LIVRE m. CHAP. I
» l'Empire^ sous laquelle leurs pères avaient bâti » Schaffhouse et acquis en population et en richesse»^ M en amis et en considération une prospérité dont ils » étaient quelque peu déchus sous la maison d'Autri- »Ghe®^; qu'il leur donnait six jours pour réfléchir » sil valait mieux transmettre à Teiirs desirendans une » patrie libre ou asservie, d Sur ces entrefaites les Zuricois furent sollicités d'aider l'Empire, avec leurs machines et leurs troupes, à recouvrer ses anciens droits sur Schaffhouse. Ainsi, sons la magistrature du bourgmestre Jean de Winkebheim?^, quatre-vingt-cinq an^ après que la pénurie, la défaveiir ou l'iiidifférence de l'empereur Louis eut coûté à la ville de Schaffhouse son indépendance^ on convoqua le grand et le petit conseil; et comme il s'agissait des plus graves intérêts vde ia patrie, on consulta dans les tribùs^^ les opinions des nobles et des bourgeois sur cette qùe^tioh r (< Faut- » il accéder à la prière du duc, à qui Schaffhouse est » hypothéquée^ ou à l'ordre du che£de TEmpire? » Ce fut avec raison que la gloire acquise prés de Sempach^ de Naefels et au Hauptlisberg, dans des guerres qui ne les concernaient pas et au prix de la fleur de leurs citoyens, leur parut moins importante que leur réintégration dans les droits primitifs d'une ville libre ; d'un autre côté le danger présent était moins à craindre
^^ Premièrement , la plus grande partie de la noblesse avait péri ; seoondément , les traités avec Zurich n'avaient pas été renouvelés depuis les guerres du duc Albert.
"* Ou Im fVinkeL Protoc, munie, de Zurich, lÂiS. En 1414 il devint bourgmestre. fValdkirck, Chron, de Sekajfh, b. a. Le bourgmestre ne sortail pas de charge avant le jour de Saint Jean-Baptiste.
** Les chroniques ne le disent pas expressément , mais Tanalogie de ce qni eul lieu en ikhk pour le même sujet rend le fait très- vraisemblable.
que la longue inimitié de TÂutriche, s'ils se détachaient de cette maison. Intrépides et justes, ils prirent la résolution de rentrer d'une manière iiréprochâble sous la dépendance immédiate de TËmpire; ils donnèrent au çoi la somme pour laquelle ses prédécesseurs l'aident hypothéquée ^^ et reçurent Fassurance de Tétemelle inaliéuabilité de leur patrie**. Le 6 avril, la ville de SchaiFhouse prêta serment à l'Empire. L'emprunt nécessaire pour cet acte honorable fut remboursé dans une longue suite d'années au moyen d'une contribution annuelle que chaque boargeoib payait proportionnellement à sa fortune*^.
Comme entraînée par l'ascendant de cette noble ville, presque toute la Thurgovie, y compris Fraueofeld,. se soumit au roi*^. Les nobles, dans le désir ou l'espérance de jouir de l'immédiate liberté impériale, saisirent avec joie ce prétexte de prêter serment à l'Empire* Jean de Bodman, chevalier, fut nommé bailli de la Thurgovie et de la contrée riveraine du Rhin. Le roi écrivit aux vill^ et aux châteaux, douaire de la duchesse Catherine ; (f qu'il avait autorisé le bourg-
B' Ils ne donnèrent pas la somme à l'Autriche, parce que ce n'était pas Scbaffhouse, mais le roi Louis qui devait rembourser les frais de la guerre aux ducs Albert et Otton ; il n'importait pas h la ville que le duc reçftt du roi peu ou beaucoup. Si nous avons réuni dans le texte une partie de ce qui ne se trouve que dans les chartes du mois de juillet, c'est pour donner une idée plus complète de Tenscmble.
'^ Ils obtinrent aussi que la charge de bailli impérial ne serait conGée qu'à un bourgeois domicilié, choisi par le conseil. Ch. Constance, Saint- Ouy, 1415 (bourgm. Pfister).
** Elle a été payée jusqu'en 1689. fVàldkirch, Dès ce moment le bélier, dans les armoiries de ScbafThouse, est représenté sautant; auparavant il était simplement deboai; on le voit encore dans cette position à Fhôtelde-villc, bâti trois ans avant le restauration de la liberté.
*« Pas Winterthur, malgré l'opinion de Lauffer. *"
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» mestre et le conseil de Baie à s'entendre avec eux }> au sujet de l'Empire *''• » Le comte de Tokenbourg non-seulement prêtai serment avec Gaster^ Windek et Sargans , que le duc lui avait hypothéqués ; mais il olbtwt pour une faible somme l'investiture de tous les domaines que Frédéric possédait en deçà de l'Ârlenberg ju^u'au lac de Constance et dans le Rheinthal^^. L'Em* pereur hypothéqua aux haUtans de Diessenhofen le t>ailliage^ le péage et Fimpôt^^^ et confirma par une charte leur inaliénable incorporation à TEmpire^.
Sur ces entrefaites, le roi députa le comte de Tokenbourg et Antoine Gugla, banneret de Berne ^*;, vers la ville de Zurich, pour la sommer de prendre les armes : « La justice et Thonneur permettent la guerre ; » r£mpire et l'Église la commandent ; l'heure de la » ruine des ennemis de Vos ancêtres a sonné. » Le bourgmestre et le conseil de Zurich commencèrent à
*^ On lit dans une Ch, de 1415 , que B&le peut agir comme le roi luimême , et qu'on doit ajouter foi aux paroles de cette ville comme aux siennes propres. Il y a quelque obscurité dans la fin de Thistoire de Ga* thcrine. Le comte palatin prit possession , au nom de PËmpire , de Bei-^ ligenkreuz au-dessus de Golinar et d'autres lîeus. de l'Alsace. Ralm»
** Ck. Elle concerne Feldkirch, la forêt de Brégcnz, le Rheinthal, Torenburen et le Wallgau.
'* Le bailliage de Trnchsess(écn)rer-tranchant), Ulrich de Landenberg, Henri Scbwars et Anne î&enn furent assignes sur le péage du Rhin .: Jean et Henri Truchsess , et GôtE avoyer de Schajlbouse , sur Timpôt. Ch, de Franchise, L'impôt fut calculé à 40 marcs, an plus , mais déjà en 1309, dans YUrbarium autrichien; dans cette somme ne sont pas comprises les k livres qu'ils avaient résolu de donner annuellement à la comtesse de Kibourg , « pour ses épingles. » Les bourgeois possédaient, en 1309 déjb, le droit de battre monnaie , pour lequel ils payaient annuellement cinq livres^
<« Ch. Constance, lki&.
^* Protocole municipal de Zurich^ 28 mars 1415.
chanceler®^. De là des messagers coururent en hâte jour et nuit dans toutes les villes et les Cantons pour convoquer une seconde diète. Les députés de la Confédération suisse se réunirent à Békenried, non loin du rocher de Guillaume-Tell^ près du Grûtli , sur bs confins d'Urî et d'Untei'Ti^alden. Là, les envoyés du. roi les requirent de prendre part à la guerre au nom de leurs devoirs de fidèles membres de.l'Ëmpirej; à Fexempie de tant de nobles seigneurs et chevaliers, par obéisr sance envers l'Église: « la propriété perpétuelle. dés ^ terres conquises^ ajoutèrent-ils, sera la: solde de.votre » bravoure. >) Eux^ les vieux Suisses, dés. montagnes, et avec eux Zurich , Zoug:^ Lucerne et Claris répon-»dirent : « qu'ils ne sauraient se persuader qu'une pa- » reille entreprise puisse se concilier avec l'honneur » d'une inviolable fidélité, trésor plus précieux que M tout le reste, w ' : )■'.:■•■:
Mais lorsque les Bernois eurent appris qujB la Thurgovie était soumise au roi, que Zurich hésitait, que ce nionarque ne laisserait pas de repos aux Confédérés qu'ils n'eussent armé, ils ^réfléchirent que si l'Argovie était conquise piar les armes réunies^ tous prétendraient la gouverner en commun : ils prirent les devants , se soumirent au chef de l'Empire, déclarèrent la guerre au duc, se mirent en marche avec leur grosse artillerie et toutes leurs troupes de l'Oberland et des bords de l'Aar, requirent leurs combourgeoîs de Soleùre, de Bienne, de la Neuvevîlle et de Neuchâtel de se réunir sous la bannière du Saint-Empire confiée à Conrad de
"^ L'Jnairuelion de$ députée à la diète de Békenried , 29 mars , prescrit ff d'accorder du secours au roi, si les Confédérés y consentent «usai; » mais cette instruction doit être tenue secrète Jusqu'au retpur des dé* ft pûtes. • . '
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Fribonrgy comte de Neuchàtel , descendirent dans FÂr-* gDvie autrichienne^ et assiégèrent Zofingue avec toutes leurs forces. Pendant ce temps Berne hit gardé par sept cents Fribourgeois. Dans cette guerre de leurs combourgeois contre leur seigneur le duc, les Fribourgeois évitèrent sagement de manquer à leur devoir envers ce prince en prenant part à la guerre ^^, et d'irriter Berne tandis que l'Autriche était hors d'état de les secourir^*.
A la nouveUe de ce qui se passait, les Zurioois craignirent avec raison , que si les troupe^ bernoises , ne rencontrant aucun obstacle dans un pays Sans défense , conquéraient rapidement l'Argovie depuis Zofingue jus-^ qu'à Bade, il ne fut difficile d'empêcher les Bernois d'étendre leur domination illimitée jusqu'à trois lieues de Zurich ;«que Zurich et tous les Confédérés ne fussent obligés à la fin de les maintenir dans la possession de cette conquête ^^, et ne transmissent à leurs d^cendans la honte d'avoir négligé une 3emblable occasion» Les députés rapportèrent de la diète de Békenried des nouvelles qui faisaient voir l'austère loyauté régnant encore^ mais à son dédin ^. Zuridi députa donc Henri Meyss , ancien bourgmestre, Félix Manesae, ancien tré*
*' Car ils n'étaient pas plus tenus à défendre le duc bors le cas où Ton attaquait ses droits sur Fribourg, que Neucbfttel n'est tenn envers le toi de Prusse pour ses guerres étrangères.
** Ckmn. de FrU>oarg. Msc. fol.
*^Vn surtout que, d'après le paeîe bernois de 1553 , les guerres dans TArgovie avaient ceci de particulier, qu'on les considérait comme entreprises contre l'enûemi commun.
^* On avait inséré on recès la résolution « que , s'il fallait marcher sous les drapeaux da roi , les conqoètes seraient administrées en commun. » Senimue tUs Bemoiê entre les 5 Cantom tt LucerM, 1425 , dans Têckudi*
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sorier^ et Conrad Escher vers le roi Sigismond avec la mission « de prier encore une fois Sa Majesté de laisser » les Confédérés au bénéfice de la paix de cinquante i> ans ^ ou du moins de ne pas leur adresser d'ultérieure >^ réquisition sans ai^oir préalablement consulté d'autres » princes et des docteurs en droit sur les exigences de » l'équité. » Cette consultation ayant eu lieu^ comme BOUS l'apprendrons bientôt, les Zuricois .prièrent en-* core TEmpereur, « au cas que les Suisses se confor- » massent à son désir, de leur expédier une charte qui n mit à jamais la Confédération suisse à l'abri de tout >i reproche pour cette affaire et de toute conséquence ^ funeste ; de ne point conclure de paix partielle ^^ ; de )i ne donner qu'à des Confédérés l'investiture des terres A qu'ils conquerraient au nom de l'Empire , et de ne j} pas les restituer sans leur consentement; e^fîn, dob- » tenir que les villes iîmpériales fournissent aux Suisses » pendant la guerre des subsistances à un prix raisoiH >} nable®^. »
Le roi désira la convocation d'une nouvelle diète. Elle s'assembla dans le bourg de Schwyz. Là elle reçut de ce souverain une lettre de la teneur suivante ^^ : « Les » électeurs^ les princes ecclésiastiques et séculiers , les ^ » comtes et les seigneurs du Saint-Empire romain, les j^ » docteurs en droit canonique et civil , les ambassadeurs ^ » de Henri, roi d'Angleterre^ d'Érich, roi de Danemark, » de Suède et de Norwége, de Ladislas^ roi de Pologne, ^
Se
*' De faire anssi en sorte que les Confédérés puissent rehouveler la
paix de cinquante ans^ à moins qu'ils n'en concluent une autre plus avan- ^
tagense. "
*' Jttstrueîion de ee$ député», 9r avril, BeUakm, Il avriL ^
** Ch, Constance, îhVi» SiéttUr, si économe de documens/a inséré pi
celui-ci en entier* > ^ «t