LIVRE m. CHAP. I. 2H
» et dê^Wenceslas , roi de Bohème ^^^ se soBt réunis en
» grande et solennelle oomAiissic^ au sujet de la paix
» de cinquante ans entre les ducs d'Autriche et les Con-
» fédérés suisses ^ et ils ont jugé , selon rh<mtieur et le
» droit, que ceux-ci en qualité d% membres de FEm-
» pire doivent assistance au roi ^^% que leurs obliga-^
i) tions les plus anciennes et les plus sacrées sont envers
» l'Empire et l'Église; que dans tous les traités le pa]^
» et l'Empereur sont réservés taciteipent ou expressé-
i) ment. Par les présentes, lui, le roi > assure solennel*-
» lement aux villes et aux CantoQS, s'il^' lui obéissent,
» l'inaliénable et perpétuelle possession , à titre de fief
^) héréditaire , des domaines autrichiens dont ils feront
» la conquête au nom de l'Empiré. Lui, le roi, ordonne
» la guerre, sérieusement et résolument, selon la plé-
» nitude de la puissance d'un roi romain. » Pendant la
lutte des opinions sur ce qu'exigeaient dans ce cas la
fertu et la justice (le canton d'Uri principalement ne
voulait entendre à rien de ce qui aurait blessé la fidélité
à la parole donnée), les quatre Waldstetten , Zoug et
Giaris recurent du roi Tordre suivdfirt ^^^ : « Les comtes
» de Habsbourg ayant hérité dans les Cantons des do-
» maines et des serfs de plus anciens seigneurs, le rcA
» déiend, sous peine de sii disgrâce , d'obéir à Frédéric,
» qui prend le titre de duc, à sa maison ou à quelqu'un
*^VIl est remarquable qu*!! n'ait pas nommé la France. Ce que les Confédérée firent avait donc été approuvé d'avanlse par toutes les couronnes (rEsj^agne et Naplc^ excqptès)i hormis pcff celte qiii« plus tard, garantit la conservation des conquêtes*
*<^* En effet, s'il n'était pas permis d'après nne semblable décision de secourir TEmperenr, il ne faudrait jamais le choisir que dans la maison la plus puissante de rÂllemagne.
^^* CA. CoBêt. , dans Tê^udi, où se (roit^e vmsi n. V9.
212 mSTÛIRB D^ LA 8U1S6F.
» des siens^ qu'il s'agisse de services^ d'impôts /tfejiis*n tices ou d'hypothèques^ vu que ces choses demeurent » irrévocablemeut et immédiatement dévolues à TEm- » pire romain. » Les ambassadeurs royaux promirent ce que dès que les Gantons se mettraient en campagne ^ » la bannière de l'Empire se joindrait à eux , et que le }) territoire conquis leur appartiendrait à perpétuité. » Enfin ils remirent une lettre des représentans de TÉglise chrétienne assemblés à Constance^ qui menaçait les Confédérés de l'excommunication. En conséquence^ le vendredi après Quasimodo^ l'an 1415^ un siècle après la bataÉle de Morgarten^ les sept anciens Cantons^ assemblés en diète à Schwyz , requis par la suprènke' autorité spirituelle et temporelle^ avec l'approbaticm des ambassadeurs des quatre grandes nations ainsi que des jurisconsultes , envoyèrent au duc une déclaration degueire.
Dès qu'on apprit en Argovie la disgrâce du duc Frédéric et les sommations du roi Sig^smond^ on n'eut plus aucun doute sur les résolutions de Berne. Persuadés d'un chanjgement imminent dans Tantique constitatioa du pays , les villes et les «seigneurs de l'Ârgovie tinrent tme diète à Sursée. Les villes voulaient « que l'Argovie >» entière se liguât pour une perpétuelle alliance défen- >» :sive et, constituée ainsi en importante république, » se fit ad|nettre dans la Confédération suisse. Ce » moyen leur paraissait le plus efficace pour conserver » leurs droits souverains ^^^ et leurs libertés; neutres D entre l'Autriche et la Suisse, sans craindre un plus » puissant qu'eux, sans être dominés par leurs égaux, » Ss partageraient la gloire et les destinées de tous
Mt Qii<oii réservait ocdia^rap^ot dans tes atlkooes sobset.
» fes^î
uvKïi ni. CHAP. î* 213
lantons. » Les nobles repoussèrent cette idée, soit crainte du déplaisir du prince , soit aversion pour l'égalité fédérale. Les villes se décidèrent "enfin ^ mai^ lentement^ à demander la protection de la Confédération entière. De bon matin leurs conseillers se rendirent à cheval vers les Suisses; mais avant l'aube déjà, sous les ordres d'Ulrich Walker, avoyer de Lucerne, la bannière de cette ville était entrée avec des troupes considérables dans le pays : ils virent sur toutes les hauteurs les signaux indubitables de l'approche des Confédérés, prirent l'épouvante , crurent leur mission trop tardive, et retournèrent en hâte, chacun dans leur ville ^^*«
Vers le même temps, sous des conditions différentes, Zofingue ouvrît ses portes aux Bernois^ Sursée aux Lucernois. Les premiers ayant pressé vîveinent, mais en vain, le siège de Zofingue pendant plusieurs jours, reçurent la nouvelle certaine de l'approche de l'avant-' garde lucernoise; réfléchissant que les auxiliaires qui auraient partagé aveo eux le danger voudraient parta- * ger le gouvernement'*^*, ils se hâtèrent de faire aux assiégés des propositions avantageuses et redoublèrent la terreur de leurs armes. Jean.de Rûssegk, baron de fiotten^tein, avoyer de la ville de Zofingue, digkie suc*cesseur du valeureux magistrat qui à Senipach n'abandonna pas la bannière , même en mourant, encpu^ ragea la commune à la persévérance par tou^ les motifb imaginables. Mais les hitbitans de Zofingue avaient sou-' vent enduré dé grands maux d^ns les guerres du dûic , et Benier promettait mpin,$ un gouvernement paternd
i»»* Lûtt/fer, t. ÎV, p* 8A2..
^^^ Sutiler, l. c. nye lé dissimule pas; c Jamais gouvcrrtement ptr* tagé, dit^il; ne fut an bon gonvemement; » Tintérfit des sojets le re« poasse* — - ' • ' ^
31*4 HISTOIRE hb la suisse.
quMâe liberté presque illimitée. Le baron ^ vo^^t la majorité se prononcer pour la capitulation^ remit mx Zofingien» son château de Bottenstein sur là montagne voisine ^^^^ résigiia sa charge et se rendit auprès de son prince. Avant cela les Zofingiens et les Bernois firent un traiié^ ensuite duquel tes premiers abjurèrent la domination de l'Autriche pour eux-mêmes et pour toute leKi^ postérité , et prêtèrent serment comme ville libre à VËmpire et à Berne. Les Bernois abandonnèrent à Zo^ fingue tous les droits que le pouvoir du roi Albert prin^ cipajtement avait aciquis des vieux comtes de Frqbourg aux ducs d' Autriche ^^'^ ; ils rie réservèrent que le droit de conduite ; Zôfingue devait jouir fie toutes les libertés impériales déjà exténues ou qu'elle pourrait obtenir encore sans préjudice du présent traité. Ses portes resteraient ouvertes aux" Bernois dans leurs guerres; elle-même n'en entreprendrait aucune san» Berne ^^^*
*°' Gomme aussi ie village de BoUenwjrl , situé au pîcxl de la iddatagneet d« çhàleaik Ch, 1415. La famille de BoUenslein s'éteignit eo 1483. Haller, BtU. ÏV, 350.
*** Métnesdr Pabbâye. Éditcbnêernant tear$ affaires^ Berne, 2 mars 1707. - 108 ç^ ^ Vavoyer, du eonnïl et de id cMinmne de Bofingugf ranri 4^ Vovo^êTp du ^ont^ldit 200 bt^des i}0urgeois de lu eommitne d^.Bert^» pour eux et leurs descendans' à perpétuité, déclarant qu*Us demeureront à jamais leurs chers, ûdèles et bons amis. Ensuite de la renoncia-. fton vobniflîre ^es dûcà, ce que ceui^-er possédaient k Zôfingue est ^atxdcnaiié i àa Tille, dont le»^ Ijoaq^eois peuvent cfaraliic dtns keitr seôi {[ayjojref^iecQQsell, tes4t)yJes trlbufi^iÇKSt fojHsJesfoiiictioM^ûres. Jeodi avant Saint- George. Nous avons sous les ye^x la liste de ces magistrats en tète cTiin vieux manuscrit des ordonnances dé la ville de Zoûngue. Léuiffêt eti dhnrn uti extrait txÂct^, t ff . p. S4i8. On j voit occasionellement que les méconteas de 17A9 s'imaginaient bien à tort que par suite du changement survenu à Berne en 1384 ^> r4s$e«ibléede,^9af« ^ cmumune avait été «uppripaée. f>*^Sia ce dernier ppifU voy,; cHlessas, t. |II,:pt ttZ-%iX, eiJnU <ie TiUie^, HUl de ia répu%Uque sui$sé dfi Berne (Geeckiehie de$ eidgenâuieekeh Freitiaaieê Bent), Berne iftlIÔ^
Liyil£ UK CHAF*' I. 215
Zo&n^ue^ ville fort ancienne^ autrefois plus spadeuse, «ans .doute aussi plus &Yorisée sous le rapport du . tommerce intérieur de TArgovie '^^, est agréabiemeat située à peu de distance de l'Àar^ à laquelle ^Iç envoie Jes flots de la Wigger*
Sursée^ enrichi par les ducs y dans des jours difficiles
1DU prospères , d'un grand nombre de franchises , tint
sous l'avoyer Jean Schnyder pehda^t trots jours contre
les bannières déployées des Lu(!érnois, et fini! parjurer
-^c de se spumettré à Luceme^ SOUs la suzeraineté de
». l'Empire^ avec tous les droits que la maison d'Atu-
» triche possédait dans la ville et dans la banlieue '^^.â»
Il faut le dire : ces villes furent redevables de lèans fran<-
4^ses aux andeus' prince»^ leurs fondateurs ^ et ejles
avaient droit de suf&age pour les af&ires de:i'ÂPgd?ie
dans les diètes ; mai^ elles jouiient sems le nouveau goiN-
i^nement d'Une plus grande tranquillité et d'un botar
heur m<»âs sujet à des vicissitudes* > > '* '^
t . . .X. * : . . 1 'II.)
t. ï. p. 277-^79. Le premier volnttiè de cet important oo\frrfgè, qui ii\ ^nra cinq» vient de paraître et justifie pleuteinekt VempétmtB ^«e^Ui amis de l'histoire de fa SdissaAvaient con^e d'ane-eaUepri$e>Utt^):aire 9 patriotique. M. le landammann de Tiltier a faît^ wi. ^avapt e( judicieux «sage des documens amsi que des' archives de Bemç, dopt toutes les richesses sont à sa disposition. Personne n'est pHis capable que lài ^écrirt «vec prôfoddear et ioipurtiaiitéJv nia[io|^piiîe.c&!Dtottsle U }fiuÊ kiié^ ressante de toutes aux jeux ^ qui ^l «gpi^i^ ,Ja yér^^ble, im[)9jj' tance d'un sujet historique* CM. ^ ' »
"® Selon la tnidition, la Wîgger était autrefois navigabl^ depuis Willîsau jusqu'à TAar, au ^Moyeii dé digues. * ' ' 4*' '
**• Ch. de LAvbyer^ du^conêeU et dès bourgeois de ÎAicérne; ou^sêé et Laceme sfengagent à 80 d£fénâre réeîprocpiémdiit Uans Un poBÎtion tffiè ce traité leur fafit. On averti (jfue.l^kiurs^ (^^<|^^j6^j^4 f^ c{iic.4efi d^Atés pour obtenir d'être relevé de ses sermens ; cela doit probablement s'entendre de la. déclaration qu'il fut obligé de donner après sa récon ciliation a\e(Nicrbf^gîsiiN>Édribain»tMM]fr4«
216 HISTÛIRB PB tA aUlSSB.
Près de Zofingue^ à droite, s'élevaient les Wyken^ quatre forts bâtis sur un ro^er et séparés par d^ fossés; trois appartenaient à dame Anastasie, fille de Ro-, dolphe, de la maison d'Arbourg, héritière de ces châteaux et de Bûren, épouse de Hemmann de Rûssegk; dans le quatrième siégeait le sire Thûring de Buttikon. Les premiers furent pris par les Bernois^ ^^, l'autre tomba au pouvoir des Lucemois; on reçut leurs ser* mens; deux des châteaux furent renversés*
A gauche de Zofingue se voit Arbourg, Jadis propriété de Froboui^, petite ville aux bords de T Aar , dominée par une forteresse que le sire Jean Kriech, à l'égal de son père, reconnut tenir de l'Autriche à titre de fief hypothécaire. Soixante -cinq Zofingiens se joignirent aux troupeis bernoises; elles reçurent aussi les renforts de Solewe, de Sienne , de la NeUveville et de Neucbât^, en sorte que l'Argovie. inférieure fut occupée sai)» résistance; mais les possessions de Kriech ne purent être entamées. Car^ lorsque les Bernois apprirent que so^s les ordres de. l'ancien bourgmestre Henri Meyss les troupes de Zuridi et môme déjà celles d'Uri, de Glaris et de Schwy2 avaient passé T Albîs , ils résolurent de ne pas retarder la conquête du pays pour un fort, après tqritt destiné à fombef en leur pouvoir*
i'L» terreur leur livra Jes deux forteresses de Wartbourg. Le bafron de Hallwyl , absorbé par de graves intérêts^ moins attaché à ses propriétés qu'à son prince, auquel it prouva dans Tinfortuiie sa fidélité hérëdijtaire , ne fît garder que par des paysans ces deux forts défendue par la nature. Les Bernois menacèrent les paysans d'incendier leurs villages. Aussi ^ deJoin^ n'a-^
< '* \S teste d^ U M^iUêhikm, «ut cUé par L^ery ÎY, 3M.
UYRB fll« X^AP* U 217
^on plus aujourd'hui que des ruines '^^ à la place des deux Wartboui^. De là^ les Bernois marchèrent sans obstacle sur la ville d'Arau.
Les Lucernois^ maîtres des Wyken^ portèrent leurs armes dans l'intérieur du pays^ contre Reichensé^^ où ils ne trouvèrent que quelques cabanes à la place d'une ville florissante^ et^ au lieu de la vaste enceinte des tours et des murailles^ les ruines que la fureur des ennemis n'avait pu abattre dans la guerre de Sein<pach ^^^, et qui subsistent encore; ils passèrent plus loin, traversèrent en sûreté Meyenberg, village ouvert depuis la vengeance tirée par leiirs pères à l'occasion de l'infidélité de la bourgeoisie^ et parvinrent au bourg de Yilmergen, dont il vaudrait mieux que la renommée n'eût pas eu à s'occuper *.
Tandis qu'une troupe de Zuricois, suivant le cours de la Limmat^ ouvrait la routa dciMellingen en s'emparant de Dietikon^ et que l'abbé Jean recommandait l'abbaye de Wettingen à leur clémence ^^*, l'armée de la ville de Zurich se rendit par les hauteurs de l'Albis dans le bailliage libre de Knonau^ qui autrefois^ jusqu'à l'épo^ que de la vengeance exercée par la reine Agnès contre les meurtriers du roi Albert , avait été fief impérial des barons d'Ëschenbach ^ et dont le roi fit maintenant ^ passer la propriété de la maiscm d'Autriche aux Zuricoisi
"^ Il reste da château inférieur tout juslç de quoi loger le giir» dien.
**« Il a été raconté ci-dessus, 1. II. ch. 6, comment Reîchensée a été détrait par les Aatricbîens, Meyenberg par les Suisses*
* L'horrible fête de gain t- Jacques ne cessa que quelques années avant Ja Révolution. Quelle honte ! t). L. U.
*** Le Frotoeole municipal de Zurich porte qu'on ne mettrait point de garnison à Wettingen, va que le bailli de Bade avait menacé de brûler l'abbaje..
218 HjSTomE db: LÀ smssE.
€e vaste Miritoire^ depuis l'Âlbis jusqu'aux bonds de la Jieussetdepuis les frontières du canton de Zoug jusqu'à Bonstettan^ . fut astreint à leiir prêter serinent. 4be$ troupes, de Zurich observèrent une discipline régulière et humaine ^^^* Claris se joignit à Schwyz; ils ^brûlèrent le ^rand pont sur le lac entre Rapperschwyi €t Hnarden ; la ville de Rapperschwyi avait conclu une trêve avec Zuridi et Schwyz^**^, Le soir nôième où les JSernois campèrent sous lés mors d'Ârau^ les fbrces de Zurich ^ des Wàldstettea et^e Claris se rassemblèrent devant Meliingen y sur les bords delà Reuss. "■ Arau est défendu» d'un de ses cétés par l'Aar; du reste sa situation est plutôt agréable que forte , et il est incertain si ses murs étaient déjà dans toute leur étendue à l'épreuve de la grosse artillerie, dont ils n'a-^ Valent pas encore soutenu l'attaque. Trois jours après jque Zofingue eut prêté serment , les habitans d'Arau, fie se flattant pas d'arrétcar seuls la chute d'une dominaiion en décadence, capitulèrent^ non à runanimité, mais du moins à la pluralité des suffrages. « Les habi* ^ tans d'Araii jurent de passer des ducs d'Autriche au » Saînt^Empire romain à perpétuité. Dans toutes les >} gâerres , ils âduti^idront avec leur ville , par leur < » fidèle assignée et à leurs propres frais, Berné et So- 9f iem^; ces deu^citésiprotëgeronfi les franchises d' Arau,
» celle-ci ne fera aucune guerre pour son compte ; en >) cas de danger subît, chacun est naturellement libre >) de se défendre et de poursuivre les agresseurs. Les » cens et les contributions qu' Arau payait à rAutricbe^^*,
iis Protoc, munie, de ZarUh, et • au sujet de Schwyz, C^, portant i ■ Jusqu'à ce qu'une des parties s'en retire et trois joun après. »
*^* Anciennement (peut-être avant le roi Rodolphe), le tcîbut Mi