‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 60 sur 173 · LIVRE II. CHAP. VII, 2« P · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP. VII, 2« P

confédérale; la Confédération suisse avait imprimé uu caractère particulier à ses négociations. Dans les divisions intestines, où les moyens de rigueur sont permis contre un canton rebelle au droit fédéral ^^^, les Suisses ne concédaient prudemment aux nouveaux cantons qu^ une intervention conciliante; ils multipliaient ainsi les moyens de rapprocher sans violence les esprits irrités* Si dans la suite des temps cette politique manqua son but, la faute en fut aux magistrats qui , la plupart entraînés par la passion , ;voyaient moins la chose que les personnes, et regardaient s'il s'agissait d'une Ville et de son sénat, ou de la campagne et d'une commune, d'un État catholique ou d'un État protestant. Pour ce mal qui a conduit [flus d'une fois la Confédération sur le bord de l'abime, et qui pourrait un jour ruiner ino-^ pinément une liberté de cinq siècles avec toute sa gloire et son bonheur, il n'y a d'autre remède que de vivifier Je principe fondamental de nos alliances perpétuelles. Ce remède est praticable ; notre peuple possède encore delà vertu et de l'intelligence^ Ce remèdo est nécessaire, si, au milieu de l'ébranlemient des petits États dont nous sommes témoins et qui devient de jour en jour plus fort, nous ne voulons pas que notre constitution, telle qu'un vieil édifice, s'écroule tout-^à-coupi» Le moyen d'obvier au* mal était déjà connu de nos ancé* très, il y ^ cent cinquante ans ; 'et maintenant nous l'emportons sur eux par tant d'avantages et nous rencontrons si peu d'obstacles que nous demeurerons sans excuse aux yeux de l'Europe et de la postérité, si nous

60.* D'après le Traité d* alliance conclu '^nire les tta^is fValdsielten^ en

\,%9é. et avec Lucerne ea 1532 ; nous avons vu ci-dessus, dans l'alTaire de Xougy tous les cantons, excepté Berne» voter pour l'emploi de la (force ^ns le bot de rétablir le droit.

iV. lo

ne faisons pas ce que nos pères voulaient faire^ Nous en dirons davantage sur cette matière dans les livres suivans ; peu importe que ces considérations soient contraires ou conformes aux règles de l'art historique. Car nous n'écrivons pas cette histoire , qui est la vô-^ tre, ô Confédérés, pour remplir quelques heures àà vos loisirs, mais afin que vous vous réveilliez et voyiez quels vous fûtes, quels vous êtes, quels vous devez être dans de meilleurs temps, et, si vous êtes dignes de votre position , quels en effet vous pouvez redevenir. Un mois avant l'alliance entre les Appenzellois et les Suisses mourut l'abbé Cuno^^^, fort vieux, fort mal-* heureux, également peu regretté de ceiix qui l'estimaient un méchant homme et dé ceux qui le regardaient comme un homme faible. Chez un prince ce dernier défaut est le plus funeste de tous; le tyran exerce sa méchanceté , lui seul ; sous un prince faible, elle se centuple au gré de toutes les passions de ,ses agens. Le lourd fardeau de la prélature d'une abbaye en décadence fut accepté après un long temps par Henri de Gundolfingen*^''. Il se concilia les Saint^Gallois, en déclarant qiCil ne tiendrait jamais son tribunal ailleurs que dans leurs murs et n'actionnerait jamais les bourgeois ailleufs que devant le bâton tle la ville ^^; il leur céda l'église de Saint-Laurent ^^^, que le précé-

(0* Le i9 octobre 1411» la S5* année de son administration.

^^"^ Homme savant, mais pas très-sage selon le monde, dit •S^cim^f^ qui croit qu'il eût été meilleur abbé de Saint Gail un siècle plus tôt ; il avait l'âme trop tendre pour faire usage de moyens de rigueur; il prenait fHAé de chacun. . • • , .

^^^ C'est-à-dire devant lé bourgmestre et le conseil qui tiennent le bàtixi du commandemeitf. Ce traité se trouve en extrait dans Htiitmeyer^ i41S.

"• Traité^ Saint -Jcan-Bapt. 1418; l'extrait de Haltmeyer li'est pas complet. Pour Tune des prébendes , un candidat devaltrétrc présenté par

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