‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 59 sur 173 · LIVRE II. CHAP- VII, 2* P · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP- VII, 2* P

Les Appenjcellois, passionnés pour régalité univers séUe, adoptèrent pour toujours le principe de borner désormais à la défense du sol natal leur énergie si brillamment déployée : autant la démocratie est puissante à se défendre elle-même, autant elle est inhabile à radministratioi]| d'un grand pays. Comme ils avaient relevé encore la gloire de leur victorieuse défense par la gloire de leur modération, le comte de Tokenbourg, de même qu'Ébèrhard , seigneur de Sax ^ fit alliance avec eux pour un certain nombre d'années *^® ; bien plus (et cela consolida leur constitution), les sept cantons de la Confédération suisse n'hésitèrent point à reconnaître les Appenzellois à perpétuité pour leurs combourgeois et leurs concitoyens ^^^.

Mais le bien général exigeait que les Appenzellois^ en cédant à l'enthousiasme de leur nouvelle indépeur dance ^^^ et à rirritabîlité de leur caractère, ne se pré-r cipitassent pas eux-mêmes avec tous les Confédérés dans des périls sans terme, par des guerres subitement entreprises contre la maison d'Autriche et d'autres seigneurs voisii|| ; ils promirent donc de ne jamais recou*^ rîr aux 9rmes sans le consentement des Suisses ^^. Ils s'engagèrent même à soutenir les Confédérés dans les guerres de la Suisse avec toutes leurs forces et à leurs frais ^ tandis que pour leurs propres guerres ils devaient se contenter d'un secours quelconque et payer à

A'^ Jje premier pour t& ans , le second pour 5; FVaUef, 1410.

^99 Traité d'alliance , 1411 ; Ikid. pièces justificatives.

^^^ C'est ainsi que je caractérise leur constitatlîon , depuis qo'ils ne voulaient plus recevoir de baillis abbatiaux. '

&oi Tout comme de ne prendre part, sans leur ccmsentement, à aucune guerre étrangère à- la Confédération, delà concernait le Waligau , Monlafun ♦ le Tyi'ol. •

chaque homme une solde de quatre plapparts ^^^. Les Suisses réservèrent exclusivement^ à la Confédération ou '^ ses membres ^^^, le droit d'étendre ou de restreindre les articles du traité.

Totit comme ^ dans la vie de famille^ les parens et les enfans concourent au même but malgré la différence de leur position , ainsi il y avait une inégalité de rapports des anciens cantons entr'eux, avec Appenzell et d'autres nouveaux cantons concernant la défense de la commune liberté ^^*. Ils voulaient voir les nouvelles républiques soumises à l'épreuve des armes et des affaires avant de leur accorder l'égalité de droit dans Talliance

^^^ La cinquième partie d'an florin du Rhin; forte solde pour l'état financier du temps; mais. sans cela les Suisses, alors généralement pauvres, n'auraient pas consenti à se rendre dans l' Appenzell , souvent à une assez grande distance et à travers des pajs amis, où leur épée ne pouvait les nourrif*.

*** Tous ensemble pouvaient modifier le traité , les cantons isolément pouvaient y renoncer en tout ou en partie.

^** On verra dans le livre suivant comment quelques clauses forent changées ; une diffépence entre les cantons a subsisté aussi long-temps que la Suisse, wms Une ito%aiité de condition entre les can^pns- s'était en effet historiquement introduite dans l'ancienne Suisse; elle a existé jusqu'à la révolution helvétique. De celte crise on a vu sortir une Suisse nouvelle , continuation naturelle , nécessaire, delà précédente, mais fondée sur réalité de droits des cantons , aussi bien que des citoyens. Les Gantons et la Confédération datas son ensemble développent leurs institutions sur cette base , et tendent à les assimiler de plus en plus ; travail lent; travail intéressant à observer! Les esprits impatiens voudraient le précipiter; la nature ne le veut pas. L'assimilation qui s'opère est spontanée, elle ne se laisse commander par aucun pduvoir , elle ne reconnaît d'autre autorité que sa loi interne. Quiconque étudie avec impartialité la Suisse du xix* siècle; y découvre une profonde répugnance pour l'unitarisme organique, matériel, en même temps qu'une tendance progressive à lier par l'unité morale les vies cantonales si diverses. L'histoire de la Confédération puisse est la r^éfetion de la loi fie son existence ,. loiiupréma, immuable , dont les racine^ont poussé dans le sol et dans le peuple. G. M.

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