure et se6 vêtemens élégans, et demeura au ^lilieu d'eux vêtu d'ime blouse de toile du pays , à la façon des bergers. Quand ils virent son respect pour leurs usages , Us con-
*'^' Le 28 octobre 1404; fV(Us.er^ d'ajvèsles charles.