LIVRE II. CHAP. VU, 2*^ P
minée jusqu'au dernier homme ; les mercenaires se comportèrent comme des gens accoutumés aux armes dés leur enfance , d'ailleurs favorisés par la contrée ; mais les Appenzellois ^ peuple invaincu, pour qui la guerre dans les défilés n'était pas chose nouTelle, demeurèrent victorieux. Là ils conquirent une bannière grande et belle , qu'ils ne connaissaient pas. L'ennemi , fuyant devant eux , descendit jusqu'à Uembst , où des hordes plus nombreuses se réunirent à lui ; un peuple sauvage, dont les Appenzellois n'avaient jaknais entendu nommer la patrie, se jeta sur eux avec une insolente audace; mais ils domptèrent son fol orgueil*^; ils furent joints par tous les Tyroliens de la contrée envirœinante 9 venus des bords de l'Inn supérieur , du Vinstgau et des sources de l'Adige , qui jurèrent avec transport qu'ils voulaient être Appenzellois. Si les Suisses les avaient mieux soutenus, et si les lois du secours confédéral avaient été mieux et plus solidement fixées^ l'Italie aurait été fermée à l'Allemagne.
Les Saint-Gallois et les Appenzellois reçurent en ces lieux la nouvelle certaine (( qu'on excitait contre eux, » toute l'Autriche antérieure; que déjà des forces con- » sidéra blés étaient rassemblées à l'extrémité du lac de }) Constance et menaçaient leur patrie ; que Cuno cher- » chait à soulever l'Empire germanique^^ et qu'il réus- » sissait auprès des chevaliei*s. » Il leur fallut voler à la défense de leurs compatriotes ; ils ne voulaient attendre
^* «Que cent mille diables nous emportent si noas ne battons pas • ces grosiers paysans! » était la devise d'une de leurs bannières. BalUn. ger, Halim,y fVaUer, C'était probablement une horde d'origine slave rassemblée à la hâte. C'est des Appenzellois de cette époque que Nau*cierus dit : « Regnabantque in magna superbia , prœtcndentes omnium sopplantare doniinia. Placuit hoc vicinis ruslicis. »
aucuii secours étranger ; la gl(»re et le succès de toute la guerre leur appartenaient en entier. Dès<ïu'il8eutent franchi l' Arlenberg , les troupes qui semblaient les mer nacer se dispersèrent; peut-être le duc ne les avait-il rassemblées que pour arrêter les progrès de ses enner mis dans le Tyrol. La forteresse de Hahcoems**'^, bât» dans les montagnes , fut emportée par surprise ou par l'irrésistible impétuosité d'une troupe habituée à la victoire ; les Âppenzellois emmenèrent cent tonneaux de poivre; ils abandonnèrent volontiers les vades d^argent à qui les voulait , parce que les alimens, le lait et le vm ont tout aussi bon goût dans des vases de bois. Riches en bannières conquises^ ils rentrèrent dans la ville de Saint -Gall et dans leurs cabanes des Alpes; les vieillards à têtes blanches s'enthousiasmèrent au récit de ces exploits, et ils bénirent Dieu.
Même avant l'hiver , les Saint-Gallois et les Appcflzellois prirent la résolution d'obliger sur -le -champ l'abbé Cuno à retourner vers les reliques de ses saints et à célébrer régulièrement l'office. Les Appenzellois demandèrent aux habitans de Schwyz un certain nombre de guerriers , et prièrent les Glaronnais de se join-^ dre à eux ; ils trouvèrent près de Bûren la bannière uc Schwyz avec des volontaires de Glaris , les emnienèren à leur suite, et campèrent devant Wyl. Les bourgeois > avertis par la prise de tant de châteaux forts, ne voU' lurent pas s'exposer au péril qui avait entraîné la rum^
*" Je sais que Tschudi, année l'407, et fVaUet', 1406, rapportent q«« les deux châteaux de Hobenems furent pris (le premier parle aussi secours de Schwyz et de Glaris) ; mais nous nous exprimons d'une c niëre dubitative, parce que Guler (lihœiia p. 22 o b.) n*admet pa^ ^|^ se soit rendu maître du château supérieur ; les deux versions se conciH jji Ton suppose qu*i! capitula.