‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 73 sur 173 · LIVRE IIS. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE IIS. CHAP. I

privé de sa liberté celui de Coire, dépofiiillé la veuve et les orphelins, de Penri de Rotenbourg, dbambellaii Jiéréditaire et capitaine de Kaltam^^, exercé une injuste viqleBce sur Catherine de Bourgogne, veuve de son frère ; considérant d'autres grands crimes encore dont une partie concerne toute la chsétienté, et pour lesquels il avait refusé de faire droit, Sigismond, dans fet plénitude de son autorité royale, le mit au ban de l'Empire ^ et défendit de le recevoir dans une maison ou un château, de lui donner vivres ou fourrage^ a»* sistance ou conseils, de vivre avec lui ou d'observer la paix à son égard. Tous les seigneurs spirituels et temp(H:*els et les villes de la dépendance de l'Empire reçurent la sommation rigoureuse de l'expulser de toute manière et de rompre avec lui tous les traités de paix, les alliances, les engagemens et les sermens ^''* Le^ pères du concile donn^ent à tous ses ennemis ral>solutîon de tout pé(^é.

Les premières déclarations de guerre furent adressées au duc à Schaffhouse , par Jean de Lupfen , c(»nte de Stûlingen, et par Éberhard de Thengen, comte de Nellenbourgy dont chacun était le premier ocHute d'une

*^ Lorsqu^îl retira sa succession , il n*en détacha pas la part des enfans ni le épuaire de la veave ; celle-ci était sœur du comte Jeani de Lupfen , circonstance qui explique sa conduite.

*^ Charte» Sainl-Ambroise, i415 , vidimée à la demande de la ville de Berne par Tévéque^de Constance et Tabbé de Reîchenau» Bade , 20 mars' 1447. Le roi déclare d'une manière assez singulière, si ce n'est pas un sarcasipe contre son ennemi, « que pour lui il ne règne, nullement en vue 9 de la volupté ni des richesse» ^ choses étrangères au gouvernement , mais » pour le bien de TÉglise et de l'Empire. »

*' « Gum pictura passioais Christ, • écririt-il aitx villes^ GoatinualioQ de la Chronique VtUzoniê me Paliram, ûêM Pu*

ancieime famifle de seigaeurs ^' ; par lie comte Guillaume de Montfort et Hugues de Werdjenherg, frèrede ce Rodolphe qui avait commandé contre lui la guerre de% Appenzellois ^ j par Frédéric cointe de Tokenbourg et Jean Trucbsess de Waldbourg« Peu à peu la guerre lui fut déclarée par quatre cents villes et sdgneurs ''^. Contre lui se réunirent autour du roi^ Augsbourg'^^ avec quelque lenteur^ d'autres villes impériales ^^ et plusieurs contrées de la Souabe avec plus d empressement. L'armée se mit en marche le 28 mars : Conrad de Weinsberg portait la bannière de l'Empire; le commandement en chef était confié à Frédéric y bourgrave de Nûrember g, de la famille de ce Fi^déric qui , par la victoire de Mûhldorf remportée sur le grand-Honcle du duc actuel y conserva la dignité impériale à Louis de Bavière. Lui-même^ le premier de sa maison qui fut électeur de Brandebourg, souche des rois de fausse , ne fut surpassé par aucun prince de son temps en bravoure et en habileté à profiter de la fortune. Il avait montré ses qualités an grand jour et les avait exercées, soit en rétablissant l'ordre dans la Marche de Brandebourg''^^ au moyen des guerres qu'il fit à Wikard de Rochow, à Dietrich de Quitzow et à d'autres gentils-

** Anne Sophie, héritière de Nelleubburg, appotla le comté, en i4i4< au sire de Thengen ; il sera souvent question de leur fils lean.

*' U mourut probabieBient vers cette époque ; il n'en est plus fait mention après 141ft.

'* Pf^gg^^o " Gentenî magnâtes et civitatnm permnlt» , etiam feudo duci devincti. » Autre auteur cité par Hottingtr^ l. c. p. 258.

'* P^gg^r ( quî était d'Augsbourg y

'^ Ulm, Memmingen^ Kemplen» Biberach, Raven&bourg, Constance, Ueberlingen , Lîndau , Buchhûm.

^* Voyes ces histoires dans BkMhin^, Voyage à Bekhan^ eisonMagatin^ U Xm ; Noiiuê êur U BrmuUbom'g, par le recteur Fink^

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honunee^ soit en administrant ce pays qu'à iafin le roi Sigismoiid ^ qui en était le propriétaire direct , lui céda ainsi qu^à sa maison "^^^

: Au milieu de ces grands mûuvemens des souveraines puissances ecclésiastiques et temporelles, on rappela très«sérieusement auxSuisses leurs devoirs envers l'Em*pire, he roi écrivit en • particulier aux Bernois « que » s'ils exécutaient contre lé duc d'Autriche ce qu'il leur >) avait demandé .verbalement et qu'ils lui avaient pro- » mis ''^^ ils n'en éprouveraient . aucun dommage, et ».qu*on ne conclurait p)as la paix, sans lès y compren** » dre. » Dans le même temps il leur concéda ,pour toùjotirs le.droit (( d'imposer une contribution pour les

^* Èfiscrli pour 100,000 florins hongrois roqges ou ducats; Assignation de 50,66o dncats ; 1411 , Fihk \. c. FrédêHc en donna encore 250,000 au roi en 1415. ; : .

' '' Lettres du AoiV GonMance , Palùies ,. 1415. Cet accord peut aroir été fait ou pendant le séjour du roi à Berne, quàVoccasiôn do rambassade suisse envoyée à Constance. Berne avait de certains grJef» contre leç baillis autrichiens, au sujet du comté de Valangin et du sire de Falkenstein. G*est à cause de cela saias doute que le roi dit dans cette lettre qu^il leur fera obtenir justice de TÂutricbe. On ne trouve point d'autres traces de cette plainte. Les scrupules des autres confédérés étaient sans contredit louables ; mais si la Suisse eut des frontières naturelles pendant près de quatre siècles ; si FArgovie fut si long-temps exempte d'impositions arbitraires et de conscriptions , et si , dans la suite , des relations sans défiance furent possibles avec l'Autriche , parce que les frontières étaient bien déterminées, ces avantage» et d'autres encore furent dus à Berne, qui sentit qu'il ne fallait pas laisser échapper cette occasion. Nous avons cru ne devoir (dissimuler aucune circonstance; la main qui jamais (du moins sciemment) n'a saisi la plume pour étouffer ou pour mutiler la vérité bistorique , aurait su mettre au Jour des motifs d'un poids suffisant pour la conservation soit de l'Argovie , soit de tous les autres pays helvétiques. Le meilleur mojen de ne pas redouter l'histoire et de ne pas trembler soi-méiâe , c'est l'étude de l'histoire. Elle fait connaître ce que Ton doit craindre et les préservatifs contre la crainte.

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» entreprîmes utiles à l'Empereur ou à Ji'Einpiire^ ou » commandées par les besoins de leur ville, sur tous » ceux qui, domiciliés dans le ressort de leur haute ou » basse justice, jouissaient du parcours ou de servitudes M sur les forêts ainsi que de la protection et de la pM >i de leur ville ; le droit de faire marcher ces gens sous n la bannière de Berne, enfin de les assujettir à leur. » haute justice eit à leurs tribunaux. » Les villes et les pays des Confédérés tinrent une diète àLucerne. Ils se souvinrent de leurs périls au temps du bîsaieul du duc, le roi Albert ; ils se rappelèrent la situation critique de leurs aïeux à Morgarten, prés de Tœtwyl, de Sempach et de Nœfels , le vieil wgueil et la haine enracinée des baillis et des seigneurs ; ils sentirent la faveur du temps présent, et ils n'auraient pas craint le duc, quand même sa fortune aurait été meilleure. Du sein de cette diète, les vieux Confédérés des trois Waldstetten, ceux de Zoug, de Glaris, de Zurich '^^ et de Lucerne adressèrent au roi une déclaration portant : a qu'ils avaient juré au » duc, depuis trois ans passés, une paix de cinquante » ans, et qu'il leur paraîtrait contraire à toute conve- » nance de profiter de son malheur pour lui faire la » guerre. » Berne se réserva une délibération ultérieure.

Le vendredi-saint, dès l'aube, par un temps très^ orageux, le pape se rendit à Lauffenbourg; le bourgrave venait d'entrer dans le Hégau. Le duc Frédéric, comptant encore sur le dévouement de ses sujets et de ses confédérés, sur le crédit de la maison d'Autriche, sur la solidité de sa domination si long-temps puissante,

'* Leur opinion est consignée dans le registre municipal .* « On por tera et lira au roi le trailé de paix, afln (|a*il nous peripette de Tobsenrer. •

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