LIVRE II. CHAP. VH 2* P
barrières^ tous deux avec des chevaux enharnachés et des armes loyales ^^^ la lance y deux épées et une da* gue. Tous deux prêtèrent le serinent et donnèrent^ pour cautions de leur comparution^ vingt-deux seigneurs ^^^ dont chacun engageait mille marcs ^^. La Bourgogne ^ la Savde^ surtout le Pays-de-Vaud^ violemment agités par l'esprit de parti ^''^ attendaient impatiemment le grand jour. Il parut; les seigneurs^ juges du combat , prirent place. Otton se serait excusé sans peine ; il était dans un état d'épuisement et presque malade ^^ : le sentiment de sa noblesse ne le lui permit pas. Les barrières s'ouvrirent ; le signal fut donné ; les deux champi<ms^ la lance en arrêt ^ coururent l'un sur l'autre; le sire Otton de Grandson^ ainsi le voulut Dieu^ tomba mort *^.
A Paris ^ douze ans auparavant^ un homme accusé d'adultère avait péri^ dans un semblable duel^ par la
** « Armes plames sans avoir aucunes pointes ofTendables. » *^ Entre antres Amédée de La Sarra, seignear de Monts, Henri de Colombier, seigneur de Vufflens, André de Darbonnay, seigneur de Gossonay. €eax-ci, la maison devienne, ainsi que Rye, de Rupt, Monconnys, llontagu et d'autres étaient pour Otton de Grandson. Antoine de Thnm à Gestelenboorg, l'ancien, le comte Rodolphe de Gruyère, Jean du Vernej, le maréchal de Savoie, le bailli de Join ville étaient aussi présens. ^ £n même temps ils renoncent « an droit qui dit que le principal
• devait dire convenu premièrement que la fiance, à Tépistole de Dive » Adrian, et au droit qui dit, la générale renonciation non valoir si la
• spéciale ne précède. «
*^ Le parti d'Ottmi de Crrandson portait comme signe cBstinctif des robans on des aiguillettes sur les souliers; ses adversaires portaient un ratean brodé sur les épaules. Guichenon, Savoie lYie d*Amé VIII, ad ift97* Les Blonay étaient pour Ëstavayer; le baron de Thura à Gestelenbourg l'était prdMblement aussi. Jean et Amédée dlllens (nom que l'ac^ur écrit nrdinaiTemeRt dlrlens) paraissent comme témoins.
*<> Têchudi, 1899.
** Olivier de la Marche le justifie par beatfcoup de motifs.
main de celui qui se prétendait offensé. Son acousatrice déclara sur le lit de mort qu'il était innocent^^. La culture de l'esprit^ l'amélioration des lois^ L'exercice de la sagacité judiciaire^ voilà ce que Dieu veut; toutes les facultés humaines doivent tendre vers la perfection ; il est contraire à cette loi ^ il est contraire à la religion , que Dieu nous aide , quand nous nous négligeons nousmêmes.
Immédiatement après la mort d'Otton, Amé de Savoie s'empara ^^ du château^ delà ville ^^ et de la seigneurie de Grandson ^^, ainsi que de Montagny-le- Gorbe^ Belmont et Sainte-Croix dans le Jura^ sans aucun égard pour le chevalier Guillaume de Grandson, frère d'Otton^*. Jordan de Montagny avait été châtelain à Grandson ^^. Le comte donna ces seigneuries à son beau-frère Louis , de la branche de Piémont ^^. Le
' '^^ Hénauit, Abr. de ChUu de France, ad 1386.
^* Les FranseUeain» de Grandêon réclament de lai les 20 livres de revenu qu'Otton avait consacrées à la fondation d'une messe pour le repos de son àne. Ch. i399.
^2 II faut qu'elle ait été complètement brûlée vers cette époque ; on le voit par la confirmation des franehUe» que les « nobles , bouigeois et babitans » avaient reçue du comte Amédée. Lui et son peuple les scellèrent par un serment réciproque.
^' •Extenda endaminii, redituum, feudorum, retrofeudorum , homagiorum francorum , ligiorum , taillabilium , Castri, Gastellaniae et dominii et toiius Mandamenti de Grandisono. » Cet acte , rédigé alors , remplit 182 pages in-folio dans la copie dont j'ai fait usage.
^* Tous deux fils de l'ancien Otton et de Jeanne d'Âllaman. €h, de Guillaume et d*OiUm par laquelle le second remet au premier tous ses biens pour le cas de sa mort et de celle de ses enfans; elle est de 1397.
^^Mai^erite, fille illégitime d'Otton, est mentionnée dans la Ck. n. 51 comme veuve du châtelain de Grandson, Jordan de Montagny.
^* Guiehenon, Savoie, U I, Vie de Louis, de la branche de Piémont. Il tait frère d'Ame de Piémont, mentionné ci-dessus; en 1402 , il fat son successeur. Celte branche finit avec lui en 1A18.