‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 6 sur 173 · LIVRE II. CHAP. VU, 2* P · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP. VU, 2* P

la crainte ou le souyenir d'une disgrâce ou Tespoir de grands aTaniages semblent devoir faire désirer un changement de souverain. Les gens doués de sagacité pour découvrir de semblables secrets trouvèrent donc sans effort ce que le comte intérieur, Amé, prince de » Piémont, seigneur entreprenant ^^, devait souhaiter » des troubles et l'extinction de la ligne des comtes » extérieurs y que c'était lui par conséquent qui avait » fait empoisonner le prince ^'^. » Mais le prince de Piémont étant un guerrier de haute naissance et victorieux, la^ calomnie dut choisir une autre victime. Il se trouva qu'Otton de Grandson aurait pu avoir des raisons de haïr le comte ou son conseil; dè&-lors sa culpabilité parut hors de doute à ceux qui croyaient faire honneur à la pénétration de leur esprit par cette découverte , à ceux qui désiraient l'éloigner de la cour; et principalement à quiconque espérait tirer quelque profit de la répartition ^es richesses accumulées par les ancêtres du baron. Lu^ n'ignorant pas avec quelle rapidité s'accroît et se propage un bruit auquel rien ne s'oppose, se réjouit en voyant que le roi de France^ Philippe, duc de Bourgogne, Louis d'Orléans, les ducs de Berry et de Bourbon^ oncles ou proches parens du feu prince, ordonnaieiit une enquête sur les causes de sa mort. On ne trouva rien qui compromit l'honneur ou la loyauté d'Otton. Il continua plusieurs années de servir la cour, méprisant avec fierté les fables de ses adversaires : le duc de Bourgogne avait déclaré

*^ Le dernier qni se soit efiÎNrcé de maintenir la puissance savoisienne en Morée ; il fil aussi la guerre contre les seigneurs de Montfewat et d& Saluées.

*"' Âmé VII ne laissa qu'un fils âgé de huit ans. Guiehenon,

devant Richard, roi d'Angleterre, qu'il était entièrement convaincu de son innocence. Mais loin de s'apaiser, l'envie et la vœgeance travaillèrent dans l'ombre. Soudain, les esprits étant préparés, Gérard d'Estavayer se présenta devant le bailli Louis de Joinville, seigneur de Divonne, aux grands applaudissemens du Pays-de-Vaud, pour accuser Otton de haute trahison?^; faute de meilleures preuves, il offrit de soutenir son accusation en loyal duel dans la lice de Moudon^^. Le jeune Amé VIII leur fixa un jour à Bourg en Bresse. La nouveauté du défi, le nom illustre des anciens barons de Grandson, et le sire Otton lui-même, célèbre à la cpur et dans la guerre, exèitèreat chez toute la noblesse une curiosité extraordinaire ; on vit paraître à Bourg les plus grands et les meilleurs des seigneurs et des chevaliers de la Savoie. D'abord Gérard d'Estavayer répéta l'accusation et le défi ; puis il demanda que le cofshat n'eût pas lieu dans cet endroit, mais, selon l'ancien usage de la noblesse vaudoise, dans le pays même. Alors messire Otton de Grandson. fit le signe de la croix et parla en ces termes : « Au nom de la très-sainte Trinité, de sainte » Anne et de sa « benoite lignée, » l'homme ici pré- » sent, Gérard d'Estavayer, je le déclare menteur.

'^ « Qu'il faussement et mauv^isement a été consentant de la mort de » mon redoutable Seigneur, Monsieur de Savoie, dernièrement mort, et «de Messire Hugues de Grandson, son Seigneur» (les circonstances de ce dernier fait ne me sont pas connues). Ordonnance de Gage de Messire G, d!E, et de Mre, O. de G., chevaliers, 1397. ( On la trouve dans Guichenon; je Tai eue en manuscriL) Il avait un frère, nommé Hugues, probablement son aîné. Gaichenon, Sav. Vie d'Ame VI, ad iSSl, mentionne Bogues.

'' « Et je maintiendrai mon corps envers le sien à Modon où raison • se doit faire de toutes les causes touchant 1«$ bannerels» etc. a

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