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qu^il jûgeâ nécessaire ou opportun de déclarer rimpos"^ sîbilité de tenir plus long-temps, ce beau et fort château, dont relevait une grande partie de l'Argovie aTCC des vassaux nombreux, fut remis aux Bernois pour appar-^ tenir à TEmpire. On leur ouvrit aussi Brunek, manoir de ce Gessler qtii, cent et huit ans auparavant, alor» qu'il outragea la liberté suisse / ne prévoyait pas une telle issue *.
Mellingen, soutînt pendant quatre jours son antique fidélité, dans l'attente toujours déçue d*un se^- Gours^ puis prêta sermoit à Tf^mpire entre les matn$> des sept Gantons. Ce serment se renouyelait ohsque année ^ lorsque Zurich, au nom de la Costfédération ^ donnait l'investiture à l'avoyer ^^^. Les cavaliers lesplus dévoués à Frédéric défendaient Brougg contre les Bernois. Les troupes des sept Cantons marchèrent vers firemgarten, ancienne ville à laquelle la* Reuss et une position élevée assurent à peu prés les avantages-' à l'aide desquels Berne s'est souvent défendue contre de nombreux ennemis^ Après que le village ée Wolen,, les habitations voisines de l'abbaye des religieuses de H^matschwyl, et Sarmenstorf , célèbre par les pé» lerinages ^^^, tout le Wagenthal, en un mot, se fut soùstmit avec joie au joug depuis long*temps insuppcnv table ^^"^ de seigneurs dont les armes étaient malheur
reuses ^ Bremgarten se soumit aussi à la nouvelle con-^
■ * Si les tyrans voyaient dans Pavenir, ils eèsaevuent de l'être. D. L. H. ' *^^ Proioc, mtêiic, de Zurich. On réserva te droit de combourgeoisic
deMellingen avec Zurich et Luceme. <>» h fut ensuite réduit à rien.
i3« Xrois Anglais (on Allemands], assas^nés en cet endroit, portèrent
leurs têtes jusqu'à un rocber, où dès-lors elles opèrent des miracles. "' Voy» Vt/rAartam, ou seulement n, 146.
224 HISTOIRE DE tX SUISSE.
stitutiôn. Le même jour^ les Autrichiens s'enfuirent au-delà de FAar; Brougg passa^ comme Arau '^^, sous l'autorité de l'Empire et de Berne. Quand l'abbaye de Mouri^ aussi ancienne que le château de Habsbourg, et dont l'avouerie parut long-temps un des plus beaux fleurons des anciens comtes^ fut détachée de leur juridiction^ l'avouerie s'éteignit pour ceux qui ne pouvaient plus exercer de protection ^^^é
Les Bernois réduisirent sous leur obéissance dixsept villes et châteaux^ et une contrée dés long-temps cultivée et populeuse, 3ans autre perte que les quatre hommes tués prés de Wildek , puis ils fixèrent pour limite à leurs progrès le confluent de l'Aar et de la ReusSy abandonnèrent la conquête de Bade aux Confédérés, et quittèrent la campagne. Ils gardèrent pour eux-mêmes la souveraineté, les milices et les revenus ; ils donnèrent deux milles florins aux Soleurois, et la moitié de cette somme aux Biennois pour le secours qu'ils en avaient reçu ^^^.
Heureu}^ leurs descendans s'ils se rappellent comment le duc d'Autriche perdit en huit jours une domination consolidée par deux siècles et demi^ et siU n'oublient jamais avec quelle rapidité tombe une puissance dès que s'éteint dans le cœur du peuple la croyance qu il doit sacrifier corps et biens pour la constitution de sa patrie^ persuadé qu'elle est là plus appropriée à ses besoins î Les derniers ducs, fiers d'une autorité héréditaire^ négligèrent de^l'afiermir; poar
*^ Mais de m^iriëre que ée ne fat pas la ville même qaî se substitua aux droits de l'Autriche^ à Tégal de Zofiiigue, mais Qeme, comme ceU s'était fait pour Araa.
*^ Hotlinger,B. £.11,261*
•w ilaffner, II. 148.
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avoir long-temps possédé l'Argovie, ils croyaient impossible de la perdre ^^^
Feu après^ les princesy afin de se mettre à l'abri de pareils revers, créèrent des armées permanentes. Si un mal quelconque ne cède qu'au seul remède parfaitement approprié à sa nature , les neveux de ces conquérans eussent sagement agi d'attacher la plus haute importance à une éducation militaire, dirigée par les officiers les plus éclairés ^^^, quelles que fussent leur naissance et leur origine; éducation qui aurait eu poUr objet la connaissance des diverses contrées du pays, la solution de tous les problèmes de tactique qui s'y rapportent ^"^^ et l'exercice de la plus stricte discipline *^*.
*" L'Argovîe fut enlevée à Berne par la vîolence révolutionnaire , mais Taspect du pajs est le plas bel éloge de la domination expulsée. = Ce pays , qui valait la Belgique , aurait dû la surpasser; le gouvernement de Berne n'en fit point ce qu'il aurait dû en faire. D. L. H. =s Depuis son émancipation, TArgovie est loin d*avoir perdu de sa prospérité matérielle , et sous d'antres rapports non moins essentiels elle a inûniment gagné. G. M.
*^^ GeuiL qui n'ont que la pratique, et dont l'esprit ne s'est jamais élevé aux grandes conceptions , sont incapables de modifier les exercices appris sous des drapeaux éti'angers, en les appliquant à un autre pays et à un antre peuple. Ce sont eux qui veulent introduire chez nous ce système hollandais, français, ou d'autres systèmes, parce ^qu'ils ne savent pas créer un système national. Ils remplacent des usages souvent ]»ei[ leurs ou du moins indifféreas, par des innovations inutiles, nuisibles, co'ùteuses et fatigantes. Nous appelons officiers éclairés ceux que l'on trouve avec César et Luxembourg, aussi fréquemment que d'autres aux tables de jeu , et qui connaissent les batailles de Frédéric comme ceux-ci les « prxlia virginum » , pour qui- la gii^rre est une étude , la paix un temps d'exercice. *'^ Autrement tout se réduit à des combats en l'air. Combien ne pourrions-noQs pas perfectionner notre tactique , puisque nous ne ferons jamais que des guerres, défensives , et que notre pays offre les positions les plus diverses.
izh i[ Q'y 2i |)a8 de difficulté insurmontable, dès que l'honneur est intéressé à la surmonter. Notre peuple ne recule devant aucune entreprise iVé i5
Il eût ëtë utile de solder d'une manière quelconque uii • corps d'armée peu nombreux^ mais bien choisi, pour le former à ces études six mois par an, pendant plusieurs années de suite ^^. L'intelligence et le patriotisme de notre peuple ne permettent pas de douter que maint campagnard aisé, qui envoie son fils pour quatre ans au service étranger, souvent sans motif d'intérêt, n'eût préféré qu'il servît pendant ce temps comme volontaire dans la troupe nationale ?^^, Celle-ci eût fourni dans les crises publiques les chefs, les instructeurs et lés types de la milice ^^'^ j tous les âges , toutes les Conditions
dont ont Iqî montre Tutilîté. II ii*est rien qu^on ne puisse faire aimer par la manière de le présenter; chez les républicains elle est d'une grande importance.
**^ Outre les objections exposéoin. 138 , la plus grave se tire incontestablement de notre pauvreté. Malgré la riche apparence que Tûsance et la paix donnent généralement à notre pays , toute calamité le recale de quelques années; même ceux de nos gouvernemens qui possédaient le plus de ressources, riches parce qu'ils n'avaient point de dépenses ei traordinaires, étaient pauvres en présence des besoins des États modernes. Il était d'autant plus nécessaire 1* de ne pas faire de dépenses inutiles ; or , f appelle inutile tout ce qui ne se rapporte pas au grand bat de la conservation de la liberté ; 2* de faire les dépenses reconnues nécessaires, d'après un plan et sans prodigalité; S"" de nous approprier la tactique dont le succès dépend essentiellement de l'habileté , non du nombre ou d'un armement dispendieux ; 4* de faire jouer les ressorts moraux à l'exemple des anciens : de récompenser ce service militsire par quelque honneur; de n'admettre «personne dans le Grand-Conseil, à moins qu'il n'ait servi quatre ans ou qu'il ne puisse prouver qu'il a consacré ce temps à une autre étude politiquement utile. 5*" Notre idée se rapporte moins à l'éducation du simple soldat ou du pauvre , qu'à^elle des officiers de tout grade , à qui la durée de la constitution offrait le plus grand avantage.
^^^ Souvent en effet , afin qu'il soit mieux dressé aux armes que celui qui n'a jamais quitté la cfaamie ou le chaudron aux fromages.
*'' Les anciennes républiques ont commis une faute dans leurs guerres^ en ne disséminant pas ces sortes de troupes parmi tous lel autres corps» ou plutôt en ne les mettant pas à leur tête. Elles ont fait, il est vrai , des
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et les deux sexes les eussent honorés comme leurs appuis ; enfin aucun jeune homme n'aurait cherché dans le don de plajre et les moyens fortuits de parvenir un dédommagement à la honte de n'avoir pu demeurer quatre ans sous les armes. Far là on aurait excité Témulation de tous les Confédérés^ ranimé le vieil esprit^ soutien de la liberté ^^^, facilité la réforme politique de la Confédération. Amasser des trésors est utile^ lorsqu'on n'attend pas jusqu'au moment d'une crise pour en faire usage; mais à la fin ils demeurent au plus habile dans le maniement des armes ^^^. Les maximes qu'on allègue afin de négliger l'un ou l'autre des soine exigés pour la défense du pays, peuvent éblouir les yeux, mais comme du clinquant ^^^,
miracles; mais si la troupe cTélîte était vaincue , Tannée perdait courage; Tennemî savait où il devait porter ses coups. Le plus on moins de mté^ rile d*UQe troupe doit rester le secret do général en chef.
*^^ Oo serait obligé de voiler les mœurs efféminées. On craignait fc tort la sensation défavorable que cela aurait produit chez les Confédérés t dans rétat actuel des affaires de TEurope , l'ambition d'un canton de s-agrandir, ou la crainte de cet agrandissement mériterait la première place dans les petites maisons. Le temps était venu où nous devions nous réunir fratemellemeot « in orbem ^ » let faire front de tous c6lés. Il falla^ que quelqu'un donn&t le toa et Texemple; mais qui? les plus (»îhles? incontestablement ceux qui avaient le plus d'ascendant. Craignait-on d'inquiéter les voiws ? Supposez que dans notre Suisse et dans la Rhétie, renfermées dans les limites naturelles» on eftt donné, conformément aux idées émises ici, une excellente éducation militaire pour la connaissance du pays et la guerre défensive à 3000 officiers environ» pense-t-on que l'Empereur et la France s'en fussent effrayés? Nos magistrats avaient perdu Tésprit militaire ; il faut nécessairement l'entretenir par l'exercice , le re^ nouveler de temps en temps ; dans notre siècle efféminé de beaux parleurs, l'esprit militaire ne cède que trop aisément à l'esprit bureaucratique.
*'^ Le monde a vu ce qui arrive à ceux que l'on sait posséder de grandes richesses.
*^ Lorsque l'auteor écrivait ces r^exlons il neponvait pas savoir que
22^ HISTOmB DB Là. SUISSE.
Dans l'espace de vingt ans les Bernois firent plus que doubler leur territoire ^*^, grâce à cette vigilance qui se portait incessamment sur les relations extérieures et ne laissait échapper aucun moment favorable. Si une domination se conserve le plus sûrement par les qualités qui l'ont fondée **^, quelle attention ne doivent pas donner à la situation de l'Europe les de&cendans des Bernois ! Avec bien de la raison le jeune homme pensera et travaillera moins à son élection au Grand-Conseil^ l'homme mûr à son avancement au sénat^ le sénateur à sa promotion aux premières magistratures^ qu'à se faire , par la connaissance et Tamour du peuple 9 par la connaissance et l'amour des Confédérés ^ par l'étude continuelle**^ des affaires générales et par un zèle singulier pour l'art le plus indispensable à la patrie ,' le grand art de la défendre, une réputation si distinguée^ qu'avant son élection il réunisse les suffrages de l'opinion publique, et qu*à défaut de l'emploi' la dignité ne lui manque pas ***.
la plupart des gonveraemeps suisses verraient approcher le danger sans rien faire pour le prévenir; qu*au lieu de resserrer les vieux liens , ils se brouilleraient tantôt avec le peuple, tantôt entr*eux ; et qu'au moment où leur action était le plus nécessaire ils abdiqueraient. Laissons touterois subsister la leçon pour les républiques à venir,
*^* Uuterséen et Oberbofen 1400, Signau 1599, Tracbselwald 1408» Bipp 1406, le Landgraviat 1406, V^angen 1407, OUigen 1413, à Fépoque dont nous parlons Lenzbourg, Habsbourg, les quatre villes
^'^^ Saliust, BelL CatiL
i» L*i§Dorance est presque moins funeste que les préjugés de ceux qui, après avoir été initiés aux affaires, les ont ensuite perdues* de vue. Elles changent de face à chaque instant ; une longue expérience ne sert qu'à former le tact qui saisît tous les cbangemens ainsi que les modifications qai doivent en résulter dans nos maxinies.
**^ Virtas repalss nesci^ sordidx ,