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de la ville de Bûrglen. L'abbé en eut connaissance; personne n était disposé à le soutenir; il se trouvait dans un extrême embarras , sachant que ses sollicitations auprès du roi Ruprecht et de la noblesse n'étaient pas demeurées cachées. Au cinquième jour on lui notifia i< que la bourgeoisie estimait que le mi<îux pour » elle et pour lui-même c'était de conclure un traité. » Les bourgeois de Wyl promirent aux Saint^-Gallms et aux Appenzellois assistance contre tous leurs ennemis , l'abbé excepté ; ceux-ci prirent l'engagement d'occuper la ville sans faire de ihal*^*; les portes s'ouvrirent, l'armée entra. Les chefs s'étant rendus au palais déclarèrent à l'abbé qu'il satisferait au désir du peuple en venant sans retard avec eux ; toute la milice d'Appenzell et de Saint-Gall, ainsi que les confédérés de Schwyz et beaucoup de Glaronnais^ étaient rangés devant le palais. Après s'être recommandé à la protection de Dieu et des saints, l'abbé Cuno descendit. Lorsqu'il vint vers les bataillons , la vingt-huitième année de son gouvernement, dès long-temps blanchi par l'âge et la souffrance , d'une mortelle pâleur, d'une maigreur extrême, les yeux baissés, le trouble dans toute son attitude, bien des gens pensèrent qu'il avait peut-être laissé commettre plus d'actes tyranniques qu'il n'en avait commandé , et qu'il pouvait avoir été séduit par ceux qui maintenant l'abandonnaient ; ils cherchèrent donc à le rassurer , l'aidèrent à monter à cheval et l'entourèrent. Ce fut ainsi que le cortège se mit en marche , mais non sans force railleries de la part de ceux qui voulaient faire boire à l'abbé jusqu'à la lie la coupe
*** Les articles de ce traité sont dans fVaUtr 1407 ; mais le traité appartient encore Si 1406. Tschudi , HaUmeyer,
qu'il s'était préparée. Les hommes sages et généreux réprimèrent ces insultes et les lui cachèrent. Il rentra de cette manière dans son abbaye ^ et jouit des honneurs que ne refusent jamais à la grandeur humiliée ceux qui sympathisent avec toutes les infortunes de rhumanité et qui réfléchissent qu'il y a souvent dans nos fautes moins de culpabilité que de malheur. Voyant ces dispositions des esprits^ Cuno pensa que le plus sûr était de captiver les vainqueurs par sa confiance ; il demanda donc au bourgmestre^ au conseil et à la commune de la ville y au landammann y aUx citoyens et aux communes du pays d'Appenzell y et il obtint d'être placé lui et son abbaye sous leur protection *^^.
L'an 1 407 , dans le temps où Bipp et Wangen , le landgraviat de Bourgogne, le Gessenay et avec Bellinzone les barons de Sax devinrent suisses d'une manière ou d'une autre, toute la contrée depuis l'Inn jusqu'à la Thour était unie aux Âppenzellois y ou contenue par la terreur de leurs exploits. Alors s'armèrent 1 200 hommes d' Appenzell et 400 de la ville de Saint-Gall **^, tous ardens et braves, non accoutumés à faire une tentative inutile , résolus de forcer tous les vassaux autrichiens en Thurgovie à conclure une solide paix, ou de les exterminer. Chose étonnante ! l'épouvante qui les précédait et leur vigueur innée soutinrent leurs succès, durant cinq ans, au point que ni la force des murailles, dont les ruines mêmes semblent braver quatre siècles, ni une position ordinairement élevée ne purent défendre contre leurs bras soixante -quatre châteaux
*" Ch. 1407. Walter.
*^^ Selon TschudL fVaUer rapports d'une manière moins vraisemblable que les 1600 étaient Appenzellois, et qu'en outre il y eut 400 Saint- Gallois.