LIVRE nu ciiAP. I
donna lui-même ^^"^^ suivit les conseils biqn intentionnés du duc Louis de Bavière ^^^, empêcha le pape, qui plus tard perdit courage, de se sauver en France **^, et se rendit lui-même à Constance. Bien souvent les amis des infortunés ne regardent qu'à l'issue d'une situation oritique, trop indifférens sur le meilleur moyep d'en sortir. Le jour de l'humiliation de son ennemi , le roi donna un festin aux prélats les plus éminens des qua* tre nations^ et surtout aux ambassadeurs italiens. Dans la très-grande salle h manger du couvent des Corde-r liers, le roi était, assis le plus loin de la porte que posr sible , 4iu moment où l'infortuné prince , dans la conviction d'être venu pour l'heure la plus amèrc de sa vie , conduit par le duc Louis et le nouvel électeur de Brandebourg, passa le seuil. Il s'agenouilla par trois fois. « pue désirez -vous? » dit Sigismond. Le duc de Bavière prit la parole : « Puissant Roi ! Le duc Frédéi) vie y mon cousin, est ici présent. A sa demande , je w prie Votre Clémence royale de lui pardonner les of- » fenses commises envers Elle et le sacré concile. Il se
**^ M. d^Alt aussi, Hist, des Helv. El , 101» porte sor cela un jogemeol très-juste. Avant de se rendre à Constance, le duc séjourna quelque temps à Schaffbouse. Plus tard, il releva celle ville de ses sermens et lui permît de prêter serment à l*fimpire. Ch, Const. 1415. Bourgm. Pfister.
^^^ Noos nous servons de termes ambigfis , parce que la plupart nom* ment ici le comte palatin, d*autres, non sans vraisemblance, le fils du^ duc Etienne; depuis peu, revenant de France, il s'était arrangé à Constance avec Frédéric pour toutes les prétentions de la maison de Bavière snr le Tjrol. Fii, Arenpmlu
^^^ « Gam a^tutia, eo non credente, reductus est; Vita, n. 41* Il élaîl déjà à Neuenbourg (Iteuch&tel) sur le Rhin; dans le style du concile : « sic vagabundus et mobilîs, qusrens requiem et non inveniens, doctus »a spiritu, nescitur quo, in desertum» (la Forét-Moire )• Lettre an roi 4e Pologne, Hottingm 1. c. 237* V^indek 35 a donné la clu de Frédéric coo cernant sa réconciliatioiii
232 HISTOIRB 1>B t. A SUISSE.
» remet lui-même avec tout ce qu'il possède au pou- , » voir de Votre royale Majesté , il est prêt aussi à rarne- » ner le pape ; mais il réserve , dans l'intérêt de son » honneur, qu'il ne soit fait au Saint-Père aucune vio- » lence dans son corps ni dans ses biens. » Le roi éleva la voix : « Prince de notre Empire et du Saint-Empire » romain , duc Frédéric , voulez- vous observer ces )) choses?» Le duc répondit : «Oui, et je prie Votre » Majesté de m'accorder la faveur demandée. » L'accent avec lequel il prononça ces mots pénétra dans ce moment jusqu'au cœur du roi ; <( Nous sommes fâché, dit- il, que vous ayez mérité ce malheur* » Le serinent fut prêté ; le duc remit ensuite au roi tous ses domai- ^ nés depuis le Tyrol jusqu'à l'Alsace, pour les posséder à titre de suzerain jusqu'à ce qu'il lui plût de les rendre. Sigismond s'adressant aux assistans : « Messieurs les » Italiens, dit-il, vous connaissez le nom et la puisw sance des ducs d'Autriche. Apprenez ce que peut un )) roi des Allemands. »
Au siège de Bade cependant, les coule vrines des Bernois reiîversèrent un pan de mur considérable; en même temps on coupa l'eau aux assiégés ; la ville était remplie de troubles ^^^. Dans ces circonstances , le sire de Mannsberg se retira au château avec beaucoup de troupes. La ville jura, si les Confédérés s'emparaient du château, de se soumettre, la suzeraineté de TEmpire réservéCiT Les attaques furent donc poussées jour et nuit avec des efforts extrêmes. Sur ces entrefaites ^ MannshevQ apprit les événemens de Constance et pensa pi'éser-
"• L'avoyer et le conseil étaient en différend avec les bourgeois au su- Jet des honoraires des conseillers. Protoc» munie, de Zurich, 5 juillet 1415. Il parait qo^il y eut h Bade de semblables discordes longtemps aupara« vant