‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 79 sur 173 · LIVRE m. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE m. CHAP. I

La ville de Bade, qu'assiégèrent les sept Cantons, est située au fond d'une agréable vallée au bord de la Limmat; ses murailles s'élevaient jusqu'au château, puissante et vaste forteresse qui domine la ville', résidence principale des ducs d'Autriche dans cette partie de leurs États , souvent la demeure de Frédéric et de beaucoup d'autres princes; là se trouvaient leurs archives ^*^. Le sire Burkhard de Mannsberg, bailli, en commandait la garnison. Les Confédérés employèrent au siège de Bade une fois plus de temps que n'en avait exigé la conquête de toute l'Argovie. Enfin ils requirent Berne : cinquante cavaliers, mille fantassins et les ingénieurs avec les coule vrines volèrent à leur secours. Le pape Jean et le duc Frédéric , quittant LaufFenbourg, étaient venus, au milieu de la neige et de la tempête, à Fribourg en Brisgau par la Forêt-Noire. Là des messagers de malheur annoncèrent coup sur coup la déclaration de guerre des Bernois ,- celle de tous les Confédérés , la prise de l'Alsace autrichienne et de beaucoup de villes par le comte palatin, le siège de Sékingen par les Bàlois, l'arrivée du comte de Tokenbourg et de l'évêque Hartmann de Goire devant Feldkirch avec des troupes considérables de la Rhétie, de Lindau et de Wangen, la perte de l'Argovie entière, la détresse de Burkhard de Mannsberg , enfin , au lieu des secours de l'Autriche intérieure, des reproches. Si, docile aux conseils du pape et aux inspirations de son

Inlaminatis fulget honoribus , Nec sumit aut ponit secares Arbitrio popnlaris atirs. Hor,

**^ « Malta jura etterraram superioram privilégia. • Ebend, ab Haailbach, 1. m. Tschudi a tiré parti de ces écrits. Halter, BibL de VhUu de la Suisse, U^ à^B,

propre génie , le duc eût armé la Forêt-Noire , demeurée fidèle , le Tyrol , qui l'avait toujours reconnu , de la Bourgogne et de la Lorraine autant de gens que Tamitié des ducs Teût permis y enfin tous ceux qu'auraient rassemblés autour de lui l'admiration pour son courage, la considération pour sa di^race imméritée \ ou la honte et de nouvelles espérances / il aurait pu forcer le roi à se montrer équitable. En effet, aucun de ses ennemis ne disposait d'autant d'argent que Frédéric , grâce ait pape. D'ailleurs, la constance dans l'adversité est généralement le parti le plus sage en même temps que le plus noble ; par elle , celui qui n'a plus rien à perdre que la vie peut du moins encore sauver son honneur, et un homme d'un esprit; ferme trouve , dans les circonstances que le temps amène, des ressources inattendues« Déjà les chefs des communautés de la Forèt- Noire rassemblaient leur peuple si remarquable par la beauté, le courage et l'intelligence. A cette nouvelle Baie abandonna son entreprise contre Sékingen ; en deçà de l' Arlenberg , Feldkirch arrêta par sa vigoureuse défense les progrès de Tennemi; le sire Ulrich de Weissbriach , chambellan du duc et plein du souvenir de sa faveur, entreprit au nom de ce prince d'occuper les villes et les châteaux de l'intérieur **^j cent soixante gentilshommes déclarèrent la guerre au roi : le paysan tyrolien, touché de l'infortune de Frédéric, se montra prêt à combattre pour lui jusqu^à la mort"". Mais la mauvaise étoile qui lui réservait une mortification plus profonde égara le duc -: au lieu d'améliorer sa situation par sa persévérance, il s'aban-

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* Comme en 1809 1 brave peuple digne d'envie ! D. L. IL

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