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lûen général cômm^ ils l'auraient dû ^ mais qtte leur destruction demeura inachevée /afin qu'un jour, avec plus de himiéres, d'autres les organisent conformément à leur destination.
Philippe-le-Bel , roi de î*rance, qu'on aurait pu surnomma à juste titre FAudacieux parce qu'aucua de ses prédécesseurs ne s'était permis autant d'empiète^ mens sur les biens d'autrui '^, vînt à se brouiller avec le pape BonifaceVIlI. Le pape, égaré par son orgueil personnel, se servit d'expressions dont Isf longue docilité des peuples avait donné l'habitude à la chancellerie romaine, et suivit un système opposé à la nature de sa dignité spirituelle. Cette imprudence seconda le roi, qui le combattit avec des armes formidables pour une telle autorité, l'insulte et la raillerie. Le chagrin de ce traitement imprévu fit mourir le pape ^*. Le collège des cardinaux, excessivement eiFrayé, subit l'influence du cabinet français. Clément V ne se rappela que trop bien son origine française et les obligations qu'il avait au roi ; il possédait si peu l'esprit de sa dignité, qu'incessamment occupé de lui seul, il entreprit un changement inouï : Home, depuis quinze cents ans la capitale de toutes les provinces de* l'Occident , le siège du prince des Apôtres, résidence et l^ulture de deux cents papes vénérés poi^r leur martyre et pour leur règne glorieux ; ritalie et son peuple énergique, intelligent, magnanime, furent abandonnées par lui pour Avignon, ville
** Voy. seulement Mahly, Observ, sur CHUu de France, t. lï^ où les preuves ont été recueillies et ordonnées avec soin.
^ « Mortuos est in lecto doloris înter angustias spiritus , cum esset » corde magnanîmns. » Bemh, Guidonis, « Sic unico actu ac subito pos- » sessionem sui principatus perdidît et honorem. • Amalr. Auger, Celuici était de Bisiers, celui-là du Limousin.
d'un prince français ^^. Durant soixante et dix an$ le pape résida hors de 'Rome. Si Philippe avait eu des petits-fils, héritiers de son esprit et de son royaume, le pape, descendu peut-être au rang de grand-aumônier de France, n'aurait plus été reconnu par aucune nation animée de sentimens anti-français. Il faut au pape une capitale où il ne craigne personne. Cependant Philippe mourut à la fleur de Tâge; sa ligne masculine s'éteignit avec ses trois fils ; vinrent ensuite ces guerres contre les Anglais dans lesquelles ses successeurs s'estimèrent heureux de conserver la couronne. Ceux qui pendant ce temps s'étaient rendus maîtres de l'Italie, s'habituèrent à ne respecter ni pape, ni empereur, ni humanité, ni Dieu : la nation italienne, témoin des grandes qualités d'un cardinal-légat ^*, restaurateur de l'Église et de son ancienne gloire, avait besoin d'un pape éminent qui résidât au milieu d'elle. Le retour de Grégoire XI réjouit par des motifs divers presque tous les partis.
Grégoire, bon, mais non grand homme, mourut. Aussitôt tout le peuple romain en armes s'assembla devant le palais de Saint-Pierre, exigeant avec de terribles menaces l'élection d'un Italien. A cette époque, la maison royale de France étendait son sceptre sur Naples, la Dalmatie, la 'Croatie, l'Esclavonîe, la Hongrie et la Pologne ; elle avait régné par la force en Toscane et aspiré depuis plus d'un siècle à la souveraineté de Rome; les Français, qui d'ailleurs avaient enlevé à la ville le pape même, étaient donc fort odieux aux Romains. Deux cardinaux ayant refusé la tiare, un des
^' Sans doute pour sa sûreté , non dans Tintention que ce fût pour toujours.
^ Le cardinal Egidius, sous Innocent VI, « con la sua virlù. » Mac- 4;hiav, Isl, 1. I.
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plus anciens membres du Sacré-CoUëge, un Vénitien, fut présenté au peuple sous le nom d'Urbain VL A peine^ monté sur le trône^ il menaça le puissant cardinal Robert de Genève ^^ , nargua d'autres prélats par d'imprudentes railleries ^^, outraigea audacieusement la reine de Naples^''^, établit enfin, sur le nombre des domestiques et des chevaux de chaque cardinal, des lois d'une excessive rigueur, et qu'il* n'avait pas eu le temps de méditer ^^. Des qomplots se tramèrent, et il mit aux fers tous les cardinaux et les prélats suspects. Mais à Fondi, sur l'avis et les conseils de Nicolas de Spinelli , jurisconsulte napolitain, le cardinal de Genève fut pro* clamé pape par les fugitifs sous le nom de Clément VIL l\s soutinrent qu'Urbain avait été porté au saint siège sans élection, sous l'ascendant du péril qui oppressait alors le collège, afin d'apaiser le peuple et pour peu de jours, puisqu'il avait juré l'engagement d'abdiquer. Le parti français suivit Clément à Avignon. Urbain menait ses prisonniers avec lui; à Gênes il les fit tor«turer avec d'énormes poids de fer et de pierre, et mou«* rir dans les tourmens ^^. Toute la chrétienté occidentale
'^ Il lui fit servir à table une ponle (ont entière, et ajouta : « Nous lui
• couperons les ailes ainsi qu'à ses semblables. » Le cardinal dit ; « Avant » que cela n'arrive , nous nous envolerons loin d*ict. » PauU ScordiiU, eaniin» de episc, Bavenn, (ap* MUrat» Ser, R, J, t, II, suppK), contemporain.
^ Le cardinal de Saint-Tierre ayant refusé la tiare , il lui envoja un foie et un «poumon aftaiçonnés avec du fenouil ( « cum fœnieuli$ condi- » tam» ) comme remède pour les yeux; le cardinal comprit qn*il entendait tes yeux de Tîntelligence : « En effet , dit-il , j*ai f té aveugle. » Ibid,
^^ Elle demanda qu'OttOn de Brunswick , son époux , fût couronné; le pape s'écria : « Qnid , diabole, vult ista fœmina? Noto. •
^ « Quosdam Cardinales benefîciis spoliare , quibnsdam metam po-
• nere in equis et familiaribus. » *'*^ , ^ ■ Nimio ferri et lapîdum pondère interemit , et allos arcbiepiscopos
Vf. la
» et praelatos conscîos diversîs pœnarnm pbnderibus occîdi jussit. » J(fachioMi racoote ht môme clK>se. *
^'^ Vûiei quelques-unes seulement des eiqpressions de Didier (U Niem ( dans Hottinger, IL E. t II, p. 338 ), qui vivait à cette époque : « Mala » ex hoc schismaie emergenlia nec cœli ambitus f nec abyssi pirofun- » ditas valent explicare ad perfectioneœ. Monstrosa ruptura qu» ex » moDstrosilate morum de ûnîbus Babylonisln terras Uierosolym» mil!- » tantis advecta. Tarn iii fîde quara in moribas, orrores et ei^rbitantias» 9 eliara gravissimas, pullulavit scbisma. Tunica inconsutilis Gh^^ pa- » parum cupidis manibus Iripertila, * Ge dernier trait est dans la Ltitre du cQtieile au roi de Pologne, Ibid,
^^ Denis a extrait des manuscrits de la bibliothëqii.e de Vienne ( CtM,,
. theol^ I» P. II, p. 1407 ) ce portrait des cardinaux attachés au pape Qrégoirë^II : « sunt hypocritae fratricdli , sodomitae , nequam » latrb*
: • ncs , perjvii , buxerones. »
prit parti pour ou contre Urbain et Clément. Telle fut l'origine du grand schisme. .
Dans toutes les villes, dans tous les pays, le peuple était livré à des agltatiens inexprimables ^^, souvent sanglantes^ quand les papes opposés nommaient en même temps plus d'un ecclésiastique à une église ; à Tarticle de la mort, l'angoisse saisissait les âmes pieuses quand le chef de leur croyance, traité d'antechrist par son égal , était dévoué avec se^ adhérens aux flammes étemelles ; d'autres déploraient la ruine de la religion et des mœurs, car il n'y avait pas de crime dont l'un des papes ne donnât l'absolution et peut - être l'exemple ^^ Dans ce temps le premier duc de Milan égorgea son oncle Barnabe ; son propre fils, Jean Angle, fut assassiné par le peuplé; Jeanne d'Anjou, reine de Naples, fut tuée par son coussin comme meurtrière de son époux ; dans toutes les -villes se déchaînait la sédition ou la tyrannie ; l'Italie était en proie à une multitilde de hordes enrôlées en Allemagne, en France, en Angleterre^ et animées de la soif du sang, du pillage et