LIVRE II. CHAP, vn, 2' P
comte Rodolphe de Gru^riMt cinquième du nom ,■ héritier des droits de M argiMRe de Grandson , sa mère (tes deux maisons de Gruyère et de Grandson avaient entre elles diverses relations de parenté ^'^) y mit la main sur Aubdfeme ^ baronie que Jeanne d'Allaman^ mère de Marguerite, avait apportée à la famille de Grandson ^^. Ainsi tombèrent ^ . en Helvétie , ces barons qui méri^ tent qu'on retrace en peu de mots leur fin dans la Haute-Bourgoghé.
. Le chevalier Jean de Grandson, fils de Jacques et petit-fils de Guillaume, seigneur de Pe^oie, l'une des plus grandes seigneuries de ce pays , parent des prin-*ces d'Orange et des puissantes maisons de Vienne, de Neuchatel en Haute-Bourgogne et de Vergi , perscmnellement l'un des plus vaillaps chevaliers , comme il le prouva glorieusement dans les guerres ^^ et dans le tournois de la Font*ine-des-Pleurs^^, vécut sous Philippe 11^ duc de Bourgogne, surnommé le Bon« Philippe brillait en effet au-dessifè de tous les princes de son temps par sa prudence , sa grandeur d'âmè et sa bonté, et en généigfpar ces qualités éminentes, qui feraient ^lëférer la inmiarchie à toute* autre constitution > si les
*^ Rodolphe m, en 122^, époasa une fille de la mai^n Belmont; Pierre IV/én i283 , Villermette de Grandson LÏpn petit-fils Rodolphe IV, M argaeôte de GraifËlson, tandis que Gnflwte de Grandson avadt pris pour femme Jeanne de- Gruyèrê. Géné*aiûgie de la nuiison de Gruyère, sopéil^orément éclaircie par .^. L. de WattewyL %*^^M*B. CasteiU», Hi$i»de Grayére, Les docttmens, dè^ cette époqne, cpxtttsitent ce fait. ... ■ . . , <
^' Olivier de la Mhrcke :% Vaifiant chevalier esfoit et bien renommé ,. » et ajmé eniïe les gens d'armes de Bourgogne , et fit en son temps de . grands servîtesâu duc et à ses pais...
^ A Ghàlons , dans le faubourg de ^aint^Laurent , 1449 ; d'après la description |[n*en donne' If.^ Jacquet és,hùki% , cité pu* Ddnad. - > • IV, a
18 HISTOIftE DE LA SUISffiB.
mcmarqoes nélaîent pai^Jprtels. Le sire Jean de Gra&cbon ne Toulut pas pfflneltre qu'on restreignit les QDciennes libertés cle la noblesse» Le duo prétendait soumettre à la marche ordinaire de la justice les ba-> roQS autrefois jugés par leurs pairs ; changexaent commode pour la simplification de Tadministration du pays> mais inutile pour le maintien de l'ordre civil : il suffifl qu'on sache de quel juge chacun relève; d'ailleurs f avec les anciennes formes toinbent ordinairement aussi les anciens droits. Qu'un prince cesse dç respeeter les priviiégea des seigneurs ecclésiastiques et laïques 9 son fils se jouira des Ubertés du peuple^ et son petit-fils n'honorera les droits de l'humanité <{u'au-* tant qu'il lui conviendra. Le ^e de Gràndscm^ à la favem* de l'aifection ipivetselle de la noblesse pour sa personne^ fortifia , par une ligue contre le duc^ la cause des seigneurs. La justice qui dicta ce projet ne lut psàs toujours respectée dans l'exécution» Avant que ks mouvemens n'éclatassentf Jean fut arrêté. Le duc avait un chancelier d'Etat^ nommé Nicolas Raulin, qui jooÂssait auprès de lui d'un grand crédit ^ txk rai-* sonde son habileté singulière et de sa longue expérience dans les àfFaires. Cet homnie^ qui ne devait rien à sa naissance^ niais tout au prince^ était anijoné d'un zèle ardent pour l'autofij^é de celui-ci ^ soutien de la sienne; il haïssait la hautelMblesse. Il sut pet^uader au duc que^ dans le cas actuel^ la sévérité était le secret de la puissance et la vraie bonté , puisqu'elle détournait les autres de semblables projets. En conséquence^ Jeanne Grandson^ chevalier^ seigneur de Pesme^ sans égard pour sa gloire héréditaire ou conquise^ fut étranglé dans la prison de Poligny , ville natale du chancelier. Si Nicolas RauHn avait plus d-uiie fois donné à son