LIVRE il. CHAP, VII, 2* PJ
qui -avait pris les armes , en faveur du duc^ contre son propre cousin. Us ne tardèrent pas à recevoir le serment des faabitans de la forêt de Brégenz , peuj^ de mœurs antiques et qu'anime Tankour de la liberté. Guillaume crut devoir laisser passar l'orage ; mais comme il reprit le poav<Hr immédiatement afirés leur départ , les Ap«penzeUois et les Saint4jîalIois passèrent en hâte le Rhin une seconde fois , et ne se contentèrent pas de rétablir les choses. Ils remontèrent le cours du fleuve , ruinè^ rent la forteresse de Fussach à l'entrée de la plaine dit Torenbûren, se jetèrent sur la.seigneurie de Feldkirch, propriété des ducs d'Autriche ^ brûlèrent Montfort , détruisirent le château de Tostars , et soumirent l'Estnerberg et pi^esque tout le Wallgau. Us suivirent les charmantes et fertiles rives de l'IU^ qui les conduisit dans le comté autrichien de Pludenz^ et dans les montagnes pastorales de Montafun^ au nord du Frettigau. lis livrèrent les châteaux aux flammes^ mais répandirent peu de sang; l'amour naturel de la liberté qui vit dans tous les hommes y qui n'était pas encore étoufie et ne mourra jamais tout entier , rendait leurs armes chères au peuple. Us proclanj^ent « que les hommes sont » nés pour l'ordre et non pour la servitude ; qu'ils de- » vaient choisir eux-mêmes leurs juges et secouer le » joug des seigneurs. » Ce seul appel aux droits innés gagna de vastes contrées. Il fut prouvé, jusqu'à Tévi-^ dence, qu'avec un esprit plus entreprenant les Suisses auraient pu sans grande peine planter la liberté dans toute la région de^ Alpes.
Tandis que les Appenzellois et les Saint-^alldis campaient à Pludenz , ils apprirent que le Tyrol supportait impatiemment le faste d'un grand nombre de seigneurs piiissans. Aussitôt ils expédièrent en hâte dans leur pa-
trie un envoyé chargé de ce message : « Nous sommes à >; Fludenz ; Dieu est avec nous. Que tous les jeunes gens » amis des armes et qui ne sont pas nécessaires à père » ou à mère viennent auprès de nous; nouS/ sommes » résolus à porter la liberté dans le Tyrol. » Le Tyrol est puissamment défendu par la nature des montagnes et par la bravoure de leurs habitans ; la fertilité régne dans le sein de la terre et à sa surface ; la fertilité se manifeste dans une contrée par toutes les productions du Nord y et dans une autre par les superbes fruits de l'Italie : dans nul autre des États autrichiens les droits nationaux dans les diètes n'opt été honorés^ même chez le campagnard , autant et aussi long-temps ^^^ ; c'était justice : le Tyrolien, quand on respecte sa liberté, ne le cède à aucun autre peuple en magnanimité, en esprit et en talent. Dans le temps où les hommes d'Appenzell et de Saint-Gall passèrent TArlenberg et produisirent dans tout le pays une agitation extraordinaire , le paysan des bords de llnn et de T Adige disait : « Que nous importe ? soyons Appenzellois. » Lorsque les Appenzellois et les Saint-Gallois descendirent dans cette vallée , ils furent reçus en amis. Près de Landek ils trouvèrent les mercenaires du duc armés pour la défense du pays. Ils se battirent près du même pont où, au commencement du xvnf siècle, l'armée des Français et des Bavarois qui fit une invasion fut exter-
*** G^estqne, • les seigneurs, chevaliers et valets, les villes, marcbés, juridictions et vallées du comté du Tyrol et de la contrée riveraine de FAdige et de llnn , ainsi que des trois évéchés de Trente , de Coire et de Brixen , » avaient depuis le mois de juillet iS2d , pour le maintien de leurs libertés et de leurs droits , un traité d'alliance qui fut la loi du pays jusqu'en 151!. Le baron de Hormayer Ta trouvé dans les archives dn pays et publié dans les documens de ses Mémoires (Beytrmge).